Chronique, Jeunesse/Aventure

Celle qui marche la nuit – Delphine Bertholon

couv73484666Celle qui marche la nuit de Delphine Bertholon

« Nous sommes donc arrivés à destination sous une pluie battante. Il était seize heures, mais on aurait dit qu’il faisait nuit. Une pancarte en bois piqué annonçait : « La Maison des Pins ». Elle se balançait, lugubre, grinçait dans le vent ; on se serait cru dans un bouquin de Stephen King. » Malo, 15 ans, déménage, et doit quitter à regret son quotidien parisien. Aussitôt installé dans le sud de la France, il est gagné par l’angoisse. La Maison des Pins, isolée au milieu des bois, semble tout métamorphoser. Les parents de Malo sont absorbés par les travaux de rénovation, Jeanne, sa petite sœur, se réveille en hurlant, parle aux murs et s’est liée d’amitié avec une jeune fille… qu’elle est la seule à voir. Lorsque Malo découvre une vieille cassette audio, vestige d’un passé qui exige de refaire surface, l’adolescent décide de percer, coûte que coûte, le terrible secret qui hante la demeure.

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Edition : Albin Michel  Genre : Jeunesse ◈ 237 pages ◈ Sortie : 30 Janvier 2019 ◈ Ma note : 15/20

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Quelques mots sur l’auteure…

Delphine Bertholon, née en 1976 à Lyon, est une romancière et scénariste française. Elle est naît à Lyon et écrit depuis l’âge de six ans, âge auquel elle remporte un modeste concours de poésie. Après des études de lettres, elle se destine au professorat, mais y renonce pour se consacrer à l’écriture. Dans la vingtaine, elle commence à publier ses premiers romans. Elle écrit également des scénarios pour la télévision, comme Yes We Can, afin de vivre plus confortablement de sa plume. 

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Dans ce petit roman jeunesse on va suivre Malo, adolescent de quinze ans qui vit en plein centre de Paris avec son père, sa belle-mère et sa petite soeur Jeanne. Malo est un garçon parmi tant d’autres, il aime faire du skate, sortir, boire un verre avec ses copains, se balader dans les rues de Paris et surtout son petit confort. Tout bascule pour lui quand son père, musicien de carrière, décroche un poste plus prestigieux. La famille doit alors déménager dans un endroit reculé à Nîmes. En arrivant sur place, c’est une grande et vieille maison, appelé pour communément La Maison des Pins, qui se dresse devant notre adolescent. Les jours passent et Malo à le mal du pays. Il ne se sent pas du tout à l’aise dans cette demeure et trouve que sa petite soeur change de jour en jour. Des choses étranges vont se produire et le jeune garçon a un mauvais pressentiment. 

J’ai bien aimé ce petit roman jeunesse avec une touche de paranormal et pourtant, j’ai l’impression de ne pas avoir grand chose à vous raconter. Cela est sans doute dû au fait que ce bouquin est très court (à peine 240 pages). Globalement, j’ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de Malo et sa petite famille. L’écriture jeunesse de ce livre ne m’a pas dérangé même si j’attendais, je l’avoue, à quelque chose de plus poussé et de plus « mature » en terme d’écriture. Mais cela dit, la plume de Delphine Bertholon est très bien et très fluide. Son livre se lit très rapidement. J’ai trouvé que la plume était simple et accessible aux plus jeunes. L’histoire n’est pas très effrayante en soi mais l’on peut dire que l’auteure a su entretenir une petite part de mystère. En effet, j’ai moi-même été captivée par l’histoire de Malo et par les choses inquiétantes qui rôdent autour de lui. Les petites touches de surnaturel dissimulées un peu partout dans le roman sont dosées comme il le faut. L’auteure n’en a pas fait des caisses. Cela reste subtil et bien amené. Même si le dénouement final n’est pas dingue, ce roman fait son petit effet et par conséquent je l’ai beaucoup aimé.

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Je me suis également prise d’affection pour le personnage de Malo. Je l’ai trouvé très vrai, très réaliste, très authentique. C’est rare qu’un personnage de roman m’apparaît aussi « réel ». Je ne sais pas trop comment l’expliquer mais j’ai trouvé ses réactions justes. Elles ne sont en aucun cas disproportionnées ou aberrantes. Malo est un garçon qui a du courage certes mais il sait également où sont ses limites. J’ai trouvé cela judicieux de la part de Delphine Bertholon de ne pas nous avoir pondu un personnage surfait. C’est un adolescent rempli de bon sens et réfléchit. Il reconnait ses faiblesses et sait où il doit s’arrêter. En clair, nous n’avons pas en face de nous LE héros, LE mec super cool et super courageux. Non. On a devant nous un adolescent qui se pose les bonnes questions et qui a des réactions normales. Cela change un peu de tous ces récits où le héros est surdoué, super chanceux, super canon, super courageux, super mature pour son âge et j’en passe. Ses réactions et ses agissements sont celles d’un enfant de quinze ans ni plus ni moins. Et je remercie donc l’auteure pour cette belle bouffée de normalité et de réalité. Choses que beaucoup d’auteurs oublient parfois. Comme quoi, pas forcément besoin d’un protagoniste super badass pour écrire une bonne histoire. 

Alors, bien entendu, ce livre qui parle de fantôme n’innove pas non plus le genre. On reste dans une petite histoire d’épouvante plutôt sympa et accessible à tous. Le décor (une maison dans le Sud de la France où le soleil et la chaleur sont rois) change un peu des décors sombres et tristounets que l’on a l’habitude de voir. C’est intéressant. L’intrigue en elle même est rondement bien menée. Les rebondissements ne sont que très peu présents mais ne sont vraiment pas nécessaires pour apprécier pleinement l’histoire. L’auteure a choisi de rester dans la sobriété, sans en faire des tonnes et c’est plutôt une bonne chose. Des références culturelles (notamment sur Stephen King ou sur la culture cinématographique) sont présentes dans le roman pour le plus grand bonheur de ceux qui adorent cela. Moi, personnellement, j’ai souri de temps à autre mais sans plus. Ce n’est pas cela qui a m’a captivé durant ma lecture mais je préfère vous en parler quand même. 

Pour conclure je dirai que Celle qui marche la nuit est un roman jeunesse sur un fond paranormal qui est bien écrit et qui mérite que l’on s’y intéresse. Rien de transcendant en soi, c’est vrai, mais une intrigue simple qui fait son petit effet et qui fait un bien fou. J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. Je me suis laissée embarquer dans cette histoire et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Mais après cela reste du jeunesse, il n’y a donc rien de transcendant, rien d’innovant dans ce roman.

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« J’ai souri à nouveau.
– Oui, je préfère.
– Super. Alors, tiens-moi au courant. Et arrête de fantasmer sur des fantômes : c’est vraiment dégueulasse. »

« – Pardon pour tout à l’heure, ai-je finalement murmuré. Je ne voulais pas te faire mal. j’ai eu peur, c’est tout. Mais je suis vraiment désolé.
– Je sais. Moi aussi, j’avais peur. Avant.
– Qu’est-ce qui a changé ?
– Je la connais, maintenant. C’est mon amie. Elle est drôle.
J’ai regardé Jeanne, sidéré. Un léger sourire flottait sur ses lèvres. Elle a poursuivi :
– Elle n’est pas méchante, tu sais. Elle veut juste qu’on l’aide. »

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Chronique, Fantasy/Fantastique, Jeunesse/Aventure, Saga

[Saga] Elia, la passeuse d’âmes – Marie Vareille

Trilogie Elia, la passeuse d’âmes de Marie Vareille.

“Les prophéties ne s’accomplissent que si quelqu’un a suffisamment de courage pour les réaliser”. Elia vit dans une dictature divisée en deux catégories : l’élite, les Kornésiens, et la classe exploitée, réduite en esclavage : les Nosoba. Elia est une Kornésienne. À quinze ans à peine, elle exerce en tant que passeuse d’âmes à l’hôpital de la capitale du pays : elle euthanasie tous ceux qui seraient considérés comme inutiles ou dangereux pour la communauté. Un jour, un jeune Nosoba, de la caste des intouchables parvient à la convaincre de l’aider à s’échapper, alors même qu’elle avait ordre de l’exécuter. Accusée de trahison, Elia s’enfuit…

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Edition : Belfond  Genre : Fantasy/Jeunesse ◈ Sortie : Entre 2017 et 2019 ◈ Ma note : 16/20

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Quelques mots sur l’auteure…

Marie Vareille, née le , est une romancière française. Ancienne élève du Lycée Hoche. Elle est diplômée de l’ESCP Europe et de l’Université Cornell. Son troisième ouvrage, Elia, la passeuse d’âmes, sort en . Elle se voit attribuer l’étoile 2016 du meilleur roman jeunesse par le quotidien Le Parisien en , est lauréate 2017 du Prix Pierre Bottero décerné par le festival Les Oniriques, du Prix Les Dévoreurs de Livres, et du Prix de la Peep Maroc. Le tome 2 de cette trilogie, Elia, la passeuse d’âmes Tome 2 : Saison Froide est publié en . La trilogie s’achève avec le dernier tome, Elia, la passeuse d’âmes Tome 3 : Saison Chaude, publié en mars 2019. Elle est également auteur d’un guide pratique Ecrire un roman: Comment devenir écrivain, écrire un livre et le faire publier décrivant méthodes et conseils d’écriture, paru en , et inspiré de sa propre expérience d’écrivain.

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Elia, la passeuse d’âmes T1.

Dans cette trilogie, on va suivre Elia, une passeuse d’âmes, qui vit dans un monde où la société est divisée en trois castes. On a les Kornésiens qui représentent l’élite de la société, les Askaris et les Nosoba qui sont ce que l’on peut plus communément appeler les « esclaves » de la société. Elia est, quelque part, une adolescente chanceuse puisqu’elle est Kornésienne. Depuis petite elle baigne dans la richesse et la luxure. Son travail dans la vie est d’être une passeuse d’âmes, autrement dit elle euthanasie les personnes qui ne sont plus utiles à la communauté (personnes âgées, personnes jugées dangereuses etc…). Bien que cette tâche nécessite d’être totalement dénués de sentiments et d’émotions, Elia, l’exécute non sans ressentir une pointe de tristesse. Un jour, on lui demande d’exécuter un jeune Nosoba qui doit avoir son âge. Lorsque le garçon arrive sur un brancard dans sa salle d’euthanasie, elle ne peut s’empêcher de trouver cela injuste. Au moment de procéder à sa mort, le jeune homme se réveille et finira par la convaincre de l’aider à s’échapper. Accusée par la suite de trahison envers sa Communauté, son père, l’aidera à fuir la ville et lui ordonnera de fuir chez les Nosobas.  

Elia et la passeuse d’âmes a été une très bonne lecture pour moi. Ce premier tome était palpitant à souhait et promettait une belle histoire derrière, remplie de rebondissements, de trahisons et de conflits. J’ai tout simplement adoré ! Et j’avoue que je ne m’attendais pas à aimer autant. L’univers proposé par Marie Vareille est simple dans son ensemble. On revient ici au temps où la société était divisée en castes et les habitants y étaient répartis en fonction de leur richesse (référence au Clergé, la Noblesse et le Tiers-Etats). Dans cette saga c’est la même chose, sauf que l’on rajoute en plus la modernité de notre monde actuel. Et cela fonctionne très bien ! L’auteure a su amener ses idées de façon intelligente puisque, petit à petit, au fil des pages, l’on se prend au jeu et l’on plonge totalement dans le quotidien de notre héroïne.

Découvrir l’organisation de cette société assez particulière a été, pour moi, un vrai régal même si, je dois le reconnaître, j’ai eu un peu de mal au début. Je pense que c’est là le petit point noir du roman. J’ai trouvé que Marie Vareille nous plongeait de manière trop brutale dans son univers. Le décor est planté dès la première page. Des mots dont la signification nous parle absolument pas, sont employés par l’auteure et le lecteur se sent un peu perdu. En tout cas, c’est ce que, personnellement, j’ai ressenti. Le début du roman a été un peu compliqué pour moi. L’auteure savait très bien où elle voulait en venir, elle savait très bien de quoi elle parlait, en revanche moi je ne comprenais pas. Il m’a donc fallu un petit temps d’adaptation. Une fois cela fait, j’ai littéralement bouffé ce premier tome. Quelle histoire ! Si vous recherchez de l’action et des rebondissements vous êtes au bon endroit. Autant vous dire que le récit est rythmé et dynamique à souhait. L’univers est très complexe mais cohérent du début à la fin.

Ajouter à cela une héroïne agréable à suivre et à découvrir, ce premier tome est donc forcément une réussite ! En effet, Elia est une jeune femme qui, tout au long du récit ne cesse d’évoluer. C’est une adolescente certes, mais elle est très mature et ne se laisse pas faire. Elle est courageuse, forte et autant vous dire que ces deux qualités ne sont pas superflues quand on voit les épreuves qu’elle va subir. Elle va également découvrir la vie des Nosobas et va se rendre compte qu’il y a une réelle injustice entre leurs deux mondes. Elle va elle même devoir vivre comme une Nosobas, comme une pestiférée, elle qui, à la base est après tout une Kornésienne, une passeuse d’âmes. Elle va rencontrer des personnes toutes aussi intéressantes à suivre les unes que les autres et bien entendu elle va revoir le jeune homme qu’elle a aidé, Solstan, à cause de qui elle a dû dire adieu à son ancienne vie. Je suis contente de voir que dés le premier tome il n’y a pas de romance entre les différents protagonistes. La romance est quelque chose que je n’affectionne pas particulièrement, encore moins si celle-ci n’est pas crédible. Et là, pas de romance ! Oh joie ! Bien qu’elle finira sûrement par arriver, au moins Marie Vareille a eu l’intelligence de ne pas reproduire ce schéma qui ne cesse de m’agacer : coup de foudre dès le premier regard. Merci donc Marie Vareille pour ce choix qui me comble de bonheur ! 

Pour ce qui est de la plume de l’auteure, elle est simple, fluide et efficace. Comme je l’ai dit plus haut, ce livre se bouffe à une vitesse, c’est hallucinant. Je n’ai pas vu le temps passer tellement j’étais absorbée par ma lecture et j’ai d’ailleurs enchaîné le tome 2 tout de suite après avoir terminer ce premier tome. La fin était, certes, prévisible mais le récit étant tellement addictif il me fallait absolument la suite. Après tout, l’issue reste quand même incertaine. J’avais besoin de retrouver le personnage d’Elia, auquel je me suis tout de suite attachée, et ses amis. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir tous ces personnages ainsi que l’univers de l’auteure. J’ai passé un très bon moment de lecture. Ce premier tome est une très belle réussite. Action, rebondissement, trahison, castes, injustices, politiques, amitié, une petite partie des mots qui peuvent résumer ce bouquin prometteur. 

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Elia, la passeuse d’âmes T2, saison froide.

Evidemment, ne lisez pas la suite si vous n’avez pas lu le second tome ou même le premier, sinon vous risquerez d’être spoilé.

Dans ce deuxième tome, l’histoire reprend là où on l’avait laissé dans le tome précédent et l’on continue de suivre notre passeuse d’âmes, Elia. Après avoir intégré le Conclusar en compagnie de Solstan, Elia doit maintenant faire face à de nouvelles épreuves afin de retrouver sa soeur Edeline. Cela ne va pas être bien compliqué puisque dés le premier jour, elle va apercevoir sa petite soeur participant à un combat à mort. Elia n’aura pas le temps de sauver sa soeur qu’elle se fera kidnapper et torturer.

Oui bon, il s’agit d’un résumé plutôt sommaire, je l’avoue. Mais j’essaie de ne pas entrer dans les détails pour ne pas trop spoiler non plus. C’est avec grand plaisir que je me suis replongée dans cet univers qui m’avait tant plu. D’ailleurs je n’ai pas dû attendre longtemps puisque je l’ai enchaîné tout de suite après la fin de ma lecture du premier tome. La plume de Marie Vareille est toujours aussi fluide et addictive. Là, pour le coup, je me suis plongée pleinement dans l’histoire dés le premier chapitre. Dans ce deuxième tome l’univers est un peu plus développé et l’auteure rentre dans le coeur de l’intrigue. Gros point positif dans cette suite c’est que l’on va suivre plusieurs histoires à la fois. En effet, l’auteure alterne les points de vus, par conséquent on suit la vie au Conclusar avec le point de vue d’Elia et Solstan et la vie dans le Secteur Nord avec Tim et Arhia. Et bien évidement de nouveaux personnages vont faire leur apparition comme par exemple Alek et les deux histoires vont finir par se rejoindre d’une façon ou d’une autre. Cette alternance des points de vue n’a fait qu’accentuer l’aspect addictif du récit. Cela apporte de la richesse à l’intrigue et permet au lecteur d’avoir connaissance de tout ce qui se passe et de pouvoir faire des suppositions, de chercher qui sont les gentils et les méchants au final. J’ai adoré tout simplement. 

Pour ce qui est de l’ambiance, j’ai trouvé que Saison froide était beaucoup plus sombre que le premier tome qui posait les bases de l’histoire. Les personnages s’endurcissent et prennent de plus en plus conscience de l’inégalité du monde dans lequel ils vivent et du coup cela augmente leur colère et leur détermination. Les dialogues sont devenus plus froids et plus durs et l’auteure n’hésitent pas à malmener ses personnages. C’est pour cela que, pour moi, ce livre n’est pas à considérer comme un livre jeunesse mais comme uniquement un livre de dystopie. Je dis cela car une personne de mon entourage m’a dit qu’elle n’osait pas se lancer dans cette saga de peur qu’elle soit beaucoup trop jeunesse à son goût. Et je me suis dis qu’elle ne devait pas être la seule à penser ça, du coup je préfère le préciser : pour moi ce livre n’est pas à catégoriser comme étant un livre jeunesse. Ce deuxième tome est brutal et traite de sujets durs et pertinents comme par exemple : la politique, la façon de gouverner un pays, la dictature, la guerre, la révolution, la mort, la torture et j’en passe. Je doute que ce soit très jeunesse tout ça. Cette saga amène vraiment le lecteur à réfléchir et à se poser des questions.

Marie Vareille est vraiment une auteure à suivre. Je pense sincèrement me pencher ses autres romans comme par exemple Là où tu iras j’irai, même si c’est du contemporain et que ce n’est pas trop mon truc j’ai envie d’essayer parce que voilà, j’aime ce qu’elle fait et que son style m’intéresse beaucoup. Pour en revenir à Elia, la passeuse d’âmes, comme je le disais, dans ce deuxième tome l’histoire s’assombrit. Des morts commencent à apparaître et on entre davantage dans le vif du sujet. Des révélations pointent le bout de leur nez et elles sont plutôt excellentes, de quoi maintenir le lecteur dans l’incertitude quant à la suite des événements. Concernant la fin… Alors là… J’ai été plus que scotchée ! Non mais un conseil : ne lisez pas le tome 2 si vous n’avez pas le tome 3 déjà disponible prés de vous dans votre PAL, vous allez mourir sinon !

Pour conclure je dirai que ce deuxième tome est dans la même lancée du premier. L’univers est toujours aussi riche et plein de rebondissements, avec des personnages qui grandissent et qui s’endurcissent. L’atmosphère devient plus sombre et plus pesante. Des choix vont devoir être faits, le suspense est bien là et la fin est à vous arracher les cheveux (dans le bon sens naturellement). L’alternance des points vus donne du dynamisme au récit, pas le temps pour le lecteur de s’ennuyer. L’intrigue est toujours aussi addictive, on en redemande et c’est pour cela que j’ai enchaîné avec le troisième tome.

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Elia, la passeuse d’âmes T3 : Saison chaude

Une fois n’est pas coutume, on reprend l’histoire là où on l’avait laissée. Les méchants ont repris le pouvoir et nos héros essaient de mettre fin à la dictature qui s’est installée. Elia doute de plus en plus d’elle même. Elle constate que tous les gens qu’elle aime meurent chacun leur tour. Mais quand elle apprend que Sol n’est pas mort, l’espoir revient.

J’ai trouvé que ce dernier tome avait un début assez lent. En effet, Elia ayant baissé les bras, la jeune femme se laisse vivre et du coup elle perd peu à peu la rage et la force qui l’animaient auparavant. Elle erre dans les rues comme un fantôme, elle n’a plus d’objectif et vit au jour le jour. Cette partie là a été assez longue à lire mais heureusement l’auteure alterne les points de vues et par conséquent le récit garde quand même un bon rythme. Une fois ce petit passage à vide passé Elia retrouve du poil de la bête et notre héroïne courageuse et à l’esprit combatif refait son apparition. A partir de ce moment là, les choses s’accélèrent, s’enchaînent et l’histoire retrouve son côté addictif qui m’avait tant plu dans les deux tomes précédents.

Les personnages secondaires jouent un rôle de plus en plus important dans ce troisième tome. J’ai été plus que ravi de voir que Marie Vareille ne centrait pas tout sur son personnage principal car après tout Elia ne peut pas faire tout toute seule. Solstan, Arhia, Alek et Tim viennent donc, progressivement apporte leur pierre à l’édifice. Chacun va jouer un rôle plus ou moins déterminant dans la suite des événements. Le couple Arhia et Alek va être de plus en plus mis en avant sans pour autant tomber dans de la grosse romance digne d’une tragédie grecque et là encore j’ai envie de dire : Merci Marie Vareille (car oui je suis allergique à la romance trop cul-cul praline et au triangle amoureux). 

Vous l’aurez donc compris, ce troisième et dernier tome et riche et plein d’action. C’est un tome très addictif, comme les deux premiers d’ailleurs. Les choix narratifs fait par l’auteure m’ont énormément plus. J’ai beaucoup aimé cette trilogie, j’ai été surprise dans les trois tomes et j’ai adoré les personnages, tous sans exception. J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que l’on alterne les points de vus. La plume de Marie Vareille est simple mais efficace. Ces romans sont dynamiques, pleins d’action, très addictifs, je les conseille à 1000%.

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En résumé…

Elia, la passeuse d’âme est une saga du genre dystopie que je recommande à tous ceux qui aiment ce genre là mais également à ceux qui souhaitent le découvrir. L’univers proposé par l’autrice est très bien amené et très bien construit. Les personnages sont attachants et passionnants à suivre. A aucun moment l’on s’ennuie. Marie Vareille a su garder un bon rythme durant toute son histoire. Il y a de l’action, des rebondissements et des révélations et même un brin de romance, le tout finement dosé, sans en faire des caisses et amené de façon progressive et intelligente. J’ai beaucoup aimé !

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Saga : La magie de Paris d’Olivier Gay

 

Saga : La magie de Paris d’Olivier Gay

Chloé, élève en seconde, assiste un jour par hasard à un combat à l’épée entre Thomas, un élève d’une autre classe qu’elle connaît à peine, et une sorte de démon. L’adolescente tente d’intervenir mais est blessée et perd connaissance. A son réveil, la créature est morte et Thomas lui explique qu’il est un mage et que sa mission est de repérer et fermer les failles vers le monde des démons.

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Edition : Castelmore  Genre : Jeunesse/Fantastique ◈ Sortie : Entre 2017 et 2018 ◈ Ma note globale : 16/20

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Quelques mots sur l’auteur…

Olivier Gay, né en  à Grenoble, est un écrivain français de roman policier, de fantasy et fantastique, pour les adultes et pour la jeunesse. Il écrit également des billets d’humeur dans le magazine féminin Cosmo et a collaboré à plus de cent romans pour la Bibliothèque Rose et la Bibliothèque Verte. Autrefois consultant en stratégie marketing à Paris, il vit désormais de sa plume dans le Sud. Son premier roman Les talons hauts rapprochent les filles du ciel remporte en 2012 le prix du premier roman policier du Festival du film policier de Beaune. Son premier roman de fantasy, Le Boucher, est nommé au prix Révélations Futuriales avant d’être repris en intégrale par les éditions Bragelonne. Sa série jeunesse est accueillie avec enthousiasme par la critique.

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Quand j’ai vu la trilogie complète à 0.99 cts le tome sur le site Kobo.com lors de la mini OP de décembre, je n’ai pas cherché plus loin et j’ai plongé sur l’occasion. J’avais tellement entendu parler de cette saga que je me suis dis que c’était le moment ou jamais de la découvrir. Et c’était une très belle découverte ! J’ai passé un très bon moment en compagnie de Chloé et ses amis, à tel point que j’ai lu les trois tomes en deux jours, les uns après les autres. Je fais le choix de vous parler de la trilogie dans un seul et même article, vu que je les ai enchaînés.

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Tome 1 : Le coeur et le sabre.

Je ne vais pas vous refaire un résumé car je trouve que la quatrième de couverture du tome 1 en dit assez. J’ai trouvé ce premier tome très divertissant. L’univers mit en place par l’auteur dès les premières pages est intéressant et plaisant à découvrir. Ici, on est clairement dans un roman de magie, de cape et d’épée. Alors, dit comme ça on est en droit de penser : « Oh ! Mais c’est du déjà vu tout ça ! » Et bien… Non pas tout à fait ! 

Dans La magie de Paris, les goules existent et des Mages, comme Thomas, doivent veiller à ce qu’elles ne passent pas la frontière du monde des humains. Cela dit, un Mage, même s’il possède des pouvoirs magiques, ne peut pas à lui seul tuer les goules. Il a donc besoin d’un Chevalier. Un personnage qui lui sera entièrement dévoué, qui le protégera et a qui il sera à jamais lié. Notre Chevalier n’est autre que Chloé. Avouez quand même que, déjà là, on revisite un peu le genre non ? Une femme Chevalier qui protège un homme, c’est plutôt pas mal. Moi cela m’a tout de suite emballée ! L’auteur sort un peu des clichés en nous proposant une tout autre vision de la Chevalerie, une version beaucoup plus féminine. J’ai bien aimé le concept même si après sur le fond l’histoire n’est pas d’une très grande originalité. 

J’ai été également séduite par Chloé, qui là encore, n’a rien à voir avec les héroïnes que l’on a l’habitude de voir. Elle n’a pas une plastique de rêve, elle mesure 1m83, elle est plutôt musclée, endurante et pratique l’escrime depuis qu’elle est petite. Avec les garçons ça n’a jamais été le top tout simplement parce qu’elle les fait fuir, trop impressionnés par sa grande taille, et ils n’hésitent pas à la surnommer Le Tank. C’est une jeune fille vraiment spéciale et qui se démarque des autres bien malgré elle. Ajouter à cela un humour tordant, c’est un personnage vraiment attachant. Je l’ai trouvé vraiment intéressante à découvrir. Puis à côté de Chloé, on a Thomas, un lycéen avec un humour d’un gamin de 10 ans. Cela pourrait paraître agaçant à la longue mais bizarrement non. L’auteur a su doser comme il faut cet humour et a su faire de lui un personnage sérieux quand il le fallait et surtout très intelligent. Un petit point cependant m’a fait lever les yeux au ciel plusieurs fois, c’est le fait qu’il cherche à tout prix à cacher la vérité à Chloé. Le début du roman est assez encré la-dessus et du coup cela peut vite devenir lassant. Et puis on a David, personnage assez mystérieux. On ne sait pas grand chose de lui si ce n’est qu’il est un Chevalier avec des pensées un poil machistes. Une femme Chevalier pour lui c’est une abomination, ça ne devrait pas exister et il passe la plupart de son temps à rabaisser Chloé

A côté de ça, on a une plume très simple, j’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus travaillée, mais qui reste assez fluide. L’humour occupe une grande place dans ce roman et cela n’est pas pour déplaire bien au contraire. Les pages défilent entre les mains du lecteur sans que ce dernier ne s’en rende compte. Au final, la lecture en devient addictive et plaisante. L’univers de l’auteur est pas mal, même si j’attendais un peu plus de fantaisie là dedans. Je sais pas, il m’a manqué un petit quelque chose, un petit grain de folie pour rendre ma lecture sensationnelle. 

En résumé, j’ai beaucoup aimé ce premier tome et la fin m’a un peu surprise. Avec une fin pareille, il fallait absolument que je lise le tome 2 et c’est ce que j’ai fais dans la foulée. 

Tome 2 : Le calme et la tempête.

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Dans ce deuxième tome on reprend l’histoire là où l’avait laissée. J’ai encore une fois apprécié ce deuxième tome mais quelque chose m’a un peu titillée. Une chose qui, j’ai l’impression, devient un incontournable des romans pour adolescents et c’est bien dommage. 

Ce que je craignais est arrivé. Un triangle amoureux commence à se mettre en place. Alors quand bien même il est assez léger, cela m’a un peu agacée de voir Chloé tombant beaucoup trop facilement sous le charme de David, sans pour autant oublier Thomas, avec qui elle partage quelque chose de spéciale. Chloé pour moi c’était l’héroïne pas comme les autres, super « badass » qui défonçait tout. Et là… Elle se laisse envahir par ses sentiments et du coup, elle se retrouve dépasser par les événements et elle même ne sait plus où elle en est. C’était un poil décevant. Je ne suis pas une adepte des triangles amoureux, surtout quand je lis du fantastique ou de la fantasy donc autant vous dire que j’ai soupiré et levé les yeux au ciel plusieurs fois. A côté de ça, on a également les enfantillages de lycéen qui viennent un peu gâcher l’ambiance du roman et qui moi, personnellement, m’a agacé. 

Bon, malgré tout, l’histoire reste attractive. L’univers se met en place, on commence à avoir des réponses à nos questions et l’action est plus que présente. C’est un tome plus sombre que le premier, c’est sur et aussi beaucoup plus dynamique. L’intrigue progresse à grand pas et des révélations sont faites au fil des pages. Le personnage de Cassandre fait son apparition et autant vous dire que tel un ouragan, elle apporte un coup de fouet à l’histoire. On a également toujours cette plume simple mais tout de même efficace, remplit d’humour juste dosé comme il le faut. 

Ce tome 2 était tout aussi sympa que le premier. L’univers reste intéressant et l’intrigue prend petit à petit de l’ampleur, elle ne s’essouffle pas. On a une évolution au niveau des personnages, ils prennent tous en maturité. Petit bémol pour le triangle amoureux qui se forme quand même. En revanche, j’ai trouvé que la fin de ce deuxième tome n’était pas aussi « ouf » que celui du premier. Il appelle moins à la curiosité du lecteur du coup pas de suspense et pas cette sensation de vouloir à tout prix lire la suite.

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Tome 3 : Ici et ailleurs.

Un dernier tome que j’ai trouvé un peu en dessous des deux précédents. Je n’ai pas trop été emballée par les péripéties de nos personnages à savoir le basculement dans l’autre monde via la faille. J’ai trouvé que ce retournement de situation était beaucoup trop facile et rapide. Ma lecture a donc été un peu plus laborieuse avec ce troisième tome. L’auteur embarque les lecteurs dans un monde ancré dans la mythologie Égyptienne. J’ai trouvé cela moyen pour ma part. 

En revanche, je reconnais que l’auteur apporte ici des réponses à nos questions. Ce tome est plus complet en matière d’explication et de révélation que les deux précédents (logique en même temps vous allez me dire). Petit à petit les personnages se dévoilent et on apprend à les connaître. Ils évoluent également, notamment la relation entre Chloé et Thomas. L’amour s’installe progressivement entre eux, même si je ne suis pas une grande adepte de la romance, ici ça pouvait passer car on l’auteur ne dévie pas de sa trame principale. 

La conclusion du roman est bonne, même si j’avoue que j’en attendais un petit peu plus. Je ne l’ai pas trouvé bâclée mais elle a été un poil trop facile et trop rapide à mon goût. Mais en dehors de ça, La Magie de Paris reste une saga sympa, que j’ai aimé découvrir et que je recommande. Je préfère ne pas vous en dire plus et vous laisser découvrir cette saga.

Chronique, Jeunesse/Aventure

Océania, T4 : le murmure des étoiles d’Hélène Montardre

9782700256499FS.gifOcéania, T4 : le murmure des étoiles d’Hélène Montardre

 

Chéries par Chris et Tommy, les jumelles Flavia et Amalia retrouvent leurs parents, mesurent leur amour et la fidélité du capitaine Blunt, qui les a trahies pour mieux les protéger…

 

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Edition : Rageot  Genre : Jeunesse/Aventure ◈ 352 pages ◈ Sortie : 2017 ◈ Ma note : 14/20

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Quelques mots sur l’autrice…

Hélène Montardre est une femme de lettres française née le 12 novembre 1954 à Montreuil. Les principaux thèmes qu’elle aborde dans ses romans sont les animaux et la mythologie grecque. Elle est la fille de l’écrivain Georges Montforez. Après des études d’anglais à l’université de Clermont-Ferrand qu’elle poursuit jusqu’à une thèse de doctorat sur l’image des personnages féminins dans la littérature de jeunesse, Hélène Montardre est tour à tour enseignante, guide culturel, secrétaire et directrice éditoriale ce qui l’amène à voyager en Europe, Amérique du Nord et en Afrique. Mère de deux enfants, elle réside aujourd’hui à Toulouse.

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Pour vous rafraîchir un peu la mémoire concernant le résumé de cette saga, je vous renvoie à mes chroniques concernant les trois premiers tomes. 

Chronique du Tome 1 : La prophétie des oiseaux

Chronique du Tome 2 : Horizon Blanc

Chronique du Tome 3 : Sur les ailes du vent

Il faut savoir, qu’à l’origine Sur les ailes du vent, est un tome qui n’était pas prévu. La saga Océania ne devait comporter que trois tomes et donc être une trilogie mais l’autrice a décidé d’écrire un quatrième et dernier tome pour conclure définitivement son histoire. 

Je dois avouer que la première fois que j’ai vu le tome 1 (La prophétie des oiseaux) en librairie, édité chez les éditions Rageot, je n’ai pas tout de suite été emballée par le résumé et par l’histoire. J’ai donc longuement hésité avant de me lancer dans cette Saga. Après avoir lu le premier tome, j’ai été conquise par l’intrigue (pas pleinement conquise je le reconnais mais j’avais bien aimé les idées de l’autrice) et je voulais absolument lire la suite. Les tomes 2 et 3 m’avaient séduite également et récemment je suis tombée sur le tome 4 et j’ai foncé. Je n’avais qu’une envie c’était de connaître la fin de toute cette histoire. Et je dois dire que je suis globalement satisfaite de ce dernier tome même si je l’ai trouvé un peu plus « mou » que les trois premiers

Cela dit, j’été quand même contente de retrouver Flavia ainsi que ses amis Chris, Anatole, Tommy, Anita, Amalia, Roberto, etc… L’histoire est toujours aussi centrée sur des sujets d’actualité, qui interpellent à savoir : l’environnement, l’écologie, le réchauffement climatique mais aussi la vie des sans-papiers dans un pays qui n’est pas le leur et le rôle des médias et des politiques dans la société. Ce quatrième tome est donc aussi intéressant que les trois autres mais je l’ai trouvé beaucoup plus lent. L’action et les rebondissements sont peu présents puisqu’on arrive à la conclusion de l’intrigue, qui soit dit en passant à le temps d’être vue et comprise par le lecteur bien avant la dernière page.  Mais cela ne m’a pas empêché de lire ce bouquin d’une seule traite. Car s’il y a bien une chose que j’aime beaucoup chez Hélène Montardre c’est sa plume. Je la trouve très fluide et avec des mots simples elle arrive à vous créer une belle intrigue qui finit par vous captiver au fil de votre lecture. Sa plume est ensorcelante et très addictive et ce malgré les petits coups mou que l’on peut relever dans le livre. 

Je ne peux pas vous en dire beaucoup sur ce dernier tome car je risquerai de vous spoiler. Mais retenez surtout qu’Océania est une saga qui mérite qu’on s’y intéresse. Si vous la croisez à la bibliothèque ou en librairie laissez-vous tenter. Hélène Montardre y parle de sujet intéressants, qui nous concernent d’une certaine façon tout en y intégrant une part de fantastique et d’aventure. Certes, ce n’est pas la grosse saga bourrée d’action et de révélation toutes les 10 pages mais l’intrigue suscite la curiosité, la plume de l’autrice est fluide et addictive et chaque tome vous fera voyager. Car oui, la particularité de cette saga c’est que chaque tome correspond à un pays ou un endroit sur une carte. Le tome 1 se passe aux Etats-Unis, le tome 2 en France, le tome 3 dans le Pacifique et le tome 4 est un mixte de tous ces endroits. Il faut souligner aussi le fait que le récit à la troisième personne et l’alternance des points de vue des personnages donnent un aspect dynamique à l’intrigue. Flavia est un personnage qui ne cessent d’évoluer à chaque tome et qui est intéressante à suivre également. En bref, laissez-vous tenter par cette quadrilogie. 

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Guillaume leva les yeux vers Flavia qui posa un doigt sur ses lèvres pour lui intimer le silence. Les icebergs craquaient, l’un répondant à l’autre qui transmettait à son tour le bruit secret, comme s’ils communiquaient, comme si une chaîne de messages circulait dans le silence de la mer, et longtemps Flavia, Chris et Guillaume tendirent l’oreille vers cette étrange conversation.

Quand les derniers rayons du soleil balayèrent les flots, les icebergs se turent.

– Qu’est-ce que c’était ? chuchota Guillaume.

– Je ne suis pas sûre, répliqua Flavia sur le même ton. Mais je crois que c’est le murmure des étoiles.

– Le murmure des étoiles, répéta Guillaume, ébloui.

Chronique, Fantasy/Fantastique, Jeunesse/Aventure

Les loups chantants d’Aurélie Wellenstein

couv14423136Les loups chantants d’Aurélie Wellenstein

Yuri appartient à un clan d’éleveurs de rennes. Il vit dans un village entouré par un perpétuel blizzard. Il y a un an, son amour, Asya, a disparu dans la tempête, attirée par les hurlements hypnotiques des loups chantants. Bien que tout le monde la croie morte, le garçon espère qu’elle soit toujours en vie, quelque part, de l’autre côté du blizzard. Un jour, la sœur de Yuri, Kira, contracte un mal étrange ; son corps se couvre de glace. Pour le chaman du clan, la jeune fille est maudite par le dieu de l’hiver ; elle est bannie, et condamnée à s’enfoncer seule dans le blizzard. Mais une amie, Anastasia, rejette farouchement ce verdict surnaturel. Selon elle, il s’agit d’une maladie soignable à la capitale, par la chirurgie. Déterminés à tout tenter pour sauver Kira, Yuri et Anastasia prennent leurs traîneaux à chiens pour emmener la jeune malade à la capitale. Mais aussitôt partis à travers le blizzard, les loups les prennent en chasse.

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Edition : Pocket  Genre : Aventure – Fantastique ◈ 288 pages ◈ Sortie : 8 Mars 2018 (Sortie en format poche) ◈ Ma note : 16/20

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Quelques mots sur l’autrice…

Aurélie Wellenstein, née en 1980 à Paris, est une autrice française, principalement de récits de fantasy. Elle écrit également des romans destinés à un public d’enfance et de jeunesse. Marquée par la lecture de Croc-Blanc et de L’Appel de la forêt de Jack London, c’est dès l’enfance que lui vient l’envie d’être écrivain. Les animaux occupent une grande place dans ses romans. En 2016, son roman Les Loups chantants est sélectionné pour le grand prix de l’Imaginaire, le Prix Imaginales Jeunesse et le Prix Imaginales des collégiens, ainsi que pour le prix du roman contemporain de la ville de Poitiers. Il obtient le prix Elbakin, et devient le meilleur roman de fantasy jeunesse français. 

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Les loups chantants raconte l’histoire de Yuri, un jeune homme qui se sent complètement perdu depuis la disparition d’Asya, la fille dont il était fou amoureux. Impossible pour lui de la croire morte, il n’hésite pas à braver le Blizzard qui entoure son village et à aller à la rencontre des loups chantants afin d’obtenir des réponses à ses questions. Puis un jour, Kira, sa soeur, tombe malade. Elle se transforme petit à petit en glace et le chaman du camp décide de la bannir, redoutant que la colère du Dieu de l’Hiver ne s’abatte sur lui et les habitants. Ne voulant pas laisser sa soeur seule, Yuri l’accompagne dans son exil. Anastasia, leur amie de toujours a elle aussi décider de quitter le camp pour les aider. Les trois jeunes gens se retrouvent donc seuls, perdus au milieu du Blizzard. Leur seul objectif : trouver quelqu’un qui pourra aider Kira et la guérir. Commence alors pour nos trois héros un long voyage dans le froid glacial de l’Hiver, voyage qui sera semé d’embûches puisque les loups chantants ne sont pas loin. Tapis dans l’ombre ils les suivent, ils les traquent et leurs chants pourraient bien être fatal pour nos héros.

Les loups chantants est le deuxième roman d’Aurélie Wellenstein que je lis et encore une fois je suis satisfaite de cette lecture ! J’étais un peu hésitante au début, je l’avoue, car les notes et les avis sur ce livre n’étaient pas très positifs. Et, sincèrement, maintenant que j’ai moi-même terminé ma lecture, je me demande bien pourquoi ? Alors oui, je suis d’accord sur le fait que Le Roi des Fauves était une lecture beaucoup plus riche que Les loups chantants mais j’ai quand même, pour ma part, passer un très bon moment.

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C’est avec une grande joie que j’ai retrouvé la plume d’Aurélie Wellenstein. Mais mon dieu comme je suis accro ! J’adore tout simplement. C’est une autrice qui a énormément de talent et d’imagination. J’aime beaucoup l’univers qu’elle nous présente dans ses bouquins. Ses histoires sont souvent sombres, remplies de mystères et de légendes. Les animaux occupent également une place importante dans les récits de l’autrice mais dans Les loups chantants j’ai trouvé qu’ils étaient encore davantage mis en avant, et ça c’est plutôt un bon point pour moi personnellement. La relation qu’entretient Yuri et avec ses chiens est vraiment agréable à découvrir. Elle apporte une pointe de douceur dans cet univers froid et sombre que nous propose l’autrice. Les descriptions des paysages sont toujours aussi précises et aussi belles. Aurélie Wellenstein a vraiment le don pour décrire son univers, les mots sont toujours bien choisis et rien n’est laissé au hasard. 

Tout comme dans son autre roman, Le Roi des Fauves, je trouve que l’ambiance ici est pesante et qu’elle suscite une forme de suspense. La présence constante des loups est inquiétante. Ils ne sont jamais bien loin et épient sans cesse nos trois protagonistes. Ajouter à cela la plume efficace d’Aurélie Wellenstein en ce qui concerne la retranscription des sentiments de terreur, de désespoir et de douleur de son personnage Yuri. Tous ceci fait de ce roman un roman oppressant à certains moments. 

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J’ai été personnellement très emballée par ce roman, un peu moins que pour Le Roi des Fauves, je l’avoue. Je ne peux pas m’empêcher de comparer les deux et c’est vrai que Les loups chantants est un poil en dessous. Mais encore une fois j’ai trouvé les idées de l’autrice originales et le sujet relativement bien traité. Rien n’est laissé au hasard, le monde que nous décrit Aurélie Wellenstein est complet et il est très facile pour le lecteur de se l’imaginer. La légende concernant les loups chantants est belle et j’ai apprécié l’idée de l’autrice de laisser le lecteur divaguer entre rêves et réalité. Cela apporte une certaine forme de poésie au récit. A aucun moment je ne me suis ennuyée malgré les quelques petites longueurs que j’ai pu voir. L’histoire démarre assez rapidement et le décor est planté relativement vite. Je n’ai trouvé la lecture ni redondante ni stagnante. Bien au contraire, je trouve que le voyage qu’entreprend nos personnages ne s’éternise pas et n’est pas non plus bâclé. C’est dosé comme il le faut. 

Pour ce qui est des personnages, là encore je suis conquise. L’autrice réussi parfaitement à décrire les émotions et la terreur qui se trouvent en eux. C’est une autrice qui n’hésite pas à malmener ses héros. Je l’avais déjà remarqué dans son roman Le roi des fauves et je constate que c’est encore le cas pour Les loups chantants et j’aime ça. J’aime les fins qu’elle donne à ses personnages cela change de ce que l’on a l’habitude de voir. Elle ne les épargne pas et par conséquent, nous, en tant que lecteurs, nous ne sommes pas épargner non plus. Yuri est un personnage attachant et un poil agaçant à la fois mais ici cela passe très bien. Son attachement et son amour pour ses chiens est très touchant. La seule chose qui m’a fait tiquer avec lui c’est que c’est un garçon qui a la vie devant lui, car il est très jeune, et qui pourtant ne cesse de vivre dans le passé, ce qui fait de lui un personnage complexe mais agréable à suivre malgré tout. N’oublions pas les loups chantants qui occupent une place importante dans le récit puisqu’ils malmènent psychologiquement nos héros du début à la fin. On ne sait pas si au final ils sont du côté du bien ou du côté du mal. C’est au lecteur de se faire sa propre idée apparemment. 

Pour conclure je dirai que Les loups chantants a été une bonne lecture pour moi. J’ai passé un bon moment malgré les avis plutôt mitigés qui circulent sur le net. Je le recommande quand même car l’univers de l’autrice est encore une fois passionnant à découvrir et l’histoire intéressante à suivre. 

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« La voix de la jeune fille se brisa en un sanglot déchirant. Ce fut comme un coup de tonnerre dans le silence de la toundra. Yuri crut qu’il allait exploser. des vagues de douleur s’écrasèrent sur lui, le projetant en arrière, puis l’aspirant pour le fracasser encore et encore contre le sol, jusqu’à le réduire en une bouillie sanguinolente. Sa soeur, elle, avait repris le contrôle d’elle-même. Elle ferma les yeux, avala sa salive, et quand elle rouvrit les paupières, son oeil gris et son oeil jaune le fixaient avec une détermination inflexible. »

« Par leurs chants, les monstres s’insinuaient dans les rêves de leurs proies. Quand les cauchemars se multipliaient, les victimes cessaient de dormir jusqu’à devenir des loques gémissantes. A la fin, la folie poussait les malheureux à se jeter dans la gueule de leurs bourreaux. Juste pour en finir… »

Chronique, Jeunesse/Aventure

La Princetta et le Capitaine d’Anne-Laure Bondoux

couv73674176La Princetta et le Capitaine d’Anne-Laure Bondoux

La Princètta de Galnicie rêve de voyage et de liberté. Refusant d’être mariée à 15 ans, elle prépare son évasion en compagnie de sa femme de chambre et amie, avec la complicité de l’Archonte, Intendant du Royaume. Mais sa première traversée va s’achever tragiquement et, à cet incident, vont succéder de nombreuses épreuves: errance, souffrances, emprisonnement… Jusqu’au voyage initiatique qui la mène, avec quelques compagnons, au coeur de ses propres tourments, dans l’Archipel…

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Edition : Le Livre de Poche  Genre : Jeunesse/Aventure◈ 594 pages ◈ Sortie :  2015 ◈ Ma note : 16/20

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Quelques mots sur l’autrice…

Anne-Laure Bondoux, née le , est une écrivaine française, spécialisée notamment dans les livres pour la jeunesse.  Elle a obtenu une licence de lettres modernes et s’est particulièrement intéressée à l’écriture chez les enfants en difficulté, avec qui elle a monté des ateliers d’écriture qui ont reçu le prix Fondation de France. Elle a cessé ses activités de journaliste en 2000 pour se consacrer exclusivement à l’écriture de romans pour jeunes et adultes. Ses romans ont obtenu de très nombreux prix en France et à l’étranger, notamment le prix Sorcières et le prix France Télévisions en 2004. La Princetta et le Capitaine est un livre qui a été traduit dans plus de quinze pays, dont les États-Unis, l’Allemagne, le Japon, l’Angleterre et l’Espagne.

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La Princetta et le Capitaine raconte l’histoire de Malva, Princesse d’un pays appelé la Galnicie, dont les parents n’ont qu’une seule obsession depuis sa naissance : la mariée et faire d’elle une bonne héritière pour le trône. Mais Malva ne veut pas devenir Princesse et n’a pas envie d’épouser l’homme que ses parents ont choisi pour elle. Elle a d’autres projets en tête : parcourir le monde, voyager et être libre. Refusant de vivre dans sa cage dorée, elle va s’enfuir avec sa gouvernante Filomène, avec l’aide de l’Archonte, l’homme qui a fait son éducation. En parallèle de l’histoire de Malva, on va suivre celle d’Orféus dont le père est mourant. Lui même malade, il n’a jamais pu réaliser son rêve qui était de devenir marin. Mais peu avant de mourir, son père va lui avouer qu’en réalité il n’a jamais été malade, qu’il lui avait menti pendant tout ce temps car il ne voulait pas que son fils devienne comme lui, c’est-à-dire un pirate. Une fois son père mort, Orféus va prendre la mer pour la première fois de sa vie et partir à la recherche de la Princetta, sur ordre du Coronador. C’est un voyage remplit de péripéties et d’obstacles qui attend nos personnages.

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J’ai toujours beaucoup aimé les films ainsi que les livres sur l’épopée maritime. Le style Pirates des Caraïbes par exemple est un univers qui m’intéresse et qui me plait énormément. Et pourtant rares sont les livres ou les films que j’ai lu ou vu qui ont ce thème là. Donc, quand je suis tombée sur la Princetta et le Capitaine d’Anne-Laure Bondoux, je dois avouer que j’ai été conquise par la couverte et par le résumé. Et pourtant ce livre est restée un an dans ma PAL. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’avec le temps, je commence à me lasser des lectures jeunesse et que, du coup, j’avais un peu peur d’être déçue, un peu peur que ce livre soit trop jeunesse pour moi.

Je me suis lancée dans cette lecture avec quand même, je l’avoue, une petite réticence. Mais j‘ai vite changé d’avis car, pour moi, ce livre ne fait pas du tout jeunesse. Bien au contraire ! J’ai trouvé la plume de l’autrice très soignée, très travaillée, elle a réussi à me transporter dans le monde Connu dès les premières pages. L’univers est bien pensé, précis, très bien décrit, j’ai aimé le découvrir au fil des pages. C’est un monde qui n’est pas tout beau tout rose et cela change un peu. Ce livre a donc été une très belle surprise pour moi !

4.jpgLa Princetta et le Capitaine est découpée en trois partie : Partir, Errer, Revenir. Que dire de plus à part que ces trois mots résument parfaitement l’histoire à eux seuls. Tous les personnages du roman n’ont qu’un seul objectif au début c’est de partir, fuir leur vie actuelle et découvrir si quelque chose de mieux les attendant au delà des frontières. Ensuit, leur voyage va prendre une tournure inattendu et beaucoup d’événements vont s’enchaîner les uns après les autres. Les personnages vont être salement secoués durant leur voyage. On peut dire que sur ce coup là, l’autrice n’y est pas allez avec le dos de la cuillère. Elle n’hésite pas à malmener ses personnages et à la mettre des bâtons dans les roues, les pauvres il n’ont aucun répit. C’est pour cela qu’à la fin ils ont envie de rentrer chez eux, retrouver leur vie et leur famille. Partir pour mieux revenir. C’est une intrigue très bien menée que nous offre Anne-Laure Bondoux et on ne peut que saluer son talent de ce côté là. Aussi, si j’ai trouvé que ce livre ne faisait pas jeunesse pour moi c’est parce qu’à un moment donné dans le livre, l’histoire prend une tournure qu’on ne retrouve pas forcément dans les livres jeunesse. L’histoire devient sombre et la plume plus dure. Nos personnages sont confrontés à des épreuves et des lois qui les dépassent totalement. Des sacrifices seront nécessaires pour qu’ils avancent et qu’ils s’en sortent. Ils seront marqués à jamais.

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En parlant de personnage, j’ai beaucoup apprécié Malva et Orféus. Même si Malva est un peu naïve et un peu trop rêveuse elle finit par évoluer et devenir une fille mature qui prend ses responsabilités. Son évolution est impressionnante. Orféus quant à lui, même si je l’ai bien aimé, il reste, à mes yeux, un personnage assez linéaire. Je n’ai pas trouvé de grand changement entre l’Orféus des premières pages et celui des dernières pages. Mais il n’en reste pas moins un personnage sympathique. Les autres personnages sont tous aussi intéressant à découvrir, chacun ayant son petit caractère et étant important pour l’histoire.

Concernant la fin, il faut savoir que les éditeurs avaient demandé à Anne-Laure Bondoux de réécrire la fin de l’histoire. Dans le texte intégral vous pouvez donc trouver la vrai fin, celle que l’autrice voulait pour son livre et la fin que les éditeurs avaient demandé. J’ai eu l’occasion donc de lire les deux et je préfère de loin celle d’Anne-Laure Bondoux même si elle me broie le coeur. On est loin des happy-end et c’est ce qui fait la force de ce bouquin. Les choix faits par les personnages, principalement Malva, ont de grosses conséquences et j’ai apprécié le fait que l’autrice ne donne pas une fin heureuse. C’est une façon de montrer que nos actes et nos choix ont, un jour ou l’autre, des répercussions sur nos vies et qu’il faut les assumer malgré tout. Cette fin amère que propose l’autrice est, à mes yeux, parfaite ! 

Pour conclure je dirai que La Princetta et le Capitaine a été une belle lecture et une bonne surprise. Moi qui ait un peu de mal avec le genre « Jeunesse », j’ai trouvé qu’avec cette histoire on était un peu loin de tout ça. C’est un livre d’aventure dont l’intrigue prend une tournure assez sombre et dramatique, à laquelle on ne s’y attend peut-être pas. Donc à tous les amateurs de ce genre laissez-vous tenter par ce bouquin. Et pour ceux qui ont un peu de mal avec les romans jeunesse, j’ai envie de dire, laissez-vous tenter également, avec moi ça l’a bien fait alors pourquoi pas avec vous ?

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« Ce n’est pas moi qui, vous ai appris tout cela, ce sont les auteurs des livres que vous avez lus. Et les livres ne sont pas la vie, Princetta. Il faut absolument abandonner vos rêves d’enfant. Vous devez accomplir votre devoir. « 

« Ecrire, raconter, à quoi bon puisque tout cela finira immanquablement par se perdre ? »

« Il ressentait une sorte d’ivresse à se trouver là, sous le ciel furieux, dans les bras énormes de la mer qui berçait le navire, comme une matrone démoniaque. »

Chronique, Drame/Contemporain, Jeunesse/Aventure

Le passage du diable d’Anne Fine

couv17922005Le passage du diable d’Anne Fine

Depuis son plus jeune âge, Daniel Cunningham a vécu enfermé, avec pour seule compagnie les livres et sa mère – qui l’a gardé reclus, à l’écart du monde extérieur, et qui n’a cessé de lui répéter qu’il était malade. Un jour, des coups frappés à la porte vont tout changer. Des voisins ont découvert son existence, et résolu de libérer Daniel de l’emprise de sa mère. Pris en charge par le Dr Marlow et sa famille, il va découvrir peu à peu que tout ce qu’il tenait pour vrai jusque-là n’était qu’un tissu d’histoires racontées pour le protéger. Mais le protéger de quoi ? De sa vie d’avant, Daniel n’a gardé qu’une maison de poupée. Et pas n’importe quelle maison de poupée : c’est la réplique exacte de la maison natale de sa mère, une maison qui recèle de nombreux et sombres secrets. Jusqu’à quels vertiges ces secrets conduiront-ils Daniel ?

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Edition : L’école des loisirs  Genre : Jeunesse/Drame ◈ 366 pages ◈ Sortie : Juin 2015 ◈ Ma note : 15/20

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Quelques mots sur l’autrice…

Anne Fine est née à Leicester en 1947. Après ses études dans des écoles de filles, elle est devenue professeur, mais ne l’est pas restée très longtemps. Ses romans, caractérisés par une insolence et un humour dévastateurs, ont été acclamés par la critique. Elle a obtenu le Guardian Children’s Fiction Award et la Carnegie Medal pour « L’Amoureux de ma mère ». « Madame Doubtfire » (paru une première fois sous le titre « Quand Papa était femme de ménage ») a été porté à l’écran et a connu un immense succès. Anne Fine écrit également pour les adultes. « Un bonheur mortel » (Editions de l’Olivier) a reçu en 1990 le Scottish Arts Council Book Award. Elle a été désignée en 2001 comme Children’s Laureate au Royaume-Uni, devenant ainsi ambassadrice de la littérature de jeunesse pendant deux ans.

Source

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Le passage du diable raconte l’histoire de Daniel, un jeune garçon vivant avec sa mère. Depuis toujours, la mère de Daniel le « surprotège », elle ne le laisse jamais sortir de sa chambre et le traite comme un enfant malade, l’obligeant à être alité toute la journée, alors qu’il n’en n’est rien. Son comportement et le fait qu’elle empêche son enfant de sortir alerte le voisinage qui décide, avec l’aide du médecin Mr Marlow, de sauver l’enfant. C’est un Daniel maigre et affaiblit que Mr Marlow découvre. Liliana est emmenée de force dans un asile psychiatrique et son fils est quant à lui, placer chez la famille Marlow. Il n’emporte qu’une seule chose avec lui : la maison de poupée de sa mère, une maison avec laquelle il a joué pendant des heures. Les jours passent et Daniel reprend des forces. Il ne souhaite qu’une seule chose à présent c’est de revoir sa mère. Mr Marlow accepte et l’emmène à l’asile psychiatrique où se trouve Liliana. Mais un drame se produit et la vie du petit Daniel va prendre un mauvais tournant. 

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La couverture ainsi que le résumé de ce livre intriguaient énormément il faut l’avouer et c’est pour cela que je me suis laissée tenter. Je m’attendais à lire une histoire, pas effrayante, mais mystérieuse, sombre et peut-être même un peu bizarre et c’est tout à fait le cas. Ce livre m’a fait un drôle d’effet car c’est typiquement le genre de livre qui est assez lent, monotone au niveau de l’intrigue mais qui pourtant a un effet totalement addictif sur vous ! Je trouvais que l’histoire peinée à se mettre réellement en place. Passée plus de la moitié du bouquin je trouvais qu’à part cette ambiance oppressante et étrange, il n’y avait malheureusement pas grand chose d’intéressant dans ce bouquin. Et pourtant, quelque chose au fond de moi me disait de m’accrocher car j’étais persuader qu’il allait se passer un truc, qu’il allait y avoir un twist ou un rebondissement. Et d’une certaine façon ce fût le cas car petit à petit l’histoire prend une tournure assez intéressante, captivante qui fait son petit effet sur le lecteur.

J’ai beaucoup aimé ce roman. L’intrigue évolue d’une façon si naturelle qu’on s’aperçoit rapidement qu’Anne Fine a le don de bien ficeler son histoire. Le suspense est relativement bien doser et la plume de l’autrice est agréable, facile à lire, fluide, ce qui rend la lecture aisée. C’est un livre qui se lit d’une seule traite et qui est, je trouve, d’une très belle qualité. Ajouter à cela le fait que l’histoire sort de l’ordinaire, je ressors conquise et satisfaite de cette lecture.  

3J’ai quand même trouvé un ou deux points noir dans tous ça, mais je tiens à prévenir qu’il ne s’agit là que de mes goûts personnels. Tout d’abord, j’aurai aimé en savoir un peu plus sur le personnage de Liliana, la mère de Daniel. Je trouve que l’autrice n’a pas donné assez d’information sur sa vie et sur le fait qu’elle soit devenue folle. Alors, certes on a l’explication dans le livre, mais j’aurai aimé voir par exemple des flash-back, des scènes où Daniel se souvient de ce que faisait sa mère. J’aurai aimé que l’autrice prenne le temps de nous montrer comment la folie s’est progressivement installée dans la tête de Liliana. Et il en est de même pour le personnage de Jack. Anne Fine nous donne des explications, donc on ne peut pas dire que des questions restent sans réponses, mais cette impression d’être insatisfaite sur la psychologie des personnages me titille un peu. Jack est clairement un homme complexe, qui a des problèmes dans sa tête et peut-être que l’autrice aurait du s’attarder un peu plus à nous expliquer comment il en est arrivé là. J’ai trouvé la psychologie des personnages un peu trop « facile ». C’était un peu comme : « Elle enferme son fils, elle est folle et voilà », on ne cherche pas vraiment plus. Idem pour Jack, il est tantôt joyeux et de bonne humeur et tantôt désagréable et méchant. Et rien n’explique cela. Cela m’a un poil frustrée je dois le reconnaître.

Mais en dehors de ça, j’ai passé un bon moment avec ce livre. L’ambiance pesante, oppressante et mystérieuse que dégage cette histoire, fait de « Le passage du diable », un bon bouquin pour la période d’Halloween par exemple. Même si c’est du « Jeunesse », je le recommande à des personnes qui ont au moins 15 ans. 

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« Ah! Les livres! Sans eux, je serais devenu fou.
Je ne pouvais ni nager, ni marcher, alors d’autres remontaient à ma place des rivières infestées de crocodiles et escaladaient des sommets enneigés. Je ne me souviens plus comment j’ai appris à lire. »
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« Les passages du diable sont les chemins les plus ordinaires. Croyez-moi. Et le mal n’a pas toujours les traits de la laideur. On ne saurait lire, sur le visage d’un homme, la couleur de son âme. Mais rassurez-vous, poursuivit-il en levant les bras, il existe un moyen de s’en défendre, un seul. Car le diable ne peut arriver a ses fins sans votre aide. Il ne triomphe que si vous lui ouvrez la porte. »