Chronique, Jeunesse/Aventure, Thriller/Policier/Horreur

Dix – Marine Carteron

couv7234357Dix de Marine Carteron

Ils sont dix. Sept adolescents et trois adultes, sélectionnés pour participer à un escape game littéraire et passer à la télévision en prime time. Direction : un manoir sur une île coupée du reste du monde. Un endroit si isolé que personne ne vous entendra crier, gémir ou appeler à l’aide. Et quand la mort décide de frapper les candidats un par un, une seule question : qui est le coupable ? un seul but : survivre !

….…..3107950465_1_14_xtZAH0OF

Edition : Le Rouergue  Genre : Thriller/Jeunesse ◈ 288 pages ◈ Sortie : 2019 ◈ Ma note :  17/20

…..…3107950465_1_14_xtZAH0OF

 

Quelques mots sur l’auteure…

Marine Carteron est née en 1972. Elle a suivi des études d’histoire de l’Art et d’archéologie. Elle passe son enfance et son adolescence entre la Bretagne, la Sarthe, la Corse et les Antilles. Les autodafeurs, tome 1 : Mon frère est un gardien (Le Rouergue Jeunesse, 2014) est son premier roman. 

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Dans ce thriller jeunesse on va suivre dix personnages : 7 adolescents et 3 adultes. Tous se connaissent puisqu’ils fréquentent le même lycée. Du côté des ados nous avons la bimbo, le sportif, les jumeaux renfermés sur eux-même, le geek, le surdoué et la compétitrice. Et du côté des adultes on a une ex infirmière, un ancien policier et une mère professeur de Français. Tous les dix ont été sélectionné pour participer à une télé-réalité qui se déroule sur l’île de Sareck. Arrivés sur place tout ne va pas se passer comme prévu. Une tempête fait rage dehors et une des adolescentes, Margaux, a disparu. 

Vu la taille du bouquin (à peine 300 pages) il est difficile de ne pas vous spoiler en vous faisant un résumé. Dans tous les cas, sachez que j’ai adoré cette lecture qui rappelle beaucoup le livre : Les Dix petits nègres d’Agatha Christie (que j’ai, pour ma part, lu il y un bon moment déjà et dont je ne me rappelle plus les détails) mais en version un peu plus jeunesse même si, cela reste un thriller. Comme je viens de vous le dire, j’ai beaucoup aimé ce roman. L’intrigue est posée dés les premières pages. Marine Carteron prend le temps de présenter chacun de ses personnages au début du roman sans pour autant entrer dans les détails. Une fois que les protagonistes arrivent sur l’île, l’ambiance commence à s’assombrir. L‘île est déserte à l’exception du grand manoir dans lequel vont résider les personnages. Ce manoir est vraiment oppressant. L’entrée est un échiquier géant sur lequel des pions, qui sont au nombre de 10, sont dispatchés. Le décor est enfin planté, le jeu peut commencer !

Et l’auteure ne s’arrête pas là. En effet, le manoir contient des chambres toutes plus intrigantes les unes que les autres. Chaque détails comptent, rien n’est superflus ni laissé au hasard. L’alternance des points de vus nous permet d’avoir un récit bien rythmé et très prenant. Au fil des pages, les personnalités des joueurs ainsi que leurs secrets vont être dévoilés et l’on constate rapidement qu’ils sont tous liés à un seul et même fait. Chaque joueur va être jugé et condamné et le tueur ne leur laisse aucune issue de secours. Chaque sentence est accompagnée par un article de loi et j’ai apprécié ce petit détail (c’est l’ancienne étudiante en droit qui refait surface). 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Cette lecture a été très addictive pour moi. Il n’y a rien d’extraordinaire, dans l’ensemble l’intrigue reste quand même simple. On comprend rapidement qu’il s’agit ici d’une histoire de vengeance, certaines choses et certains passages sont un peu prévisibles et la révélation finale je l’ai vu venir mais je ne sais pas pourquoi j’ai quand même adoré ma lecture. La plume de Marine Carteron et simple mais efficace. Elle va droit au but, ne promène pas le lecteur dans tous les sens et c’est vraiment top. Ce livre est tout simplement un bon thriller jeunesse, sans prise de tête. Une lecture qui fait vraiment du bien, car oui la simplicité ça a du bon parfois. 

Au niveau des personnages, on a droit à une belle brochette de filles et de garçons bourrés de clichés. La blonde prétentieuse et narcissique, le sportif pas très intelligent, l’obèse que tout le monde évite, le geek renfermé sur lui même et amoureux de la bimbo du groupe, le surdoué hermétique à ce qui l’entour, se focalisant uniquement sur les faits et les preuves, la professeure alcoolique qui n’arrive pas à gérer la situation et qui se laisse complètement submerger par ce qu’il se passe etc… Comme je vous le disais, une belle brochette de cliché ! Mais… Là aussi ça passe ! Je n’ai pas une seule seconde été dérangée par ces personnages caricaturaux pour la simple et bonne raison que l’auteure a eu l’intelligence de ne pas en faire des caisses. Tout est dosé comme il le faut, c’est tout simplement parfait. 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Mais malgré tous ces points positifs, il y a quand même un petit truc qui me chiffonne concernant ce bouquin. J’ai trouvé que certains passages et certaines relations entre les personnages étaient quelques peu glauques et malsaine. D’où le fait que je ne mettrais pas ce livre entre toute les mains. Autre petit bémol pour moi également c’est la fin de l’histoire, j’aurai probablement préféré une fin un peu plus détaillée et un peu moins « bâclées ». 

Pour conclure je dirai que Dix est un thriller jeunesse très addictif, bien écrit avec une intrigue bien ficelée qui reprend les codes du livre d’Agatha Christie. L’histoire en elle-même n’a rien d’exceptionnelle mais ça passe super bien, j’ai beaucoup aimé me plonger dans l’ambiance sombre et mystérieuse de cette île et de ce manoir. J’aurai certes préféré une fin un peu plus aboutit mais ça peut le faire quand même. Je ressors donc dans l’ensemble très satisfaite de cette lecture. 

Sans titre-2

« Dans l’escalier, en retrait du groupe, Hélène Astings tentait vainement de calmer sa tempête intérieure. Le spectacle de l’océan, le parfum entêtant de l’iode, et même les hurlements omniprésents des mouettes sur le trajet, n’avaient pas suffi à faire taire la petite voix qui lui répétait que quelque chose n’allait pas. Mais quoi? »

« S’il n’avait plus aucun doute sur une chose, c’était bien celle-ci : leur présence ici n’avait rien de fortuit. »

Chronique, Fantasy/Fantastique, Thriller/Policier/Horreur

La voie des âmes – Laurent Scalese

couv53060227La voie des âmes de Laurent Scalese

Elles sont partout, elles sont invisibles, elles se sont emparées de nos corps et veulent nous posséder. Ce sont les âmes noires de nos ancêtres. Un seul homme pourra les combattre. Pour sauver la femme qu’il aime… Richard Neville est un flic français comme il en existe peu. En touchant la main d’une victime il parvient à reconstituer les derniers instants de la vie de celle-ci, et à identifier son assassin – ce qui lui vaut d’être régulièrement sollicité par les polices du monde entier. Cette fois à NY il est parti en mission accompagné de sa femme Clara… assassinée en pleine journée à Central Park. Lui, le super flic, n’a pas pu protéger l’amour de sa vie, la mère des ses enfants… Mais dès le soir du meurtre d’étranges incidents surviennent : Richard pense d’abord que Clara cherche à communiquer avec lui de l’au-delà. Jusqu’à ce qu’une femme étrange le visite pour lui proposer un marché incroyable : revenir quelques instants avant le meurtre de sa femme pour qu’il essaie de la sauver, en échange de son obéissance aveugle…

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Edition : Pocket  Genre : Thriller/Fantastique ◈ 736 pages ◈ Sortie : 10 Novembre 2016 (poche) ◈ Ma note : 14/20

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Quelques mots sur l’auteur…

Né à Avignon en 1697, Laurent Scalese est auteur de romans policiers et scénariste pour la télévision et le cinéma. Il a une enfance sans histoire. Il ne porte pas l’école dans son coeur, même si il est loin d’être le plus mauvais élève de la classe. Il préféré les dictées et les rédactions aux mathématiques et aux sciences, physiques et naturelles. Attiré très vite par la lecture, il dévore Agatha Christie, Conan Doyle, Isaac Asimov ou encore Stephen King, fasciné par le côté effrayant des intrigues. Après quelques tentatives d’écriture tirant vers le fantastique, il entame une carrière professionnelle dans le prêt-à-porter mais la plume le démange toujours… En trois ans, il rédige quatre romans ainsi qu’un recueil de nouvelles d’anticipation. Heureux d’être classé parmi les dix premiers d’un concours de nouvelles policières, il décide d’approfondir et se lance dans la rédaction d’un polar : son premier roman, « Le Samouraï qui Pleure », paraît en 2000, puis dans la foulée « L’ombre de Janus », une histoire du tueur en série, qui le rapproche un peu plus des éditeurs et élargit son public. Il est aujourd’hui un scénariste reconnu pour la télévision. Il est le co-créateur de la série Chérif.

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Richard Neville est un policier français dont la renommée n’est plus à faire. Un jour où il est sur une scène de crime à New-York, son coéquipier, Mike Rosner, reçoit un coup de téléphone qui va détruire la vie de Richard. Sa femme, Clara vient d’être retrouvée dans un parc, assassinée. Afin de retrouver le meurtrier de l’amour de sa vie, Richard va utiliser son don. Il peut, par un simple touché, avoir un flash sur les derniers instants des victimes et par conséquent savoir qui les a tué. De retour dans son pays natal, Richard a du mal à se remettre de la mort de Clara. Et quand une mystérieuse femme du nom de Nancy lui propose de remonter le temps afin de sauver la femme de sa vie, il ne peut qu’accepter. Bien entendu, rien n’est jamais gratuit ! Richard va très vite comprendre que cette proposition en or cache en réalité un sombre secret.

Ce livre, je suis tombée dessus par hasard un jour alors que je déambulais dans les rayons de la Fnac. Le résumé m’avait intriguée, interpellée même et donc je l’ai pris. Mais malheureusement, comme bon nombre des livres que je possède, il est resté dans ma PAL pendant plus d’un an et demi. J’ai donc décidé de le sortir afin de le lire. Et j’avoue avoir un avis assez partagé sur ce roman.

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Tout d’abord, il faut l’admettre, la plume de l’auteur est vraiment très fluide. Les pages se tournent toutes seules, c’est vraiment agréable pour le lecteur. Et j’ai envie de dire : Heureusement ! Car, pour tout vous avouer, s’il n’y avait pas cette fluidité dans l’écriture j’aurai, je pense, abandonné ma lecture. Je vais vous expliquer pourquoi. La première partie du roman (qui représente environ 200 pages) est vraiment très bonne. L’auteur attise la curiosité du lecteur et le récit est vraiment prenant et addictif. Je me suis même dit que j’allais peut-être avoir mon premier coup de coeur de l’année 2019. Si, si je vous jure. J’étais happée par l’histoire, je la trouvais très rythmée, très mystérieuse. J’adorais la façon dont l’auteur avait de mélanger à la fois le thriller et le fantastique. Cette petite pointe de paranormal dans un roman policier c’est quelque chose qui m’attire et donc forcément je ne pouvais qu’être comblée. Et je l’étais.

Du moins jusqu’à un certain point car pour une raison que j’ignore encore jusqu’à présent, passé les 200 premières pages j’ai commencé à décrocher. Le livre m’apparaissait comme étant sans fin. J’avais le sentiment que je ne verrai jamais le bout de l’histoire. Une lenteur s’est installé petit à petit. J’avais le sentiment que l’auteur brodait des pages et des pages et par conséquent, à mes yeux, l’histoire n’avançait plus, elle stagnait. Les chapitres étaient difficiles à terminer. J’avais le sentiment qu’une sensation de lourdeur s’était installée dans l’intrigue. Je reposais sans cesse le bouquin, je lisais un chapitre par un chapitre. C’était lourd, c’était long, c’était pesant et par conséquent, l’attrait que j’avais pour l’histoire a complètement disparu. Si je devais être précise, je dirai que tout à commencé à partir en cacahuète lorsque le lecteur fait la connaissance du personnage de Nancy et quand cette dernière rencontre Richard. A partir de ce moment je me suis sentie, pas perdue mais presque. L’alternance des points de vue s’est enchaînée et j’étais comme déroutée par ma lecture, alors que, d’habitude, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup dans une lecture. Mais là je ne sais pas pourquoi ça ne l’a pas fait. Peut-être parce que c’était mal amené ? En tout cas cela a rendu ma lecture très compliquée. J’avais vraiment du mal à me projeter dans ce roman. Je ne savais pas où l’auteur voulait en venir et c’était vraiment perturbant. 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

En revanche, j’ai aimé la fin. Les 50 dernières pages ainsi que l’épilogue m’ont beaucoup plu et j’étais surprise de voir le chemin qu’avait emprunté l’auteur pour conclure son histoire. J’ai trouvé que c’était plutôt bien penser et par conséquent je ne regrette pas d’avoir un peu fait le forcing pour terminer ce roman. C’est une fin à laquelle je ne m’y attendais pas vraiment (je parle surtout de l’épilogue), même si, en y réfléchissant c’était un poil invraisemblable. Mais bon, allez ça peut passer, ça peut le faire. Ce petit manque de crédibilité ne m’a en aucun cas gêné, au contraire, j’étais plutôt satisfaite que l’auteur choisisse ce genre de conclusion. Autre chose que j’ai aimé, car oui il y a des points positifs dans ce bouquin, c’est les différents thèmes que l’auteur aborde. A travers ces deux personnages que tout oppose, à savoir Richard et Mike, l’auteur en profite pour nous parler de vie de couple compliqué, d’amour, de trahison, d’aventure extraconjugale etc… mais surtout de la mort et du deuil. 

Pour conclure je dirai que « La voie des âmes », a été une lecture un peu en demi-teinte pour moi, avec des points forts et des points faibles. C’était une lecture qui avait bien démarrée mais qui s’est essoufflée au fil des pages. Cela dit, l’intrigue reste bien dans l’ensemble, la fin ainsi que les personnages sont intéressants. Ce livre, malgré ces petits problèmes de lourdeur et de longueur, mérite malgré tout que l’on s’y intéresse.

Sans titre-2

« Si vous deviez choisir entre sauver l’amour de votre vie et sauver le monde, que choisiriez-vous ? »

« Le point faible de l’homme, c’est sa peur obsessionnelle de la mort. Les siècles n’y font rien, il n’arrive pas à accepter l’idée de disparaître. La mort lui gâche la vie, plaisantait-elle. »

« La mort est certaine. Seul le moment nous est inconnu. »

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

La dernière fille – Riley Sager

couv42268527La dernière fille de Riley Sager

La « Dernière Fille » : terme hollywoodien pour désigner la survivante d’un film d’horreur, forcément jeune et sexy. Quincy est l’une de ces filles… mais pas au cinéma. Il y a dix ans, alors que cinq de ses amis sont sauvagement assassinés, elle est sauvée in extremis par Coop, un policier en patrouille. Depuis, Quincy s’est construit une vie heureuse, mais cette nuit-là reste un trou noir dans sa mémoire. Pour la presse, elles sont trois à faire partie du club des « Dernières Filles » : Lisa qui a vu mourir neuf de ses camarades d’université et Samantha, qui a survécu à la tuerie du motel où elle travaillait pour payer ses études. Jamais elles ne s’étaient rencontrées. Mais à l’annonce du suicide de Lisa, Samantha se présente à la porte de Quincy. Un ouragan qui fait voler sa vie en éclats et s’effondrer bien des certitudes. Et si l’heure de la vérité avait enfin sonné ?

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Edition : France Loisirs  Genre : Thriller ◈ 522 pages ◈ Sortie : 2018 ◈ Ma note : 15/20

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Todd Ritter alias Riley Sager est un écrivain né en 1974. Journaliste pendant plus de quinze ans, il a collaboré au New Jersey Star-Ledger. Il a couvert de nombreuses enquêtes criminelles qui ont décuplé sa passion pour les intrigues policières. Il a été également éditeur et graphiste. « Avis de décès » (Death Notice, 2010) est son premier roman et le premier tome d’une série qui suit les enquêtes menées par le chef de la police Kate Campbell. « Lune de sang » (Bad Moon), le deuxième tome, a été publié en 2011. En 2017, il adopte le pseudonyme de Riley Sager pour signé « La Dernière Fille » (Final Girls), un best-seller international paru dans vingt-deux pays. Il a également écrit sous le nom de plume d’Alan Finn. Écrivain à temps plein, il vit à Princeton dans le New Jersey.

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Il y a 10 ans Quincy a survécu à un massacre durant lequel tous ses amis ont été tués alors qu’ils étaient allés fêter l’anniversaire de l’un d’entre eux. Quincy étant la seule survivante elle est par conséquent devenue une Dernière Fille (seule fille rescapée d’un massacre). Elles sont donc 3 Dernières Filles à exister : Lisa, Samantha et Quincy. Pendant 10 ans elle a essayé de vivre une vie normale, d’oublier et de laisser tout cela derrière elle. Devenue blogueuse culinaire, elle file une petite vie bien tranquille dans un grand appartement, très chic, en compagnie de son fiancé qui lui est avocat. Tout va bien jusqu’au jour où Coop, le policier ayant retrouvé Quincy après le massacre, lui annonce le suicide de Lisa. Quelques jours plus tard, c’est Samantha qui frappe à la porte de Quincy. La vie de cette dernière bascule alors dans le drame.

J’ai passé un agréable moment dans l’ensemble avec ce bouquin. Le fait de suivre la survivante d’un massacre qui a fait la une des journaux et une idée qui m’a emballée et que j’ai trouvé très sympa et très originale. Ici, l’auteur articule son roman autour de la reconstruction et le chemin à parcourir pour retrouver une vie « normale » après avoir vécu un lourd traumatisme. L’originalité du roman tourne vraiment autour de cet « après » et non pas autour du massacre lui même.

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Bien que cela soit original malheureusement il y a eu quelques petits couacs. En effet, j’ai trouvé que l’histoire peinait un peu à se mettre en place. Alors, oui quelque part c’est nécessaire, car cela permet de planter le décor ainsi que de présenter les différents protagonistes mais j’ai vraiment eu un peu de mal avec le début. Autre point sur lequel j’ai eu un peu de mal c’est le personnage de Quincy. Difficile de la trouver crédible quand on nous apprend qu’elle a perdu la mémoire et qu’elle ne se souvient de rien de cette soirée. Je ne dis pas que ce n’est pas possible mais disons que j’ai eu beaucoup de mal à y croire. Bien que Quincy évolue tout au long du livre et qu’elle m’ait surprise sur la fin, je n’ai pas adhéré à ce personnage, qui, pour moi, n’a pas été assez développé. C’est une héroïne qui avait du potentiel pourtant et c’est dommage. C’est un personnage qui est resté assez lisse à mes yeux. 

En dehors de ça, le livre est bon. Une fois le décor planté on n’entre dans un récit, il faut l’avouer, assez palpitant. L’auteur réussit à capter l’attention du lecteur et à titiller sa curiosité. Je n’ai pas vu venir la fin tout de suite (même si, genre 1 chapitre avant les révélations on commence à comprendre), du coup j’ai été surprise par ces retournements de situations sans pour autant avoir trouvé cela magistral. Car oui, là encore j’ai un petit point noir sur lequel j’aimerai attirer l’attention : je reproche un peu à l’auteur le manque d’explication sur la psychologie du tueur. J’ai trouvé que cela été arrivé beaucoup trop vite et beaucoup trop facilement. Tout s’est enchaîné en 3 ou 4 chapitres et par conséquent difficile de prendre le temps, pour l’auteur, d’expliquer le pourquoi du comment. J’aurai apprécié un peu plus de détails sur le tueur, sa vie, sur pourquoi il est devenu comme ça etc… 

Pour conclure je dirai que La Dernière Fille est un bon thriller psychologique, centré sur l’après massacre. C’est intéressant à découvrir et pour les débutants dans ce genre là, je pense que ça peut être un bon roman. Après, le livre contient quelques petits défauts qu’il faut quand même souligner et auxquels on doit s’intéresser. La plume de l’auteur quant à elle est simple, fluide. Ce livre se lit rapidement et d’une facilité étonnante malgré les quelques longueurs au début. La fin s’achève un poil trop vite à mon goût mais cela reste quand même une bonne lecture pour moi, une chouette découverte. 

Sans titre-2

« Malgré mon coeur brisé et mes blessures encore fermées par des points de suture, je savais de quoi il retournait : la presse avait l’intention de faire de moi une Dernière Fille. »

« Soudain, je comprends de qui il s’agit. Elle est différente de ce à quoi je m’attendais. Rien à voir avec la photo tirée de l’almanach de fin d’année qui s’est retrouvée imprimée partout le temps d’un été, il y a des années. Disparus les cheveux trop relevés, les joues rouges, le double menton. Elle a maigri et perdu l’éclat angélique de la jeunesse. Le temps a fait d’elle une version lasse et tendue de ce qu’elle était alors. »

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Bad Man – Dathan Auerbach

couv25891856.jpgBad Man de Dathan Auerbach

Floride, de nos jours. 
On dit qu’une disparition d’enfant se résout dans les 48 heures. Quarante-huit heures, c’est le temps qu’il faut pour investiguer, coller des affiches, frapper à toutes les portes, auditionner des témoins. Deux jours d’angoisse à retourner le monde en tous sens, pour faire réapparaître un gamin. Mais deux jours, c’est court. Pour Ben, l’attente dure depuis cinq ans, et ce jour où Eric, son petit frère de trois ans, a disparu dans le supermarché local. Une seconde d’inattention et l’enfant s’est volatilisé. A-t-il été kidnappé ? S’est-il perdu ? Est-il toujours vivant ? Les questions demeurent sans réponse. Coincé entre une belle-mère qui passe ses nuits à dorloter un enfant imaginaire, et un père qui se noie dans le travail pour oublier, Ben ne vit plus, rongé par la culpabilité. Pour les aider, le jeune homme cherche un boulot. Ironie du sort : dans cette ville sinistrée, le seul job disponible est manutentionnaire de nuit au supermarché. Ben accepte. Mais quelque chose ne tourne pas rond dans ce magasin. L’attitude bizarre de ses collègues, de son patron ; des conserves qui semblent se déplacer dans les rayons ; une broyeuse à carton que l’on croit entendre gémir. Et puis, ce doudou rhinocéros défraîchi qui réapparaît soudain. Le doudou d’Eric. Ben en est convaincu : les lieux lui parlent, lui demandent de poursuivre ses recherches, de creuser encore. À moins qu’ils ne lui conseillent de fuir ?

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Edition : Belfond  Genre : Thriller ◈ 448 pages ◈ Sortie : 21 Février 2019 ◈ Ma note : 15/20

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Quelques mots sur l’auteur…

Dathan Kahn Auerbach est un écrivain américain, né en 1984. En 2011, il commence à poster des nouvelles sur un forum consacré à la littérature d’horreur. Le succès au rendez-vous et il réussit à faire financer son projet de roman via une campagne de dons, sur Kickstarter.com. Ainsi paraît son premier roman, « Penpal » (2012), aux États-Unis.  Entre sa licence et sa maîtrise, il a fait un petit boulot de nuit dans un magasin: gérer les stocks, ranger les rayons, garder le magasin. Le même job que Ben, le personnage principal de son deuxième roman, « Bad Man ».

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Bad Man raconte l’histoire de Ben, un jeune homme qui, lorsqu’il était petit, a perdu son petit frère dans un supermarché alors qu’ils faisaient des courses. Cinq ans plus tard, Eric est toujours porté disparu. Personne ne sait où il se trouve, personne ne l’a revu et personne n’a demandé de rançon. Quant à la police, elle a baissé les bras depuis bien longtemps puisque lors de la tragédie elle n’avait aucun indice à se mettre sous la dent ni aucune piste sur laquelle se lancer. Les parents du petit Eric n’arrivent pas à se remettre de sa disparition à tel point que sa mère est tombée dans une profonde dépression et ne sort plus de chez elle. Seul Ben n’a pas baissé les bras. Lorsqu’il est embauché dans le supermarché où 5 ans plus tôt son petit frère a disparu, Ben trouve là l’occasion d’enquêter afin de comprendre ce qu’il est arrivé à Eric

J’ai vu et lu des avis très très positif sur ce roman. C’est donc tout naturellement que je l’ai acheté lorsque je suis tombée dessus en librairie. Il m’intriguait réellement car il est rare que j’achète des grands formats. Par conséquent, aussitôt acheté, aussitôt lu. Et pour tout vous avouer, je ressors un poil déçue de ma lecture. 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Avant toute chose, je tiens à attirer votre attention sur le fait que Bad Man n’est pas réellement un thriller, c’est plus un roman d’ambiance, un roman noir. Vous l’aurez donc compris l’action y est très peu présente. L’auteur a tout misé sur l’atmosphère oppressante de l’histoire et sur la psychologie du personnage de Ben. On est donc là dans un thriller psychologique qui est, globalement, très bien construit. Je n’ai rien contre ce genre de roman, bien au contraire mais là où ce livre m’a un peu fait tiquer c’est qu’il est très long à se mettre réellement en place. En effet, le rythme est très lent, il y a très peu d’action et le personnage de Ben est compliqué à cerner. Par conséquent, j’ai eu un peu de mal à me plonger pleinement dans l’histoire. Je ne savais pas où l’auteur voulait en venir et cela m’agaçait et m’intriguait à la fois. J’étais vraiment partagée entre l’envie de laisser le livre de côté et le continuer pour absolument connaître la suite. C’était assez perturbant pour moi. Il m’aura fallu attendre la moitié du bouquin pour enfin trouver ce côté addictif dont j’avais tant entendu parler concernant ce roman.

Comme je le disais, une fois plongée dans le roman, même si cela a été un poil laborieux pour moi, je n’ai plus su m’arrêter. J’ai enchaîné les pages les unes après les autres sans avoir conscience du temps qui passait. La tension dans le roman monte crescendo, l’ambiance devient de plus en plus sombre et anxiogène et du coup on n’a qu’une seule envie c’est de savoir où tout ceci va nous mener. Même si je n’ai pas été scotché par le dénouement final et que j’avais commencé à comprendre le fin mot de l’histoire avant les révélations, cela ne m’a pas empêché d’apprécier la conclusion de l’histoire. Il faut le reconnaître l’auteur nous a un peu baladé tout le long du roman et c’est ce qui fait un peu le charme de ce livre. L’originalité de l’histoire réside également dans le fait que l’on se prend au jeu malgré tout, puisque, tout comme Ben, le lecteur finit par soupçonner tout le monde et à devenir parano. 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

En parlant de Ben, justement j’ai eu un peu de mal à le cerner. C’est un personnage très ambiguë, tantôt il est calme, tantôt il est colérique. Tantôt il fait confiance aux gens, tantôt il s’en méfie. Durant notre lecture, et presque jusqu’au bout même, le lecteur doute de lui. On ne sait pas s’il a toute sa tête, on se demande même s’il n’a pas joué un rôle dans la disparition de son frère. C’est vraiment un personnage difficile à cerner et je pense que c’est ce que voulait l’auteur, par conséquent on peut dire que c’est réussi. 

Bien que j’avais deviné le fin mot de l’histoire (du moins une partie) je suis perplexe quant à la façon dont l’auteur a amené tout ça. J’ai trouvé certain passage un peu invraisemblable. Mais bien sûr il ne s’agit que de mon impression personnelle. Pour ce qui est de la plume de l’auteur je l’ai trouvé fluide, ce livre, une fois qu’on s’y plonge, est un très bon page-turner. Bien entendu je le recommande à tous ceux qui sont attirés par les romans d’ambiances, les romans noirs ou les thrillers psychologiques. Pour ma part, si je dois conclure cette chronique (qui m’apparaît un peu décousu j’avoue) je dirai que globalement j’ai aimé cette lecture. J’ai aimé l’ambiance dans laquelle l’auteur plonge son lecteur et j’ai également aimé sa plume. En revanche, le début reste malgré tout très lent à mes yeux. Il m’a fallu pas mal de temps pour me plonger pleinement dans l’histoire. 

Sans titre-2

« L’espoir agit telle une drogue sournoise, sécrétée par les mots et les pensées, affinée par le temps. Il ne résout rien. Il nous endort et nous rassure jusqu’à absorber notre désespoir dans sa brillante incandescence. Et plus il nous berce d’illusions, plus nous avons tendance à oublier qu’il se trouve lui aussi enfermé dans la fameuse boîte de pandore. C’est la seule horreur du monde à ne pas s’être échappée quand le couvercle a été ouvert. La seule qui vit en nous. »

« Chaque individu connaît dans sa vie un jour précis où la confiance devient question de choix, et où il apprend à ses dépens que les gens mentent pour des raisons qui leur appartiennent. « 

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Juste avant de mourir – S.K. Tremayne

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

« Pourquoi tu m’as fait ça, maman ? » Kath, Adam et leur petite Lyla, intelligente mais renfermée, habitent une ancienne ferme isolée en plein milieu de la lande, dans le Devon. Un jour, Kath se réveille aux urgences après avoir été victime d’un grave accident de voiture. Elle n’a aucun souvenir des circonstances l’ayant conduite au drame. De retour chez elle, choquée mais heureuse de retrouver sa famille, elle déchante vite : Lyla dessine d’étranges motifs et répète qu’elle voit un homme sur la lande. Quant à Adam, il paraît en vouloir terriblement à son épouse, pour une raison que cette dernière ne s’explique pas. Autour de la maison, Kath tombe sur des mises en scène macabres… Alors que le comportement de Lyla devient de plus en plus inquiétant, Kath apprend que c’est en essayant de se suicider qu’elle a fini à l’hôpital. C’est le choc. Et le début de flash-backs angoissants qui vont la conduire elle aussi vers cet inconnu qui hante la lande. 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Edition : Presses de la cité  Genre : Thriller ◈ Sortie : 21 Mars 2019 ◈ Ma note : 15/20

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Quelques mots sur l’auteur…

S. K. Tremayne est un des pseudonymes de l’écrivain et journaliste Sean Thomas, qui utilise également celui de Tom Knox pour certains de ses ouvrages. Né en 1963 dans le Devon en Angleterre, il a étudié la philosophie à Londres. Il se tourne ensuite vers le journalisme, et rédige des articles pour le Times, le Daily Mail, le Sunday Times, et le Guardian. Comme son père, il se passionne également pour la littérature, et publie plusieurs romans, se spécialisant pour les thrillers (souvent imprégnés des thèmes de l’archéologie ou de la religion). Il commence par publier plusieurs romans sous son véritable nom, avant d’adopter à partir de 2009 le pseudonyme Tom Knox, puis en 2015 celui de S. K. Tremayne pour son roman « Le doute ».

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –d

Je remercie les Editions Presses de la cité pour ce roman !

Dans « Juste avant de mourir » on va suivre Kath, son mari Adam et leur fille Lyla qui est atteinte du syndrome d’Asperger. Toute la famille vit dans un endroit reculé de tous au coeur du parc national de Dartmoor. La mère, Kath, est un jour victime d’un accident de la route. Fort heureusement pour elle et pour ses proches elle s’en sort avec une légère commotion cérébrale qui a eu pour effet de lui donner une amnésie rétrograde. En effet, Kath ne se souvient pas très bien de son accident ni de la semaine qui l’a précédé. Depuis qu’elle est rentrée chez elle, elle constate que beaucoup de choses ont changé. Sa fille est plus perturbée que jamais et son mari semble la repousser et lui en vouloir. Alors qu’elle croit avoir simplement dérapé sur une plaque de verglas, Adam va lui dire la vérité : elle a tenté de se suicider. Ne voulant pas croire qu’elle ait pu faire une chose pareille, la mère de famille va tenter de retrouver la mémoire et comprendre ce qui s’est passé ce soir là. 

Dans l’ensemble j’ai bien aimé ma lecture mais je dois avouer que quelques petites choses m’ont un peu fait tiquer. Tout d’abord, le début du roman. J’ai eu beaucoup de mal à entrer pleinement dans l’histoire. Les 50 premières pages ont été, pour moi, assez difficiles à lire. J’avais l’impression que rien ne se passait, je ne savais pas trop où l’auteur voulait nous emmener, je me sentais pour ainsi dire un peu perdue. De plus, les nombreuses descriptions, qui d’habitude ne me gênent pas, ont, ici, eu un effet négatif sur ma lecture. Tous ces noms d’endroit et leurs descriptions ont alourdi les pages du roman, par conséquent j’avais l’impression que la narration était lourde et qu’elle peinait à se mettre en place. Fort heureusement, une fois que le décor est posé l’auteur s’attarde moins sur ces détails et commence à aller à l’essentiel. Et ce n’est qu’à partir de là où j’ai enfin pu me plonger dans cette histoire sombre et remplie de mystères et de croyances. 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Car oui, il faut le reconnaître le gros point fort de ce roman réside dans l’ambiance sombre et oppressante qui règne autour de la famille de Kath. Même s’il m’a fallu un peu de temps, une fois plongée dans le roman, je ne l’ai plus lâché. Le suspense s’installe progressivement et le lecteur cherche à comprendre ce qu’il est arrivé à la mère de famille. Tout est confus autour d’elle au point d’en venir à soupçonner son mari qu’elle aime tant. J’avoue moi aussi avoir soupçonné tout le monde et ne pas avoir vu venir le dénouement final. Mais ce n’est pas pourtant qu’il m’a plu. Mais j’y reviendrai un peu plus tard. Ce qui m’a plu dans ce roman, en dehors de l’ambiance bien entendu, c’est tous les mythes, légendes et croyances qui partagent la vie des habitants de la lande. Ce sont des choses qui, en temps normal, m’intéressent beaucoup, alors c’est sur que là j’ai été happé par ces passages. Je trouve que cela apporte un côté surnaturel au récit, à tel point que l’on se demande s’il n’y a pas réellement une histoire de sorcière autour de tout cela. J’avoue, j’y ai pensé, c’est pour vous dire à quel point l’ambiguïté est présente dans l’histoire. Je trouve que l’auteur a eu raison de jouer cette carte, de jouer sur le côté mystérieux, paranormal. On retrouve cette pointe de paranormal à travers le personnage de Penny qui n’est autre que la mère de Kath. Elle était passionnée par les religions et leurs coutumes ainsi que par les sorcières et leurs rituels. Morte depuis longtemps d’un cancer, ses cendres ont été dispersé sur la tombe d’une suicidée connue de la région. Elle hante donc le récit à travers les souvenirs de Kath. J’ai apprécié cette petite dose d’irréel et à aucun moment je n’ai trouvé que S. K. Tremayne était entré dans l’excès, tout était dosé comme il le fallait. 

L’autre point intéressant du roman, c’est l’alternance des points de vue. Je ne le répéterai jamais assez mais c’est quelque chose que j’aime beaucoup retrouver dans mes lectures. Cela apporte du dynamisme à la lecture. C’est très intéressant d’être dans la tête des différents protagonistes. Savoir comment ils vivent les choses, ce qu’ils en pensent est important pour moi car cela m’aide dans ma lecture à les comprendre, à les connaître et à les cerner. Et puis cela entretient également le suspense. En tout cas, personnellement j’ai adoré cette façon d’amener l’histoire et cela m’a permis de mieux cerner Kath et sa famille. La relation qu’elle a avec sa fille est touchante et à la fois bouleversante. Lyla est une petite fille vraiment hors du commun. Elle n’a pas d’amis, n’arrive pas à s’intégrer à l’école et subit des moqueries de la part de tout le monde. Ses chiens sont son seul réconfort. Elle partage un lien très fort avec eux. Dotée d’une grande intelligence elle est également très sensible à ce qui se passe autour d’elle. Là où son père Adam ne veut pas lui coller d’étiquette et entendre parler de maladie mentale, Kath, elle, ne se voila pas la face. Elle sait que sa fille a un souci, elle fait des recherches sur internet et essaie de la comprendre. N’ayant aucun soutien de la part de son mari, Kath m’est apparu comme une femme vraiment forte et courageuse. J’ai beaucoup aimé la suivre. 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Avant de conclure ma chronique je voulais évoquer la fin du roman, autrement dit le dénouement final. Clairement il m’a surprise, je ne m’y attendais pas ! Je le reconnais, l’auteur à fait fort et a abattu les bonnes cartes pour surprendre le lecteur, c’était bluffant. En revanche, même si j’ai été surprise, une fois que j’ai tout assemblé, j’ai trouvé que cela manquait un peu de crédibilité à mes yeux et j’ai été quelque peu déroutée par cette révélation. Elle est étonnante, surprenante mais manque de cohérence et de matière. Il aurait peut-être fallu plus approfondir l’idée pour que ça n’apparaisse pas comme étant trop irréaliste. Mais bon, cela n’engage que moi bien entendu. 

Pour conclure, je dirai que Juste avant de mourir est un roman dans lequel l’auteur joue avec l’ambiance. En effet, il jongle entre le réel et l’irréel, entre le normal et le paranormal et tout cela est très bien amené et très bien dosé. Le suspense est bien présent dans le roman et malgré un début un peu compliqué de par les descriptions interminables des lieux, la narration devient, progressivement, addictive. J’ai été un poil déçue par le dénouement final. Bien qu’il m’ait surprise je l’ai trouvé un peu invraisemblable. Le soucis c’est qu’une fois que tout est révélé, le tout ensemble ne m’a pas vraiment convaincu. Des questions et des zones d’ombre persistent dans mon esprit après la lecture de ce roman. Cela dit, ce thriller psychologique est bon dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment quand même. Plusieurs thématiques intéressantes y sont abordées : les liens familiaux, le syndrome d’Asperger, la sorcellerie, les croyances etc… Si vous cherchez un roman d’ambiance lancez-vous. 

Sans titre-2

« La confusion de ses sentiments était pareille à un feu humide sur la lande, dégageant plus de fumée que de chaleur, qui menaçait de l’étouffer, anéantissait l’espoir, consumait tout. »

« Si seulement il en allait de même pour l’amour, songea-t-il en s’engageant de nouveau sur la route des macchabées. Si seulement on pouvait le réparer, le rétablir, le restaurer…Mais quand la confiance n’existait plus dans un couple, dans une famille, que devenait-on ? Quand les relations se teintaient de défiance, voire de mépris, où est-ce que ça menait ? Vers quelles sombres contrées ? »

« Tout en roulant, j’aperçois le long de la route des corneilles perchées sur les poteaux téléphoniques, qui m’observent.Silhouettes noires. Yeux noirs. »

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Alice – Heidi Perks

couv59699749Alice d’Heidi Perks

Une enfant disparaît. Deux versions du drame. Une seule vérité. Harriet avait confié sa fille à sa meilleure amie Charlotte pour un après-midi à la kermesse de l’école. Charlotte est persuadée de n’avoir quitté Alice des yeux qu’une fraction de seconde. Le temps pour la fillette de se volatiliser. Dévastée, Harriet ne peut plus envisager de revoir Charlotte. Elle ne lui fera sans doute jamais plus confiance. Mais elle n’aura pas le choix. Car, deux semaines plus tard, les deux femmes sont convoquées par la police pour être interrogées séparément. Il semblerait que chacune d’elles ait des choses à se reprocher…

……..3107950465_1_14_xtZAH0OF

Edition : Préludes  Genre : Policier ◈ 448 pages ◈ Sortie : 15 Mai 2019 ◈ Ma note :  15/20

….…3107950465_1_14_xtZAH0OF

Quelques mots sur l’auteure…

Heidi Perks est née en 1973. Elle vit au bord de la mer à Bournemouth avec son mari et ses deux enfants. Diplômée d’un baccalauréat spécialisé en gestion du commerce de détail de l’Université de Bournemouth en 1997, elle a ensuite fait carrière dans le marketing avant de partir en 2012 pour se consacrer à l’éducation de sa famille et à l’écriture. Elle a postulé avec succès au premier cours en ligne d’écriture de roman de Curtis Brown Creative, après quoi elle a consacré son temps à la réalisation de son premier roman.

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

d

Harriet et Charlotte sont toutes les deux mères et amies. Charlotte est divorcée, travaille et vit avec ces 3 enfants tandis qu’Harriet est mariée à Brian depuis des années et s’occupe de sa fille Alice à plein temps. Alors qu’elle tente de reprendre un peu sa vie en main en assistant à une formation dans la comptabilité, Harriet demande à sa meilleure si elle peut garder Alice, le temps d’aller à son cours. Celle-ci accepte avec grand plaisir et décide d’emmener les enfants à une kermesse. Tout se passe pour le mieux jusqu’au moment où Alice disparaît. 

Dès les premières pages le lecteur est emporté dans le quotidien de Charlotte et dans le drame qu’elle s’apprête à vivre. Si la première partie du roman est un peu lente, la seconde l’est beaucoup moins. Dans l’ensemble, ce livre traite d’un sujet vu et revu des centaines de fois dans les romans policiers à suspense, à savoir : la disparition d’un enfant. Heidi Perks s’est plutôt bien débrouillée dans le genre. Sa plume est fluide et addictive. Les pages défilent rapidement. Alice est donc un roman qui se lit très bien. D’une certaine façon, l’auteure a su entretenir une part de suspense durant une bonne partie de l’intrigue. Vers le milieu de l’histoire, un rebondissement auquel je ne m’y attendais pas, je dois l’avouer, apparaît et donne un second souffle à l’intrigue qui peinait un peu à se mettre en place. En effet, après la disparition d’Alice, on suit, de façon alternative, Charlotte et Harriet dans leur quotidien. On vit la détresse de la mère et l’angoisse ainsi que les remords de son amie Charlotte. Mais en dehors de ça il ne se passe pas énormément de chose. Il faudra attendre le milieu du roman pour que l’histoire s’enchaîne et devienne captivante.

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Ce que j’ai apprécié dans ce roman c’est l’alternance des points de vue. C’est une façon d’écrire qui m’attire et qui je trouve donne un coup de fouet à l’histoire. Cela a pour effet d’apporter davantage de dynamisme à lecture. En plus de cela, j’ai également aimé le fait que Heidi Perks entretienne le doute sur le personnage d’Harriet. En effet, après la disparition de sa fille, la jeune femme semble sombrer dans la dépression et son mari, Brian, a des difficultés à la comprendre. Elle oublie des choses et on a l’impression qu’elle ne comprend pas ce qu’on lui dit. L’inquiétude et l’attitude de son mari accentuent ce côté mystérieux et intriguant du personnage d’Harriet. Le lecteur finit par se demander si elle a toute sa tête ou si c’est son mari qui essaie de la rendre folle. Durant une bonne partie du roman le doute persiste et j’ai beaucoup aimé cet aspect là. Mais le souci, c’est que je pense qu’on l’auteure aurait pu creuser davantage. J’ai eu le sentiment qu’on n’entrait pas dans du concret et que l’on restait un peu au dessus de cela et que l’auteure ne faisait que survoler le sujet. C’est dommage car y’avait matière à approfondir les choses.

Je dis cela car le personnage de Brian reste encore flou à mes yeux et je n’ai pas réussi à le cerner et à comprendre pourquoi il agissait ainsi. Il est possessif et protecteur à l’extrême envers sa femme mais sa psychologie n’est pas développée, par conséquent c’est un personnage qui manque de finition pour moi. Il en est de même pour Charlotte et Harriet. En fait, je pense que l’auteure aurait pu travailler un peu plus ses personnages. Leur passé et leurs traits de caractères sont amenés dans le récit de façon un peu « brutal » et les explications sont un peu « bateau », cela manque un peu de crédibilité. Mais en dehors de ça, Alice est un bon roman policier dans l’ensemble. Certes il n’est pas parfait mais il se lit bien et l’intrigue est, dans la globalité, plutôt bien menée.

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Pour conclure je dirai qu’Alice est un roman à suspense intéressant, addictif de par la plume de l’auteure, que je recommande bien évidement mais qui, malheureusement, manque un peu de profondeur. Les personnages auraient pu être un peu plus développés. L’originalité n’est pas vraiment au rendez-vous puisque l’on est dans un schéma narratif vu et revu mais j’ai apprécié ma lecture malgré tout. L’alternance des points de vues donne une certaine dynamique à l’intrigue, et, de plus, celle-ci est teintée de quelques petits rebondissements auxquels je ne m’y attendais pas. Une bonne lecture pour moi dans l’ensemble, je vous invite à découvrir ce roman. 

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

L’étranger dans la maison – Shari Lapena

couv28531886L’étranger dans la maison de Shari Lapena

 » Comment te sens-tu ?  » Elle voudrait répondre  » terrifiée « . À la place, elle dit, avec un faible sourire :  » Heureuse d’être à la maison. « 

Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d’avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s’est volatilisée. Alors qu’il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d’un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d’ordinaire jamais les pieds. À son réveil à l’hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d’amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu’un s’introduit en leur absence dans la maison… 

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Edition : Presses de la cité  Genre : Thriller ◈ Sortie : Janvier 2019 ◈ Ma note globale : 15/20

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Quelques mots sur l’auteure…

Shari Lapena (née en 1960) est une romancière canadienne. Elle est surtout connue pour son roman « Le couple d’à côté », un thriller sortie en 2016, qui a été un best-seller au Canada et à l’étranger. Elle a travaillé comme avocat et professeur d’anglais avant de se consacrer à l’écriture.

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –d

Karen vit une vie parfaite auprès de son mari Tom. Un soir, Tom rentre du travail et ne trouve pas sa femme à la maison. Il attend quelques heures mais lorsqu’il remarque qu’elle est partie sans prendre son sac et téléphone il commence à s’inquiéter et finit par appeler ses amis. Personne n’a de nouvelles de Karen. Au moment où il se décide à prévenir la police, on sonne à sa porte. Un agent de police lui informe que sa femme Karen est à l’hôpital suite à un accident de voiture. Selon l’enquête, elle roulait à toute vitesse dans un quartier malfamé dans lequel elle ne devait pas se trouver. Bien qu’elle ait survécu à son accident, Karen est victime par la suite d’amnésie. Impossible donc pour elle de se rappeler pourquoi elle roulait comme une folle cette nuit là. Quelques jours plus tard la police revient chez le couple afin de leur annoncer qu’un corps a été retrouver dans le quartier où Karen se trouvait le soir de son accident. Il s’agit d’un homicide et la mort remonte au soir de l’accident de Karen. Y’a-t-il un lien entre l’accident de la jeune femme et le meurtre de cet homme ?

J’ai découvert Shari Lapena grâce à son livre Le couple d’à côté que j’avais plutôt bien aimé dans l’ensemble. J’avais lu ce livre à sa sortie et, à cette époque, je venais de commencer dans le thriller. Aujourd’hui avec le recul, j’aime toujours autant ce bouquin mais je me rends compte qu’il avait quelques petits points négatifs que je n’avais pas relevé à l’époque et que j’ai retrouvé dans L’étranger dans la maison.  

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Ici, l’auteure nous plonge dans un thriller domestique où le suspense, le mensonge et la psychologie jouent un rôle important. L’étranger dans la maison est un livre qui se lit très vite. Tout comme dans le roman précédant de l’auteure, la plume est simple et fluide. Shari Lapena a le don de rendre addictive une histoire qui en apparence est toute simple. Car oui, avec ce roman, il ne faut pas s’attendre à être plongé dans l’originalité pure et dure. Mais pour autant, ce livre est intéressant. Toute l’intrigue du bouquin tourne autour de Karen et son accident. Que faisait-elle dans ce quartier malfamé ? Pourquoi roulait-elle aussi vite ? Que fuyait-elle ? A-t-elle un lien avec l’homme retrouvé mort le même soir ? Toutes ses questions appellent à des réponses et c’est cela qui rend la lecture de ce roman attrayante. C’est une toile d’araignée construire sur des mensonges qui va se former autour de nos personnages. Au lecteur, par la suite, de démêler le vrai du faux. J’ai aimé cet aspect de l’histoire, cependant, j’ai eu un petit souci avec le choix de l’auteure en ce qui concerne le dénouement de l’intrigue. Tout comme dans son précédent roman, Shari Lapena révèle bien trop vite le pourquoi du comment des choses. C’est un choix auquel j’ai un peu de mal à adhérer. Beaucoup trop d’indices sont dévoilés tout au long des chapitres et par conséquent l’histoire finit par s’essouffler et par se répéter à certains moments. 

Le suspense, qui est au rendez-vous au début, finit par disparaître progressivement et le lecteur comprend rapidement le dénouement final. Malgré tout, la plume de l’auteure rend le récit fluide, addictif et les pages se tournent avec facilité. J’ai compris bien avant la fin la vérité de toute cette histoire et pourtant cela ne m’a pas empêché de « bouffer » le roman. Je mets bien le mot « bouffer » entre guillemets puisque malheureusement, j’ai constaté quelques longueurs dans l’intrigue et cela ralentissait un poil ma lecture par moments. En effet, pour le coup, on a l’impression que l’auteure a mal géré les choses puisque dés que le roman montait en intensité, tout finissait par retomber comme un soufflé à cause de descriptions qui me paraissait inutile. Je me souviens que cela avait été la même chose pour Le couple d’à côté. Du coup le rythme du roman n’était pas très bien entretenu. Pour ce qui est du twist final, je dois avouer que je m’y attendais un peu. Je savais que l’histoire ne pouvait pas se terminer ainsi, que c’était trop facile et qu’il manquait un truc. Je me doutais bien que Shari Lapena nous préparait un rebondissement remettant en doute notre opinion sur certains personnages. Je ne savais pas concrètement ce qu’elle allait nous préparer mais je m’attendais à ce qu’un rebondissement apparaisse. Par conséquent, je n’ai pas été surprise. En revanche, j’ai adoré la conclusion qu’elle a choisi de donner à son histoire !

3107950465_1_14_xtZAH0OF

Pour ce qui est des personnages, j’avoue ne pas avoir grand chose à dire sur eux. Ils ne sont pas extrêmement développés mais le peu que l’on connaît d’eux suffit amplement au roman. Shari Lapena a choisi de mettre l’accent sur la confiance qui existe dans un couple et elle a plutôt bien réussi de ce côté là. J’ai aimé suivre Tom. J’ai aimé être dans sa tête et découvrir à quel point il était partagé entre l’amour qu’il a pour sa femme et le fait qu’il doute d’elle. Tout au long du roman ses sentiments sont partagés et par conséquent le lecteur l’est aussi et finit par douter de Karen. Est-elle réellement innocente ? Que cache-t-elle ? C’est à travers le personnage de Tom que l’auteure entretient ce mystère et j’avoue que c’était bien réussi et amené de façon subtile, sans que l’on soit plongé dans l’exagération. On peut par conséquent reconnaître que les personnages sont plutôt crédibles et c’est une plus-value pour l’histoire

Pour conclure je dirai que L’étranger dans la maison est un thriller addictif avec une intrigue bien menée dans l’ensemble malgré le fait que certaines révélations arrivent un peu trop vite. C’est un livre que je recommande aux personnes voulant découvrir le genre thriller ou alors qui ne lisent pas des thrillers tous les jours car c’est un schéma narratif que les amateurs de thriller ont vu et revu des dizaines de fois. Rien de révolutionnaire de ce côté là. Même si à certains moments, j’ai trouvé que le roman manquait de rythme et contenait quelques longueurs, j’ai quand même apprécié l’histoire et ma lecture. Le personnage de Tom m’a beaucoup plu. Lui et ses doutes ont été crédibles à mes yeux. Si ce livre vous intéresse, laissez-vous tenter. C’est une lecture sans prise de tête ! Tout vient au lecteur avec facilité, sans complexité.

J’en profite pour remercier les éditions Presses de la Cité pour ce SP.

Sans titre-2

« Est-ce que c’est ça, « sentir son monde s’écrouler »? Quelques instants plus tard, il relève les yeux. Il ignore totalement ce qui va lui tomber dessus, il sait juste que le coup sera terrible. »

« Subitement, il se lève et se livre à une inspection rapide de la maison entière. Il ne découvre rien d’inquiétant : pas de téléphone fixe décroché, pas de carreau cassé, pas de sang par terre. Pourtant, il a du mal à respirer.
Il hésité. Même s’il leur dit que son couple frise la perfection, les flics croiront à une dispute. Il se hâte de regagner la cuisine, où Karen range son répertoire téléphonique, et entreprend d’appeler ses amis, un par un. »