Chronique, Fantasy/Fantastique, Thriller/Policier/Horreur

Nosfera2 – Joe Hill

couv29284704Nosfera2 de Joe Hill

Il suffit que Victoria monte sur son vélo et passe sur le vieux pont derrière chez elle pour ressortir là où elle le souhaite. Elle sait que personne ne la croira. Elle-même n’est pas vraiment sûre de comprendre ce qui lui arrive. Charles possède lui aussi un don particulier. Il aime emmener des enfants dans sa Rolls-Royce de 1938. Un véhicule immatriculé NOSFERA2. Grâce à cette voiture, Charles et ses innocentes victimes échappent à la réalité et parcourent les routes cachées qui mènent à un étonnant parc d’attractions appelé Christmasland, où l’on fête Noël tous les jours ; la tristesse hors la loi mais à quel prix… Victoria et Charles vont finir par se confronter. Les mondes dans lesquels ils s’affrontent sont peuplés d’images qui semblent sortir de nos plus terribles cauchemars.

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Edition : J’ai Lu  Genre : Horreur/Fantastique ◈ 763 pages ◈ Sortie : 2015 (en poche) ◈ Ma note :  15/20

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Quelques mots sur l’auteur…

Joe Hill, nom de plume de Joseph Hillstrom King, né le , est un écrivain de fantastique et d’horreur américain. Fils du célèbre écrivain Stephen King, il s’est fait remarquer par le public et la critique dès ses deux premiers livres, qui ont également reçu plusieurs récompenses littéraires. Son second roman Cornes est adapté au cinéma en 2014 par Alexandre Aja. Son premier roman, Le Costume du mort, paraît en 2007. Il reçoit le prix Locus du meilleur premier roman 2008, le prix Bram-Stoker du meilleur premier roman 2008 et atteint la 8ème place de la liste des best-sellers du New York TimesIl scénarise également la série de comics Locke & Key. Son troisième roman, NOS4A2, est publié en 2013 et se classe à la 5ème place de la liste des best-sellers du New York Times.

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Nosfera2 c’est l’histoire de Charles Manx, tueur en série et kidnappeur d’enfants qui se réveille brutalement de son coma à l’hôpital, agresse l’infirmière présente à ses côtés et replonge directement. A coté de ça, on va suivre Victoria McQueen, une fillette dont les parents ne s’entendent plus et ne font que s’engueuler toute la journée, qui découvre un jour, par hasard, qu’elle possède un don particulier : celui de créer un pont qui à pour pouvoir de l’emmener partout où elle le désire. Ce dont lui sera très utilise pour rechercher des objets perdus pour sa famille et ses amis. Mais durant un de ses voyages, Victoria va rencontrer Maggie, une bibliothécaire qui possède les mêmes pouvoirs qu’elle et qui va la mettre en garde. En effet, son pouvoir à un prix il n’est pas gratuit, elle doit en faire bon usage. Elle va également la supplier de rester loin de Charles Manx, également connu sous le nom de l’Apparition, et de ne surtout pas chercher à le retrouver. Quelques années plus tard Victoria tombera nez à nez face au tueur.

Avant toute chose je tiens à dire que je suis fière d’avoir enfin sorti ce beau bébé de ma PAL. C’est un des livres les plus anciens de ma PAL, avec Dracula de Bram Stocker, plus de 2 ans et demi qu’il traîne sur les étagères de ma bibliothèque, donc voilà petit fierté personnelle de l’avoir enfin dépoussiéré. 

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Ensuite, il faut que je vous avoue que cela a été hyper compliqué pour moi de vous faire un résumé « potable » de ce livre et qu’il sera probablement difficile pour moi de vous chroniquer ce roman convenablement car l’univers proposé ici par Joe Hill est très complexe et très riche. C’est une bonne comme une mauvaise chose pour ma part. Bon, déjà commençons par ce qui est évident : ce livre est vraiment un beau petit pavé, donc autant vous dire qu’il vous faudra de la motivation et du courage pour franchir le cap et vous y plonger. Mais une fois que ce sera fait, vous y découvrirez un univers riche, bien ficelé et hyper développé. Dans ce bouquin, l’auteur va osciller entre le passé et « le présent » puisqu’on va suivre le personnage de Victoria de l’enfance à l’âge adulte. Autant être honnête avec vous cela rend l’intrigue très (trop) longue. C’est pour cette raison qu’il faudra vous accrocher car disons que l’on pourrait dire : tel père, tel fils ! Et oui mes chers lecteurs, Joe Hill, comme son père Stephen King, n’hésite pas à développer ses personnages, leur vie et leur psychologie jusque dans les moindre détails. Armez-vous donc de patience car, personnellement, j’ai trouvé que vers la fin, tous ces passages très détaillés commençaient à peser un peu sur mon rythme de lecture. Quand l’action commence à apparaître et que les choses commencent à s’enchaîner l’auteur nous parachute des années plus tard et nous raconte tout le chemin parcouru depuis par Victoria et j’avoue que ça en devenait laçant à la longue.

Malgré ces passages hyper long et à la limite de l’ennuie, il y a, et fort heureusement d’ailleurs, un univers original qui sort vraiment des sentiers battus. Un univers qui tire ses origines du pouvoir de l’imagination. Et Joe Hill, de l’imagination lui c’est sur il n’en manque pas ! Faut dire que dans Nosfera2 on est quand même dans un monde ou Noel et tous ce qui s’en dégage est perverti par l’esprit d’un homme qui pourrait s’apparenter à un vampire. J’ai beaucoup aimé cet univers, honnêtement, j’ai été bluffé par le réalisme que l’auteur apporte à ce monde imaginaire à travers sa plume et ses mots, c’est impressionnant. C’était comme si tout était logique, évident, limite réel. C’est ce qui a rendu, en tout cas en grande partie, la lecture si fluide. Puisque, oui, malgré les longueurs et la taille du bouquin, je me suis surprise à le lire rapidement. Les chapitres étant relativement courts, cela facilite la lecture ainsi que notre avancement dans l’histoire. 

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Pour ce qui est des personnages, je pense que vous ne serez pas surpris si je vous dis qu’ils sont très complets, très détaillés et qu’ils dégagent tous sans exception une forme de réalisme. Charles Manx est vraiment un homme qui fait froid dans le dos sans pour autant virer jusque dans le terrifiant ou bien l’horreur. Décrit comme un tueur d’enfant, on apprendra au fil des pages qu’il est, en fait, bien plus que ça et que son sadisme va au delà de ce que l’on peut imaginer. Son co-équipier n’est pas mal non plus dans le genre psychopathe. Quant à Victoria, j’ai aimé la suivre bien que je n’ai pas réussi à m’attacher à elle (à Charles Manx non plus d’ailleurs et en y réfléchissant bien, à aucun personnage en particulier). La suivre de l’enfance à l’âge adulte était intéressant à certain moment et redondant à d’autre. Dans tous les cas, que ce soit Charles, Vic ou les autres personnages ils sont vraiment très crédibles aux yeux des lecteurs et c’est un bon point.

En conclusion,  je dirai que Nosfera2 a beaucoup de qualité. C’est un roman original, avec une version de Noel un peu horrifique, un univers peu banal et bien exploité et avec des personnages très bien développé et qui, pour certains, font même froid dans le dos. Mais cela reste quand même un petit pavé qui comprenant quelques longueurs qui peuvent, à la longue, alourdir le rythme de lecture et créer un peu d’ennuie. Le passage de l’enfance à l’âge adulte de Victoria arrive brutalement et peut, je pense, en perturber plus d’un. J’aurai peut-être aimé en savoir un peu plus sur l’origine du don de Victoria et de Charles Manx mais on va dire que ce que l’auteur en dit dans son roman peut suffire. La plume de Joe Hille est fluide et les chapitres sont courts. Je n’irai pas jusqu’à dire que Nosfera2 est un page-turner mais il faut reconnaître que les pages se tournent assez bien dans l’ensemble.

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« Croyez-vous en un endroit appelé CHRISTMASLAND? Que feriez vous pour vivre dans un endroit ou c’est noël tous les matins? Ne renoncez pas à la magie, ne renoncez pas à vos rêves! »

« Elle possédait un don pervers pour décevoir ceux qui prenaient le risque de l’aimer, une faculté innée de mettre le doigt là où ça faisait mal et d’appuyer jusqu’à ce qu’ils n’aient d’autres choix que la fuite. »

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Chronique, Thriller/Policier/Horreur

[Nouvelles] Différentes Saisons – Stephen King

Résultat de recherche d'images pour "Stephen King Différentes saisons"Différentes Saisons de Stephen King

Recueil de nouvelles :

« Un innocent condamné à perpétuité cherche à s’évader ; un jeune garçon démasque un ancien nazi dans une petite ville de Californie ; des gamins partent à la recherche d’un cadavre ; un médecin raconte l’histoire d’une jeune femme célibataire et enceinte dans les années 30…

Rien de commun, en apparence, entre ces quatre thèmes. Mais derrière ces héros d’âges et de milieux très différents, c’est la société américaine que dissèque Stephen King, avec le souci du détail et du mot juste, le sens de l’observation, du suspense et de l’humour noir qui le caractérisent. L’Amérique ne sort pas indemne de cette vivisection. Nous non plus… »

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Edition : Le Livre de Poche  Genre : Horreur/Nouvelles ◈ 732 pages ◈ Sortie : 2004 ◈ Ma note : 13/20

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Quelques mots sur l’auteur…

Stephen King est un écrivain américain né le  à Portland (Maine). Il publie son premier roman en 1974 et devient rapidement célèbre pour ses contributions dans le domaine de l’horreur mais écrit également des livres relevant d’autres genres comme le fantastique, la fantasy, la science-fiction et le roman policier. Tout au long de sa carrière, il écrit et publie plus de cinquante romans, dont sept sous le pseudonyme de Richard Bachman, et environ deux cents nouvelles, dont plus de la moitié sont réunies dans dix recueils de nouvelles.

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Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank

Dans cette nouvelle on va suivre Red qui raconte l’histoire d‘Andy Dufresne, un banquier gagnant bien sa vie et très respecté dans la profession. Ce jeune banquier va être arrêté pour le meurtre de sa femme et de son amant et ce malgré le fait qu’il clame son innocence dès le début. La vie d’Andy au pénitencier de Shawshank va donc nous être raconté et l’on va découvrir le quotidien catastrophique dans lequel, lui et les autres prisonniers, évoluent. Il va être harcelé, agressé et mis en isolement à de nombreuses reprises. Mais, petit à petit, il va finir par se rendre indispensable au sein de la prison et il va se lier d’amitié à Red, un détenu connu pour fournir aux autres tous ce dont ils ont besoin. Les années vont passer et un jour le quotidien d’Andy va basculer. En effet, des bruits vont circuler parmi les détenus et il va découvrir le nom du véritable assassin de sa femme. 

Pour cette première nouvelle j’avoue avoir un avis un peu mitigé. Connaissant Stephen King, je savais que j’allais me trouver dans un récit très descriptif et très approfondit. Et si, d’ordinaire, cela ne me gène pas, ici pour le coup j’ai eu un peu de mal et je me suis dit : Heureusement que la nouvelle ne fait que 140 pages (contrairement aux autres, il me semble que c’est la plus courte). Sincèrement il y en aurait eu plus, j’aurai eu du mal à le terminer. Pourtant le début me plaisait beaucoup, j’ai bouffé les 60-70 premières pages assez rapidement et assez facilement. Mais ensuite, je ne sais pas exactement pourquoi, l’auteur m’a un peu perdue. Le décor et le contexte commençaient à devenir pesants et j’avais beaucoup de mal à avancer dans ma lecture. 

Mais en dehors de ça, l’histoire reste intéressante malgré tout. Stephen King met ici en valeur des thématiques poignantes. En effet, à travers le personnage d’Andy, l’auteur met en avant l’espoir, le courage et la survie. C’est le gros point fort de cette nouvelle. La naïveté d’Andy finit petit à petit par devenir une force pour lui et il va s’en servir pour avancer et survivre dans ce monde remplit de torture, de haine et d’injustice. Malgré tout, il garde une petite pointe d’espoir, bien enfouit dans son esprit. L’espoir qu’un jour il pourra sortir d’ici, l’espoir qu’un jour il pourra se balader sur des plages exotiques. Moi j’ai apprécié cet aspect là du roman et j’ai apprécié le personnage d’Andy.

Un élève doué

Ici on va suivre Todd, 13 ans, élève brillant, qui se passionne pour la Seconde Guerre Mondiale. En faisant des recherches, il va apprendre qu’un ancien nazi vit dans la même ville que lui. Cet ancien nazi n’est autre que Kurt Dussander, vieil homme inoffensif aux premiers abords, qui a fuit son passé et qui, maintenant, se fait appeler Arthur Denkker. Un jour Todd va lui rendre visite et va commencer à le faire chanter. En échange de son silence il demande au vieil homme de lui raconter des détails croustillants sur la guerre et plus exactement des détails concernant les camps de concentration, les expériences, les chambres à gaz etc… Au début réticent, Kurt Dussander va finalement se prendre au jeu. Un lien étrange va se tisser entre l’enfant et l’ancien nazi.

Même si je ne suis pas une grande fan de la Seconde Guerre Mondiale, j’ai quand même préféré cette nouvelle à la précédente. Je ne l’ai pas trouvé effrayante mais je dois avouer qu’un petit garçon de 13 ans qui se passionne pour les nazis et les atrocités qui ont eu lieu durant cette guerre m’ont un peu fait froid dans le dos. La force de cette nouvelle réside dans le personnage sadique de Todd et dans le lien très particulier qu’il entretien avec Kurt Dussander. Au début, l’on comprend clairement que les deux ne s’apprécient guère mais petit à petit une relation va naître en eux. Une relation malsaine, basée sur la dépendance. En effet, au fil des pages on découvre que Todd comme Mr Dussander sont accro l’un à l’autre. L’enfant est fasciné par le passé odieux du vieil homme et le vieil homme est quand à lui fasciné par l’intérêt que lui porte le jeune garçon. Mais au delà de cette fascination commune, un autre sentiment plane au dessus de ces deux protagonistes : la peur. La peur occupe une grande place dans cette histoire. La peur de se faire arrêter, la peur que la vérité soit dévoilé, la peur que l’on découvre leurs atrocités, la peur d’être dénoncé par l’autre etc…

C’est vraiment une histoire spéciale voir même un poil dérangeante. Comment un gamin de 13 ans peut-il à ce point s’être corrompu avec un ancien nazi ? Et une autre question se pose également : Comment un enfant de 13 ans peut-il soumettre un nazi ? Comme je vous le dit ce récit est très perturbant et assez malsain. J’ai aimé dans l’ensemble, malgré quelques scènes de tortures animales que je n’ai pas pu lire, mais en même temps je ressors de cette lecture avec un sentiment assez particulier. La relation entre les deux personnages m’a vraiment paru gênante, anormale, horrible même à certain moment. 

Le corps

Le corps raconte l’histoire de Gordon LaChance et de ses amis Chris, Vern et Teddy, tous âgés entre 12 et 14 ans et vont partir à la recherche du corps d’un petit garçon. En effet, Vern a surpris une conversation entre son grand frère et un ami à lui, conversation selon laquelle ils étaient tombée, par hasard, sur le corps d’un petit garçon qui aurait disparu depuis quelques jours. C’est tout excité que Vern cours à la cabane raconter tout à ses amis. D’un commun accord ils décident de partir à la recherche du corps. Un périple de deux jours les attends, semés d’embûches. 

J’ai cru comprendre que cette nouvelle était la plus autobiographique de Stephen King puisqu’il y parle de son enfance et de son passage à l’âge adulte. Même si cela est touchant, j’ai difficilement accroché. En fait, sur le fond l’histoire est vraiment bonne mais j’ai trouvé (et c’est à cela que l’on reconnait bien le style de Stephen King j’ai envie de dire) que c’était vraiment, vraiment très long. Pourtant on ne peut pas dire qu’il ne s’y passe rien bien au contraire. Nos protagonistes vont faire, à pied, un voyage de deux jours, seuls, donc forcément il va leur arriver des choses. Mais pour autant j’ai trouvé qu’on était dans un récit assez linéaire et j’ai donc eu un peu plus de mal à me plonger dans cette histoire. Au moment où je vous écris, je n’ai pas encore lu la dernière nouvelle mais je peux vous dire, pour l’instant que celle là est celle qui m’a le moins plu.

J’ai vraiment commencé à apprécié ma lecture lorsque les enfants découvrent enfin le corps du petit garçon. A partir de là, j’ai trouvé que l’histoire avait pris un nouveau tournant. Après, il faut reconnaître que dans cette nouvelle Stephen King met l’accent sur l’amitié et la loyauté qui existent entre nos protagonistes. J’ai trouvé que cette petite bande de gamin allait bien ensemble et que le lien qui les unissait était très touchant. L’union fait la force comme on dit. J’ai également bien aimé la fin, c’est l’une des meilleures fins de ce bouquin jusqu’à présent. 

La méthode respiratoire

Mr Adley fait parti d’un club dans lequel les membres se racontent toutes sortes d’histoires. Tous les ans, à l’approche de Noel, ils décident d’élire un de leur membre afin que ce dernier puisse leur raconter une histoire différente de celles qu’ils ont l’habitude de raconter, une histoire tournant bien souvent autour du paranormal et de l’horreur. C’est de cette façon que Mr Adley va entendre l’histoire d’Emlyn McCarron. Ce dernier, alors jeune médecin dans les années 1920-1930, raconte comment il a fait la connaissance de Sandra, une jeune femme célibataire dont il suivait la grossesse. 

Il aura fallu attendre la dernière nouvelle de ce roman pour me sentir enfin comblée. Mais bon, mieux vaut tard que jamais. J’ai adoré cette nouvelle. C’est ce que je voulais vraiment retrouver dans ce bouquin et je suis heureuse d’avoir terminé ce livre sur une note positive. C’était addictif. C’était étrange et gore à la fois. Les dernières pages peuvent laisser le lecteur perplexe tant elles sont troublantes. Je pense qu’il faut avoir le coeur un minimum bien accroché pour lire les derniers passages car ils sont vraiment spéciaux. Mais moi ça m’a beaucoup plu. 

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Les enquêtes du Commissaire Léon, T3 : Il neige en enfer de Nadine Monfils

couv48904307.jpgLes enquêtes du Commissaire Léon, T3 : Il neige en enfer de Nadine Monfils

Dans la famille bourgeoise des Rastignac, l’ambition et la haine ont tout dévoré. La mère très prout-prout tue son ennui en cousant des paillettes partout ; le fils débile passe son temps à faire pisser son lapin empaillé ; le pépé en fauteuil roulant n’est pas tout net ; quant à la fille, Lou, elle a fui la demeure familiale pour les trottoirs de Pigalle…. Lorsque la voiture du père, riche industriel, finit grillée dans un ravin, c’est donc tout naturellement que la jeune femme s’adresse à son client préféré : le commissaire Léon. Car ce n’est qu’un début. Et l’arbre généalogique, tout pourri qu’il soit, ne tient plus qu’à un fil…

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Edition : Pocket  Genre : Policier ◈ 288 pages ◈ Sortie : 2016 ◈ Ma note : 16/20

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Quelques mots sur l’auteure…

Nadine Monfils, née le  est une écrivaine et réalisatrice belge, vivant à Montmartre. Mariée, mère de deux enfants, Nadine Monfils enseigne la morale et publie en même temps son premier livre Contes pour petites filles perverses aux éditions le Cri. Éclectique, elle excelle dans tous les genres : poésie (douze prix), théâtre, bande dessinée (un projet de scénario adapté des « vacances d’un serial killer » avec Borris), roman, nouvelle… Le théâtre fait beaucoup appel à elle puisqu’elle a elle-même joué dans des pièces en wallon brabançon au Cercle l’Effort d’Ottignies. Parmi ses amitiés littéraires, il faut notamment citer Thomas Owen avec qui elle partageait un goût certain pour le fantastique, Bernard Noël, Marcel Moreau, Frédéric Dard et Jean-Pierre Jeunet côté cinéma. Pendant des années, elle donne des cours d’écriture de scénario en compagnie de Pascal Vrebos, à l’U.E.E. (Université européenne d’écriture créative et audiovisuelle). Elle a également rédigé des chroniques littéraires dans Père Ubu, journal satirique belge, pendant dix ans. Depuis 3 ans, elle écrit des critiques de polars pour Focus.

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Dans ce troisième tome Nadine Monfils nous plonge dans le quotidien d’une famille bourgeoise (les Rastignac) assez particulière. En effet, la mère passe son temps à coudre des paillettes partout, la fille aînée déteste sa famille et pratique les sciences occultes, le grand-père en fauteuil roulant crache son venin à tout va tout au long de la journée, l’un des fils est handicapé mental, l’autre a du mal à supporter sa femme et sa fille et la fille cadette est une prostituée. Bien, bien… Joli tableau n’est-ce-pas ? Un jour, alors que toute la famille (ou presque) est réunie pour célébrer l’anniversaire du patriarche, Madame Rastignac apprend une mauvaise nouvelle : la voiture de son mari a atterri dans un fossé et a explosé. Lui et le chauffeur sont morts sur le coup. Lou, la prostituée de la famille, demande alors au Commissaire Léon qu’elle connait bien puisque c’est un bon client, d’enquêter sur cet « accident ».

Encore une fois j’ai adoré cette enquête. La plume décalée et l’imagination de Nadine Monfils m’épatent toujours autant. On a, une fois de plus, une enquête rondement menée ainsi que des personnes tous plus tordus les uns que les autres. C’est toujours un véritable plaisir pour moi de découvrir un livre de cette auteure. Je m’attends à tout mais je reste toujours bluffée par cet humour noir cette palette de personnages qu’elle nous présente à chaque roman.

Bon vous l’aurez compris, Les enquêtes du Commissaires Léon est une bonne saga policière et humoristique à mes yeux. C’est toujours un vrai plaisir de se plonger dans l’univers décalé de Nadine Monfils. Je vous recommande ses bouquins si vous n’avez pas peur du gore et des descriptions détaillées et très crues (car oui il y en a). Ce troisième tome est moins trashe que les deux premiers mais on retrouve dans celui là l’humour noir que m’avait un poil manqué dans le deuxième tome. 

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« Depuis son accident, il avait appris beaucoup de choses… Principalement que les gens se cachent derrière un masque, et que quand ils le retirent ils se révèlent bien différents. Tous plus terrifiants les uns que les autres… »

« La haine est une arme terriblement efficace. Mais elle ignorait que ce sentiment, bien plus que l’amour, a un effet boomerang… »

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

En quête d’Elèna – Lise Pradère

Couverture En quête d'ElénaEn quête d’Elèna de Lise Pradère

Elena Vassiliev, jeune et brillante géologue, est retrouvée morte dans son appartement, le visage couvert d’ecchymoses, la tête dans une flaque de sang. Le commandant Gignac du SRPJ, policier solitaire et bourru, arrive sur place. Aucune trace d’effraction n’est relevée, mais une fouille rapide lui permet de trouver un carnet contenant des photos et des pages manuscrites, certaines écrites en langue étrangère, mélangées à des croquis et autres éléments ; un objet suspect qu’il va devoir décrypter. Des bureaux feutrés de la Défense, aux vallées oubliées de l’Isère, en passant par une plateforme pétrolière norvégienne, le commandant Gignac tentera d’en savoir davantage sur la victime et ses relations. Mais l’histoire de cette femme, qui fait écho à sa vie personnelle, risque de troubler sa vigilance. Un visage peut en cacher un autre…

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Edition : Flamant Noir  Genre : Thriller/Policier ◈ 280 pages ◈ Sortie : 2019 ◈ Ma note : 12/20

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Quelques mots sur l’auteure…

Lise Pradère est née entre lac et montagne à l’époque où il n’y avait qu’une seule chaîne de télé et pas d’école le jeudi. Comme il n’y avait pas non plus d’activités extra-scolaires, elle avait tout le temps de se plonger dans la lecture et d’inventer (déjà) des histoires de détective. Elle vit aujourd’hui entre Paris et la province : un pied sur le parvis de La Défense et l’autre dans les vignobles. Ses voyages, le monde du management, les faits de société, les évolutions technologiques et les héros discrets du quotidien sont des sources d’inspiration qu’elle aime agrémenter de touches d’humour.

Source

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Je remercie les Editions Flamant Noir pour ce roman !

En quête d’Elena est un roman qui, à la base, était sorti en 2017 en auto-édition. Aujourd’hui, les éditions Flamant Noir lui ont donné une seconde chance et donc le roman sort pour l’année 2019. Dans ce roman policier on va suivre Le commandant Gignac qui va enquêter sur la mort mystérieuse d’Eléna Vassiliev, une brillante géologue. En menant son enquête, il va constater que la vie de la jeune femme n’était pas de tout repos. En effet, cette dernière, qui aux yeux de ses collègues paraissait gentille et sans histoire, mène une double vie. En parallèle de cet homicide, Le commandant Gignac doit faire face à quelques petits problèmes d’ordre privé, problème qui concerne son fils et son ex-femme.

Les quelques avis que j’avais lu sur ce livre, m’avaient donné envie de m’y plonger. En effet, tous les avis étaient positifs et le résumé avait l’air vraiment intéressant alors je me suis lancée. Mais pour être honnête, même si l’enquête est plutôt bien menée, j’ai eu un peu de mal avec ce roman et ce dès les premières pages. Le souci vient uniquement des dialogues. Ils sont omniprésents dans le récit et j’ai trouvé qu’au bout d’un moment ça alourdissait un peu la lecture. Les quelques paragraphes descriptifs me faisaient un bien fou. Ils me permettaient de souffler un peu. L’humour présent dans le bouquin ne m’a pas spécialement fait sourire. Bien que j’ai trouvé que le roman avait quelque qualité, j’ai eu beaucoup de difficulté à faire abstraction des dialogues qui me dérangeaient beaucoup et j’en suis la première désolée puisque, je suis certaine, il y avait du potentiel. Même avec le protagoniste j’ai eu un peu de mal. Antoine Gignac est un homme à qui on est censé s’attacher j’en suis sûre, mais moi je n’ai pas réussi. Divorcé, père d’un garçon avec qui il essaie de garder de bon rapport, doué dans son métier et passionné par ce qu’il fait, c’est un homme brillant, qui a de l’expérience et qui ne peut que plaire. Il est plutôt assez bien développé dans le récit, l’auteure a mis un point d’honneur à travailler son personnage, c’est un point plutôt positif mais malgré tout, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à lui. En fait j’étais butée sur la pluralité des dialogues qui, j’avais l’impression, n’en finissaient plus et par conséquent j’avais des difficultés à me concentrer sur autre chose.

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Pour ce qui est de l’intrigue et de l’enquête, si je ne devais juger que cela, disons que ça l’a globalement fait même si j’avais l’impression parfois de ne pas trop savoir où cette histoire allait me mener. L’enquête avance assez lentement mais ce n’est pas pour me déplaire. L’auteure prend son temps pour poser le décor ainsi que le contexte. Beaucoup d’indices vont peu à peu faire surface et amener notre commandant sur de nombreuses pistes. L’on va d’abord penser à un crime passionnel, puis à un crime organisé par la mafia et enfin l’on va croire à un assassinat ayant un lien avec la politique. L’auteure va donc, durant tout le récit, nous balader entre ces différentes hypothèses et l’on va, par ce biais, découvrir la vie tumultueuse de notre victime. Vous l’aurez donc compris, le lecteur va être dès le départ plongé dans une intrigue à plusieurs facettes et va devoir, comme le commandant Gignac démêler ce gros sac de noeuds. Cet aspect là de l’enquête m’a bien plu dans l’ensemble même si j’avais l’impression d’être un peu perdue parfois. Et pourtant, l’auteure sait où elle va. L’intrigue est bien construite mais ce jonglage entre les différentes hypothèses peut, peut-être, vite agacer. Un petit point négatif cependant à relever, mais ça ne concerne que moi, c’est peut-être le côté un peu technique présent dans certain passage (notamment ceux concernant l’informaticien geek), où là je me sentais un peu larguée par moments. 

Si je devais soulever un autre point positif je dirai l’équipe qui entoure notre enquêteur. Même si eux ne sont pas aussi développé que le Commandant Gignac (car on ne sait pas grand chose d’eux), ils jouent tous un rôle important. Chacun à son niveau apporte une pierre à l’édifice et c’est ensemble qu’ils avancent dans l’enquête. Le mérite revient à tout le monde et pas uniquement à Antoine Gignac et j’ai trouvé cela bien et judicieux de la part de l’auteure de nous montrer qu’un homicide ne se résout pas tout seul et que l’enquête ne tourne pas autour que d’un personnage. Cela, j’avoue m’a beaucoup plu et m’a paru plutôt original. Le travail d’équipe est mis en avant et le personnage d’Antoine Gignac n’apparaît pas comme un génie qui trouve tout tout seul et c’est très positif.

Pour conclure je dirai qu’En quête d’Eléna a été une lecture plutôt en demi-teinte pour moi. Des points positifs il y en a : l’intrigue qui est bien ficelée, les différentes pistes que vont explorer les policiers, le travail d’équipe qui est fait autour de cette enquête. C’est également un livre court qui se lit relativement vite. Mais à côté de ça on a l’omniprésence des dialogues qui, même s’ils sont agréables au début, car ils donnent un certain rythme au récit, finissent vite par alourdir l’histoire. Pour ma part, l’ennui a failli plusieurs fois pointer le bout de son nez à force d’être plongée dans des pages et des pages de dialogue. 

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« J’utilise souvent la métaphore du chat et de la souris pour évoquer la relation du pervers narcissique et de sa victime : Un chat manipule la souris tel un pantin. Il la jette, puis la rattrape. La tient entre ses pattes sans la toucher, la regardant avoir peur, puis la laisse s’enfuir pour mieux lui courir après. Il est capable de jouer avec elle comme ça durant des heures, jusqu’à ce qu’elle s’épuise et ne bouge presque plus. Mais il ne la tue que rarement. Car ce qui l’amuse, c’est quand elle essaye de s’enfuir, qu’elle lutte. Mais si elle agonise ou meurt, alors, il s’en désintéresse complètement et part en chasser une autre. Le PN agit exactement pareil avec sa victime. »

« La jeune femme était allongée dans le salon, drapée dans un peignoir rose, ses longs cheveux blonds relevés en chignon. De loin, on aurait pu croire à une scène de série à l’eau de rose. De près, on était plutôt dans une série noire : son visage portait des ecchymoses et sa tête reposait dans une mare de sang. Les apparences sont parfois trompeuses. »

Chronique, Fantasy/Fantastique, Thriller/Policier/Horreur

Les morts ne pleurent pas : l’assassin aux perles – Eve Ruby Lenn

Les morts ne pleurent pas : l’assassin aux perles – Eve Ruby Lenn

Londres, décembre 1843.
Le corps d’une deuxième femme vient d’être découvert. Scotland Yard se retrouve dans l’impasse, alors que les crimes se poursuivent. Pour faire avancer cette enquête complexe, l’inspecteur Dorian Griffiths en appelle au Dr Johnstone, un expert médico-légal confirmé qui dirige une entreprise de pompes funèbres.

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Edition : Librinova  Genre : Policier/Fantastique ◈ 236 pages ◈ Sortie : 2019 ◈ Ma note : 14/20

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Je remercie Eve Ruby Lenn pour l’envoie de ce livre !

Dans ce roman on va suivre l’inspecteur Dorian Griffiths qui enquête sur un mystérieux tueur baptisé : l’assassin aux perles, qui s’en prend à des femmes, les torture et les tue. Plus les jours passent et plus les meurtres sont de plus en plus violents. De plus, Scotland Yard commence à mettre la pression à notre enquêteur. Se trouvant dans une impasse, il décide de faire appel au Dr Johnstone, dirigeant de pompes funèbres mais également expert dans le milieu médical. Grâce à lui et à sa fille l’inspecteur Dorian Griffiths espère bien attraper et stopper une bonne fois pour toute le tueur aux perles qui terrorise la ville de Londres. 

Eve Ruby Lenn, je l’ai découverte grâce à son livre Les Ombres, tome 1 les Observateurs que j’avais adoré (d’ailleurs il faut que je lise la suite). J’avais beaucoup aimé les personnages, l’univers qu’elle avait construit, l’ambiance sombre et pesante qui régnait dans le roman, la plume etc… Vous l’aurez compris, ce livre avait fait l’objet d’une excellente lecture pour moi. Par conséquent, quand j’ai vu que son nouveau roman Les morts ne pleurent pas : l’assassin aux perles était sorti, je ne pouvais pas passer à côté. Je l’ai donc demandé en service presse et je l’ai reçu de la part de l’auteure et j’en profite pour la remercier !

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Aussitôt reçu, aussitôt lu ! Et je dois avouer que j’ai un avis un brin mitigé sur ce roman et j’en suis la première désolée. Il faut savoir, dans un premier temps, que ce livre se lit tout seul. La plume d’Eve Ruby Lenn est toujours aussi fluide, elle est simple mais très efficace, j’aime beaucoup son style, personnellement. Ensuite, j’ai trouvé qu’au niveau de l’intrigue, ce roman était plutôt surprenant, surtout vers la fin lorsqu’enfin « les masques tombent », je ne m’attendais pas du tout à ce revirement de situation si l’on peut dire. J’ai été surprise pour le coup, j’ai trouvé que le chemin que prenait l’auteure était à la fois original et perturbant, tant je n’ai pas l’habitude de voir cela. Pour ce qui est de l’intrigue je l’ai trouvé, dans l’ensemble, relativement bien amenée et bien ficelée. L’auteure fait un peu traîner les choses et est avare en rebondissement mais ça va, cela ne m’a pas dérangé, ce n’est pas pour autant que j’ai trouvé que l’histoire comprenait des longueurs. Non. Le récit n’est pas très rythmé mais on est loin de s’ennuyer car il y a cette petite pointe de mystère qui tient le lecteur en haleine. Eve Ruby Lenn a réussi à maintenir un léger suspense dans son histoire sans en faire des caisses et sans que cela soit lourd et c’est plutôt plaisant. 

Alors, oui, je suis plutôt en train de vanter le livre, donc vous vous demandez pourquoi, après tous ces points positifs évoqués, j’ai un avis un poil mitigé sur ce roman ? Et bien c’est tout simplement, et en grande partie, à cause des personnages et à cause de certaines petites choses qui sont restées trop en surface pour moi et qui méritaient un peu plus de détails et de profondeur. De la profondeur justement c’est ce qui manque aux personnages de ce roman. J’ai eu beaucoup de mal à ressentir un sentiment quelconque à leur égard et cela me frustre beaucoup. Je les ai malheureusement trouvé plats. Au début, le personnage de Trinity me plaisait énormément, mais j’ai été un peu triste de voir qu’au fil des chapitres elle passait au second plan et qu’elle perdait de sa force de caractère qui m’avait séduite au début de l’histoire. Pour l’époque (car je rappelle que l’histoire se déroule à Londres dans les années 1840), je trouvais qu’elle avait de l’audace, du peps et qu’elle ne se laissait pas marcher sur les pieds par les hommes. Mais, je ne sais pas pourquoi, j’ai constaté que plus on avançait dans l’intrigue plus Trinity s’effaçait et perdait de sa superbe. Quelle déception pour moi car c’était le seul personnage qui m’intéressait réellement. Le personnage de Trinity laisse donc la place à celui de l’inspecteur Griffiths qui ne m’a que peu convaincu. Toujours le même souci, ça manquait de profondeur. Il ne faut pas oublier qu’en dehors de l’intrigue il y a des personnages, ce sont quand même eux qui font l’histoire. S’ils ne sont pas développés correctement alors pour moi l’histoire n’est pas pleinement abouti. Et c’est ce sentiment qui ressort un peu de ma lecture. Car du potentiel et du talent il y en a, y’a pas de doute la dessus. L’univers et la plume de l’auteure sont très bien. L’ambiance est très bien géré mais voilà, il manquait des détails sur les protagonistes. J’aurai donc préféré que l’auteure écrive beaucoup plus de page et prenne le temps de nous présenter le passé et la vie de ses personnages afin que le lecteur puisse pleinement comprendre toutes les subtilités de l’histoire. 

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Pour ce qui est de la fin de l’histoire, comme je l’ai dit plus haut, je l’ai trouvé originale, surprenante certes mais également perturbante. Et je voulais revenir la dessus, sur le fait que j’ai été quelque peu perturbée par le dénouement final. Je persiste et signe, les révélations qui sont faites sont vraiment originales mais j’ai trouvé que cela arrivait trop subitement. En fait, comme on a des personnages qui ne sont pas énormément développés, à mes yeux, c’était un peu trop irréaliste en fait. Je vais essayer de ne pas spoiler mais comme on a très peu d’informations sur les personnages il m’a manqué la réponse à la question : pourquoi ? Même si l’auteure nous explique c’était trop peu à mon goût. J’avais besoin de beaucoup plus pour y croire pleinement. Plus de développement, plus d’anecdotes, plus de détails sur le passé des personnages etc… On était trop en surface à mes yeux. Il en va de même pour Trinity et la révélation qui nous ait fait à son sujet. C’était trop : c’est comme ça et pas autrement. Moi j’ai besoin de plus que ça. D’où ça vient ? Pourquoi elle ? Comment elle le vit ? Comment c’est arrivé ? Comment elle l’a appris ? Et là, je suis un peu restée sur ma faim. 

En tout cas pour conclure je dirai qu’il faut que vous vous fassiez votre propre opinion sur ce livre. Il a des qualités : l’ambiance, la plume de l’auteure, l’originalité de la fin, une intrigue peu rythmée mais bien amenée et bien ficelée, une petite pointe de mystère et de suspense qui plane quand même au dessus de cette enquête etc… Mais il a, et cela n’engage que moi, un petit défaut au niveau des personnages qui sont restés trop plats à mes yeux et à qui il manquait de profondeur. Il en va de même pour certaines révélations ou certains événements qui sont très intéressants mais qui nécessitaient plus de développement.

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« Assise sur un tabouret, elle déglutissait avec peine une préparation à base de citron, pour tenter de dissiper la nausée qui ne la quittait pas. Ce matin, les couleurs lui paraissaient plus fades que d’ordinaire, le monde plus cruel, la vie plus ingrate. A quelques pieds d’un cercueil ouvert, elle observait le corps de son amie avec désagrément. »

« Pour Trinity, ce matin-là ressemblait à des centaines d’autres matins, hormis une odeur intensément fétide et relativement obsédante lui torturait l’odorat. Par habitude, elle reconnaissait parfaitement cette effluve : celui de la chair humaine en décomposition. »

Chronique, Fantasy/Fantastique, Thriller/Policier/Horreur

La voie des âmes – Laurent Scalese

couv53060227La voie des âmes de Laurent Scalese

Elles sont partout, elles sont invisibles, elles se sont emparées de nos corps et veulent nous posséder. Ce sont les âmes noires de nos ancêtres. Un seul homme pourra les combattre. Pour sauver la femme qu’il aime… Richard Neville est un flic français comme il en existe peu. En touchant la main d’une victime il parvient à reconstituer les derniers instants de la vie de celle-ci, et à identifier son assassin – ce qui lui vaut d’être régulièrement sollicité par les polices du monde entier. Cette fois à NY il est parti en mission accompagné de sa femme Clara… assassinée en pleine journée à Central Park. Lui, le super flic, n’a pas pu protéger l’amour de sa vie, la mère des ses enfants… Mais dès le soir du meurtre d’étranges incidents surviennent : Richard pense d’abord que Clara cherche à communiquer avec lui de l’au-delà. Jusqu’à ce qu’une femme étrange le visite pour lui proposer un marché incroyable : revenir quelques instants avant le meurtre de sa femme pour qu’il essaie de la sauver, en échange de son obéissance aveugle…

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Edition : Pocket  Genre : Thriller/Fantastique ◈ 736 pages ◈ Sortie : 10 Novembre 2016 (poche) ◈ Ma note : 14/20

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Quelques mots sur l’auteur…

Né à Avignon en 1697, Laurent Scalese est auteur de romans policiers et scénariste pour la télévision et le cinéma. Il a une enfance sans histoire. Il ne porte pas l’école dans son coeur, même si il est loin d’être le plus mauvais élève de la classe. Il préféré les dictées et les rédactions aux mathématiques et aux sciences, physiques et naturelles. Attiré très vite par la lecture, il dévore Agatha Christie, Conan Doyle, Isaac Asimov ou encore Stephen King, fasciné par le côté effrayant des intrigues. Après quelques tentatives d’écriture tirant vers le fantastique, il entame une carrière professionnelle dans le prêt-à-porter mais la plume le démange toujours… En trois ans, il rédige quatre romans ainsi qu’un recueil de nouvelles d’anticipation. Heureux d’être classé parmi les dix premiers d’un concours de nouvelles policières, il décide d’approfondir et se lance dans la rédaction d’un polar : son premier roman, « Le Samouraï qui Pleure », paraît en 2000, puis dans la foulée « L’ombre de Janus », une histoire du tueur en série, qui le rapproche un peu plus des éditeurs et élargit son public. Il est aujourd’hui un scénariste reconnu pour la télévision. Il est le co-créateur de la série Chérif.

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Richard Neville est un policier français dont la renommée n’est plus à faire. Un jour où il est sur une scène de crime à New-York, son coéquipier, Mike Rosner, reçoit un coup de téléphone qui va détruire la vie de Richard. Sa femme, Clara vient d’être retrouvée dans un parc, assassinée. Afin de retrouver le meurtrier de l’amour de sa vie, Richard va utiliser son don. Il peut, par un simple touché, avoir un flash sur les derniers instants des victimes et par conséquent savoir qui les a tué. De retour dans son pays natal, Richard a du mal à se remettre de la mort de Clara. Et quand une mystérieuse femme du nom de Nancy lui propose de remonter le temps afin de sauver la femme de sa vie, il ne peut qu’accepter. Bien entendu, rien n’est jamais gratuit ! Richard va très vite comprendre que cette proposition en or cache en réalité un sombre secret.

Ce livre, je suis tombée dessus par hasard un jour alors que je déambulais dans les rayons de la Fnac. Le résumé m’avait intriguée, interpellée même et donc je l’ai pris. Mais malheureusement, comme bon nombre des livres que je possède, il est resté dans ma PAL pendant plus d’un an et demi. J’ai donc décidé de le sortir afin de le lire. Et j’avoue avoir un avis assez partagé sur ce roman.

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Tout d’abord, il faut l’admettre, la plume de l’auteur est vraiment très fluide. Les pages se tournent toutes seules, c’est vraiment agréable pour le lecteur. Et j’ai envie de dire : Heureusement ! Car, pour tout vous avouer, s’il n’y avait pas cette fluidité dans l’écriture j’aurai, je pense, abandonné ma lecture. Je vais vous expliquer pourquoi. La première partie du roman (qui représente environ 200 pages) est vraiment très bonne. L’auteur attise la curiosité du lecteur et le récit est vraiment prenant et addictif. Je me suis même dit que j’allais peut-être avoir mon premier coup de coeur de l’année 2019. Si, si je vous jure. J’étais happée par l’histoire, je la trouvais très rythmée, très mystérieuse. J’adorais la façon dont l’auteur avait de mélanger à la fois le thriller et le fantastique. Cette petite pointe de paranormal dans un roman policier c’est quelque chose qui m’attire et donc forcément je ne pouvais qu’être comblée. Et je l’étais.

Du moins jusqu’à un certain point car pour une raison que j’ignore encore jusqu’à présent, passé les 200 premières pages j’ai commencé à décrocher. Le livre m’apparaissait comme étant sans fin. J’avais le sentiment que je ne verrai jamais le bout de l’histoire. Une lenteur s’est installé petit à petit. J’avais le sentiment que l’auteur brodait des pages et des pages et par conséquent, à mes yeux, l’histoire n’avançait plus, elle stagnait. Les chapitres étaient difficiles à terminer. J’avais le sentiment qu’une sensation de lourdeur s’était installée dans l’intrigue. Je reposais sans cesse le bouquin, je lisais un chapitre par un chapitre. C’était lourd, c’était long, c’était pesant et par conséquent, l’attrait que j’avais pour l’histoire a complètement disparu. Si je devais être précise, je dirai que tout à commencé à partir en cacahuète lorsque le lecteur fait la connaissance du personnage de Nancy et quand cette dernière rencontre Richard. A partir de ce moment je me suis sentie, pas perdue mais presque. L’alternance des points de vue s’est enchaînée et j’étais comme déroutée par ma lecture, alors que, d’habitude, c’est quelque chose que j’apprécie beaucoup dans une lecture. Mais là je ne sais pas pourquoi ça ne l’a pas fait. Peut-être parce que c’était mal amené ? En tout cas cela a rendu ma lecture très compliquée. J’avais vraiment du mal à me projeter dans ce roman. Je ne savais pas où l’auteur voulait en venir et c’était vraiment perturbant. 

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En revanche, j’ai aimé la fin. Les 50 dernières pages ainsi que l’épilogue m’ont beaucoup plu et j’étais surprise de voir le chemin qu’avait emprunté l’auteur pour conclure son histoire. J’ai trouvé que c’était plutôt bien penser et par conséquent je ne regrette pas d’avoir un peu fait le forcing pour terminer ce roman. C’est une fin à laquelle je ne m’y attendais pas vraiment (je parle surtout de l’épilogue), même si, en y réfléchissant c’était un poil invraisemblable. Mais bon, allez ça peut passer, ça peut le faire. Ce petit manque de crédibilité ne m’a en aucun cas gêné, au contraire, j’étais plutôt satisfaite que l’auteur choisisse ce genre de conclusion. Autre chose que j’ai aimé, car oui il y a des points positifs dans ce bouquin, c’est les différents thèmes que l’auteur aborde. A travers ces deux personnages que tout oppose, à savoir Richard et Mike, l’auteur en profite pour nous parler de vie de couple compliqué, d’amour, de trahison, d’aventure extraconjugale etc… mais surtout de la mort et du deuil. 

Pour conclure je dirai que « La voie des âmes », a été une lecture un peu en demi-teinte pour moi, avec des points forts et des points faibles. C’était une lecture qui avait bien démarrée mais qui s’est essoufflée au fil des pages. Cela dit, l’intrigue reste bien dans l’ensemble, la fin ainsi que les personnages sont intéressants. Ce livre, malgré ces petits problèmes de lourdeur et de longueur, mérite malgré tout que l’on s’y intéresse.

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« Si vous deviez choisir entre sauver l’amour de votre vie et sauver le monde, que choisiriez-vous ? »

« Le point faible de l’homme, c’est sa peur obsessionnelle de la mort. Les siècles n’y font rien, il n’arrive pas à accepter l’idée de disparaître. La mort lui gâche la vie, plaisantait-elle. »

« La mort est certaine. Seul le moment nous est inconnu. »

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Les enquêtes du Commissaire Léon, T2 : La nuit des coquelicots de Nadine Monfils

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Trois amies rentrent à Neuilly en voiture après s’être bien amusées. Soudain, une petite fille surgit au milieu de la route, tenant un bouquet de coquelicots. Du sang gicle sur le pare-brise… C’est la fin de tous les rêves ! La vie de ces trois femmes va basculer dans le cauchemar. Tout se déglingue. Un implacable meurtrier rôde… Le commissaire Léon va tenter de dénouer les fils de cette histoire diabolique.

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Edition : Pocket  Genre : Policier ◈ 219 pages ◈ Sortie : 2015 ◈ Ma note : 17/20

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Quelques mots sur l’auteure…

Nadine Monfils, née le  est une écrivaine et réalisatrice belge, vivant à Montmartre. Mariée, mère de deux enfants, Nadine Monfils enseigne la morale et publie en même temps son 1er livre Contes pour petites filles perverses aux éditions le Cri. Éclectique, elle excelle dans tous les genres : poésie (douze prix), théâtre, bande dessinée (un projet de scénario adapté des « vacances d’un serial killer » avec Borris), roman, nouvelle… Le théâtre fait beaucoup appel à elle puisqu’elle a elle-même joué dans des pièces en wallon brabançon au Cercle l’Effort d’Ottignies. Parmi ses amitiés littéraires, il faut notamment citer Thomas Owen avec qui elle partageait un goût certain pour le fantastique, Bernard Noël, Marcel Moreau, Frédéric Dard et Jean-Pierre Jeunet côté cinéma. Pendant des années, elle donne des cours d’écriture de scénario en compagnie de Pascal Vrebos, à l’U.E.E. (Université européenne d’écriture créative et audiovisuelle). Elle a également rédigé des chroniques littéraires dans Père Ubu, journal satirique belge, pendant dix ans. Depuis 3 ans, elle écrit des critiques de polars pour Focus.

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Dans ce deuxième tome on retrouve notre Commissaire Léon et son fidèle chien Babelutte pour de nouvelles aventures. En effet, on va ici replonger dans une ancienne affaire : celle d’une fillette qui, une nuit, a été renversée par une voiture. Les trois amies responsables de cet accident n’ont jamais été arrêtées. Quelques années plus tard, le passé finit par rattraper les trois femmes. 

J’avais énormément aimé le premier tome et c’est donc avec beaucoup de joie que je me suis plongée dans la lecture de ce deuxième tome. Deuxième tome qui, pour ma part, a été meilleur que le premier. J’ai adoré me replonger dans l’univers loufoque de Nadine Monfils. Son talent n’est plus à prouver et sa plume acérée est toujours aussi agréable à lire. Encore une fois, elle nous étonne dans son style d’écriture très particulier mais qui fonctionne tout de même très bien. Si le premier tome tournait beaucoup autour de l’humour ici Nadine Monfils nous réserve quelque chose de plus trash, de plus cru et de plus sanglant. En effet, le lecteur est plongé dans une histoire macabre où ne règnent que la violence et la vengeance. Par conséquent, il faut que vous soyez prévenus, le gore est omniprésent dans ce roman ainsi que les scènes osées qui sont, pour le coup, vraiment très cru. L’auteure ne mâche pas ses mots et ce style de langage peuvent en agacer plus d’un. L’auteure ne fait pas dans la dentelle, son humour noir et la description très détaillée de ces scènes de sexe peuvent donc heurter la sensibilité de certains.

Mais malgré toute cette haine et cette violence, Nadine Monfils parvient tout de même à y glisser quelques touches d’humour, qui donne un petit coup de fraîcheur à cette intrigue bien sombre. C’est ce qui fait tout le charme de cette auteure et c’est, entre autres, pour cette raison que je l’apprécie. Vous l’aurez donc compris, j’ai adoré retrouver cette pluralité de personnages atypiques qui peuplent l’univers de Nadine Monfils et je vous invite à les découvrir. 

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Pour ce qui est de l’enquête policière, là encore j’ai été séduite. Si dans le premier tome je regrettais un peu le fait que l’enquête soit un brin trop simple à mon goût, ici ça n’est pas le cas. Le côté policier du roman est beaucoup plus mis en avant que dans Madame Edouard où clairement l’auteure n’avait fait que planter le décor et nous présenter ses personnages. L’humour laisse donc facilement la place à une intrigue policière très bien ficelée et addictive. Pour notre plus grand plaisir, Nadine Monfils a ici mis l’accent sur les meurtres et sur le « tueur en série » et délaissé un peu ses personnages déjantés.

Pour conclure je dirai que La nuit des coquelicots est un roman où l’humour, certes toujours présent, est mis de côté afin de faire la lumière sur les meurtres ainsi que l’enquête policière. C’est donc un tome moins drôle et plus trash mais il reste, pour moi, tout aussi efficace. La plume de l’auteure est également beaucoup plus crue dans ce tome-ci, donc âmes sensibles s’abstenir ! J’ai personnellement préféré ce deuxième tome. Je vous conseille cette saga si vous souhaitez sortir du polar traditionnel. C’est drôle, addictif, attrayant et gore à la fois. Moi, en tout cas, Nadine Monfils ne cessera pas de m’étonner et j’ai hâte de me plonger dans le troisième tome qui est déjà présent dans ma PAL.