Chronique, Drame/Contemporain

L’enfant du Titanic – Leah Fleming

couv59551607L’enfant du Titanic de Leah Fleming

15 avril 1912. Dans l’horreur du naufrage, deux femmes qui n’auraient jamais dû se rencontrer voient leurs destins liés à jamais. Sauvées in-extremis, May et son bébé trouvent chaleur et réconfort dans les bras de Celeste. Une amitié est née, qui se renforce au fil du temps. Mais alors que survivre a donné à Celeste courage et goût de la liberté, May semble n’avoir jamais surmonté le drame. Un lourd secret qu’elle porte depuis le soir du naufrage pèse sur sa conscience…

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Edition : Pocket  Genre : Drame/Historique ◈ 632 pages ◈ Sortie : 2014 (en poche) ◈ Ma note :  14/20

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Quelques mots sur l’auteure…

Leah Fleming est une auteur de romance historique anglaise. Mariée et mère de quatre enfants, elle partage sa vie entre l’Angleterre et la Crète. Après avoir exercé de nombreux métiers, elle se consacre maintenant exclusivement à l’écriture. Après L’Enfant du Titanic et La Jeune Fille sous l’olivierLa Carte postale est son troisième roman publié en France.

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L’enfant du Titanic raconte l’histoire de May et de Céleste, deux femmes que tout oppose et qui pourtant vont être liées à jamais par un événement qui fait encore parler de lui aujourd’hui : le naufrage du Titanic. Issue de la « bourgeoisie », Céleste rentre aux Etats-Unis à bord du Titanic après assister aux funérailles de sa mère en Angleterre. May quant à elle vient de la classe moyenne et embarque à bord du paquebot avec son mari Joe et sa petite fille Ellen, afin de vivre une nouvelle vie. Le 12 avril 1912 le Titanic est heurté par un iceberg, le naufrage a commencé. May et Joe essaient tant bien que mal d’embarquer sur un canot de sauvetage afin de sauver leur vie et celle de leur fille, mais c’est peine perdue. Il n’y a plus un seul canot de disponible. Ils prennent donc la décision de sauter du bateau avec leur enfant afin d’essayer de rejoindre les survivants. Une fois plongée dans l’eau glacée, May perd de vue son mari et sa fille. Alors qu’elle sombre peu à peu dans les ténèbres, elle est secourue par Céleste qui a réussi à embarquer sur un canot de sauvetage. Quelques minutes plus tard, alors qu’elle avait perdu espoir de retrouver sa fille et son mari, le Capitaine Smith surgit de l’eau, un bébé dans les bras et le confit aux survivants avant de s’en aller. Soulagée d’avoir retrouvé sa fille mais triste d’avoir perdu son mari, May attend avec les autres l’arrivée des secours. Le Carpatia arrive quelques heures plus tard et ce n’est qu’une fois à son bord que May constate que le bébé qu’elle tient dans ses bras n’est pas le sien. 

Quel résumé mes amis ! Alors, ce livre c’est vraiment une relique de ma PAL (plus de 2 ans et demi qu’il traîne sur mes étagères). Je l’ai sortie grâce à Livraddict en fait. Je ne savais vraiment pas quoi choisir comme lecture alors j’ai été dans ma PAL Livraddict et j’ai demandé de choisir un livre au hasard et c’est tombé sur celui-là. Que dire de cette lecture ? Difficile pour moi à l’heure où je vous écris de vous dire si j’ai aimé ce livre ou non car même si je l’ai lu en deux jours à peine, j’ai quand même eu des difficultés avec ce livre. C’était un peu une lecture en dents de scie. 

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Si je devais essayer de résumer mon ressentie pour cette lecture je dirai que j’ai adoré les 150 premières pages et les 150 dernières pages. Et que, tout ce qui se trouve au milieu, soit un total de plus de 300 pages, n’était rempli que de longueurs qui ont mis à mal ma lecture. Alors, après je le reconnais j’ai craqué pour ce roman uniquement à cause de son titre. Etant passionnée par l’histoire du Titanic, je n’avais pas cherché plus loin à l’époque. Il faut savoir que ce livre parle du Titanic certes, mais que brièvement. Durant les 100 premières pages on va parler du bateau et de la traversée, du naufrage, du sauvetage et un peu de l’après sauvetage. Et tout ceci en seulement 100 pages donc autant vous dire que pour un livre qui en fait plus de 600 c’est très peu. Passé donc ce début que j’ai adoré et dévoré, j’ai commencé à trouver la lecture assez monotone. J’ai eu beaucoup de difficultés à apprécier le personnage de May. Je l’ai trouvé très effacée, peu développée, fade, pour moi, elle se laissait vivre sans plus. Il ne lui arrive rien d’intéressant ni de pertinent. Céleste quant à elle est un personnage plus vivant, plus dynamique, à qui la vie n’a pas vraiment fait de cadeaux puisqu’elle vit avec un mari autoritaire et violent. C’est une femme qui a des valeurs, des principes et qui souhaite les défendre. Elle veut que le monde change, que les femmes aient plus de pouvoirs et va militer pour cela. La suivre a donné un peu de peps à la lecture mais cela restait malgré tout très long de par les passages sur May. 

J’ai vraiment trouvé que le récit manquait de rythme. Les dialogues étaient, je trouve, surfaits, prévisibles et très peu réalistes puisque j’ai trouvé qu’ils ne correspondaient pas à l’époque où l’histoire est censée se dérouler en fait (entre 1912 et 1959). Après cela vient peut-être de la traduction aussi donc bon, disons que je peux laisser couler (allez, soyons fous !). Mais s’il n’y avait que le rythme… J’ai vu où Leah Fleming voulait en venir et j’ai vu les messages qu’elle voulait faire passer à travers son livre. J’ai également vu et compris les thèmes qu’elle souhaitait aborder à travers son roman, à savoir : le divorce, le viol, le droit de vote pour les femmes, les violences conjugales, les deux guerres mondiales, le deuil, l’amour, l’amitié, l’espoir etc… Tout ça je l’ai compris, je l’ai vu mais malheureusement, ça manquait cruellement de profondeur. Tous ces thèmes, tous aussi plus intéressants les uns que les autres, ne sont, au final, que survolés car justement il y en a trop. Il fallait se concentrer sur certains d’entre eux si l’on voulait un récit pleinement efficace et poignant. Or là, moi personnellement, je suis un peu passée à côté.

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En dehors de ça, j’ai trouvé la plume de l’auteure fluide et du coup ça va, la lecture était plutôt agréable malgré les longueurs. C’est un roman qui avait du potentiel mais qui malheureusement manque un peu de profondeur. En revanche je dois reconnaître que la fin est quand même belle et poignante. J’ai failli verser une petite larme par conséquent ça remonte le niveau du bouquin. Si je devais vous donner un conseil c’est que si vous vous lancez dans cette lecture, attendez vous à ne pas avoir trop de détails sur l’histoire du Titanic. Ne faites pas une fixation sur ce titre car le Titanic ne représente qu’une minuscule partie du bouquin. Autres petits conseils, si vous trouvez, comme moi qu’il y a des longueurs, j’ai envie de vous dire, faites un effort. Essayer d’aller jusqu’au bout car les 150 dernières pages sont rythmées et la fin est plutôt belle. 

Pour conclure je dirai que L’enfant du Titanic a été une lecture en dents de scie pour moi mais je pense que je peux quand même dire que malgré les défauts que j’ai pu relever plus haut, j’ai aimé ma lecture. Le début était passionnant et la fin très belle et très rythmée. Laissez-vous tenter par ce roman si le coeur vous en dit. Il traite de sujets intéressants même s’ils sont survolés et la plume de l’auteure est agréable et donc ça aide beaucoup. 

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« L’esprit est un mystère. Beaucoup de nos étudiants, au séminaire, sont revenus de la guerre complètement changés. Certains ont perdu la foi, d’autres ont dû suivre des cures pour se désaccoutumer de l’alcool ou des dogues. La guerre ne détruit pas que les bâtiments, les machines et les corps. »

« Fascinée par tant de beauté, Celeste contemplait les icebergs qui les environnaient. Sous le soleil levant, ils scintillaient tels des joyaux. Parmi eux se trouvait le monstre qui avait provoqué ce désastre. Que la nature était donc cruelle de se servir d’une telle splendeur pour semer la mort et la destruction … »

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Chronique, Drame/Contemporain

Chanson douce – Leila Slimani

couv24823970Chanson douce de Leila Slimani

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

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Edition : Folio Genre : Contemporain ◈ 256 pages ◈ Sortie : 2018 (Poche) ◈ Ma note : 10/20

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Quelques mots sur l’auteure…

Leïla Slimani, née le , est une journaliste et écrivaine franco-marocaine.  En 2013, son premier manuscrit est refusé par toutes les maisons d’édition auxquelles elle l’avait envoyé. Elle entame alors un stage de deux mois à l’atelier de l’écrivain et éditeur Jean-Marie Laclavetine. En 2014, elle publie son premier roman aux éditions Gallimard Dans le jardin de l’ogre. Le sujet (l’addiction sexuelle féminine) et l’écriture sont remarqués par la critique et l’ouvrage est sélectionné dans les cinq finalistes pour le prix de Flore 2014Son deuxième roman, Chanson douce, obtient le prix Goncourt 2016.

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Petite déception pour ce roman. N’ayant jamais lu de prix Goncourt, j’attendais beaucoup de ce roman mais malheureusement la déception était au rendez-vous. Et c’est dommage puisque ça partait plutôt bien. J’ai lu ce bouquin en une soirée et d’une seule traite. J’ai trouvé la lecture intéressante et addictive au début et ce malgré une plume un peu hachée et pas du tout fluide. En effet, même si, pour ma part en tout cas, ça ne m’a pas gêné, il faut savoir que la plume de Leila Slimani manque cruellement de fluidité. Les phrases sont courtes, brutales et il n’y a pas vraiment de transition entre les paragraphes. Comme je l’ai dit cela ne m’a pas posé de problème pour ma lecture. J’ai malgré tout trouvé le roman addictif. Les pages se tournaient vraiment toutes seules et j’avais envie de connaître le fin mot de l’histoire.

aas.pngMais par contre là où je pense que cette plume particulière fait défaut et pose problème au lecteur c’est lorsque que l’on se rend compte qu’on n’arrive pas à s’attacher au personnage. Le gros soucis que j’ai eu avec cette histoire (ça, mais il y a aussi un autre point qui m’a fait tiquer) c’est qu’à aucun moment je n’ai ressenti d’émotion ou de compassion pour les personnages. J’ai l’impression que le style d’écriture utilisé par l’auteure met une barrière entre le lecteur et l’intrigue. Il est difficile de se plonger complètement dans l’histoire, on a surtout cette impression d’être un spectateur de ce qu’il se passe. L’évolution de Louise est intéressante à suivre certes, mais à aucun moment je ne l’ai comprise. Cette femme, ainsi que tous les autres personnages du roman, reste un mystère pour moi. Et c’est là que je vais rebondir sur la seconde chose qui m’a fait tiquer dans ce roman : le manque d’explication. Progressivement, on va voir que le personnage de Louise va disjoncter mais nulle part l’auteure explique le pourquoi du comment. Cela reste très flou et c’est pour cette raison que j’ai eu une déception pour cette lecture. Dès les premières lignes on sait que Louise a fait du mal aux enfants de Myriame et Paul. L’auteure a fait le choix de remonter en arrière dans le temps afin que l’on fasse la connaissance de Louise et que l’on soit dans sa tête afin de comprendre pourquoi elle a tuer les enfants. Mais… J’ai l’impression de ne pas avoir eu de réponse à cette question justement. Ou alors je n’ai rien compris, je ne sais pas.

Je n’ai vraiment pas apprécié ce sentiment de frustration. L’auteure met tout en oeuvre pour entretenir un suspense, qui rend par conséquent la lecture addictive, mais à la fin on a rien. Ou alors, je le répète c’est peut-être moi qui suis passée à côté de quelque chose. Dans tous les cas, en refermant le livre je me suis dit : Oui, d’accord mais quoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce-qui motive ce geste ? Et je n’ai pas reçu de réponses à mes questions. Cela reste flou pour moi, je n’ai pas eu la chute finale que j’espérai et du coup, déception pour moi rien de plus. Avec une phrase aussi cash en début de roman (« Le bébé est mort »), je m’attendais à être envahie par toutes sortes d’émotions et cela n’a pas été le cas. Je pensais sincèrement que l’on allait découvrir comment Louise avait pu en arriver là. J’espérai un livre fort, poignant et je m’étais préparée psychologiquement à me prendre une belle claque. Claque qui n’a jamais pointé le bout de son nez. Je suis ressortie de cette lecture avec le sentiment d’avoir un peu perdu mon temps. Je n’ai tout bonnement pas eu de réponses à mes questions et l’incompréhension a envahi mon esprit à la fin de cette lecture.

Pour conclure je dirai que « Chanson douce » a été déception pour moi. Je suis restée stoïque face au personnage de Louise que je n’ai tout simplement pas comprise. Elle reste une énigme pour moi et j’ai le sentiment de n’avoir rien appris sur cette femme à la fin de ma lecture. Je ne comprends pas l’engouement autour de ce roman. Des questions sont restées sans réponses. Cette lecture m’a laissée un peu de marbre alors que l’histoire paraissait poignante et dramatique. Dommage !

Chronique, Drame/Contemporain

A pas de velours de Denis O’Connor

couv69523740A pas de velours de Denis O’Connor

Le soir où Denis O’Connor sauve un chaton d’à peine deux semaines d’une mort certaine au beau milieu d’une tempête de neige, il ignore que cette petite créature va changer sa vie à jamais. Alors qu’il semblait n’y avoir aucun espoir, le petit rescapé survit miraculeusement pour devenir un grand et beau chat. Baptisé « Toby Jug », il nouera avec son sauveteur des liens d’une force incroyable et une extraordinaire complicité.

 

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Edition : Milady  Genre : Témoignage ◈ 224 pages ◈ Sortie : 17 Mai 2017 ◈ Ma note : 15/20

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Quelques mots sur l’auteur…

Denis O’Connor a exercé les fonctions de psychologue et d’enseignant. Il a professé dans des écoles et dans des collèges et universités. Maintenant retraité, il vit avec son épouse Catherine et ses deux chats de race Maine Coon dans un coin retiré du Northumberland et écrit des livres.

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A pas de velours raconte l’histoire de Denis O’Connor qui va faire une rencontre incroyable qui restera à jamais gravé dans sa mémoire. C’est donc avec émotion qu’il nous conte l’histoire de son chat Toby Jug qu’il a sauvé d’une mort certaine un soir de janvier 1966. Pris d’affection pour le chaton, des liens très forts vont se tisser entre l’homme et l’animal. 

Après avoir enchaîné deux « mauvaises » lectures, j’avais besoin d’un livre qui me redonne un peu l’envie de lire. Quand lors de la Grosse OP 2018 je suis tombée sur ce livre, la passionnée d’animaux et l’auxiliaire vétérinaire que je suis n’a pas pu résister plus longtemps et je me le suis pris. Aussitôt acheté, aussitôt lu. Même si ce ne fût pas la lecture du siècle j’ai quand même passé un très bon moment en compagnie de Denis O’Connor et de son chat Toby Jug.

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Concrètement, c’est un livre pleins d’espoirs, de douceur, d’amour et de complicité que nous offre l’auteur. Il est difficile de rester insensible à ce petit chaton. On s’y attache très vite et plus les pages se tournent plus l’on ressent l’attachement de Toby Jug à son maître et inversement. On se rend compte également que l’auteur a une vrai passion pour les animaux et la nature en général. Cette passion est omniprésente dans le roman et du coup cela fait de ce récit un récit très contemplatif. Il ne faut donc pas avoir peur des longueurs car ce livre en contient beaucoup. A côté de ça, il ne faut pas non plus se leurrer, il s’agit d’un récit autobiographique. L’histoire est belle et touchante certes mais il n’y a ni action, ni rebondissement. On reste donc dans une « intrigue » très linéaire car l’auteur nous raconte son quotidien avec son animal. La vie d’un chat n’étant pas très existante, l’histoire peine un peu à attirer l’attention du lecteur et à le captiver. 224 pages ça reste limite pour parler uniquement de la vie de son chat et de l’amour qu’il a pour lui. Même si l’on sent que Denis O’Connor est passionné il a quand même su s’arrête là où il le fallait pour ne pas que le lecteur soit lasser de l’histoire.

Je ne vais pas vous cacher, au bout d’une centaine de page l’ennuie a commencé à pointer le bout de son nez. Mais, en faisant régulièrement des pauses, à aucun moment je n’ai eu l’envie d’abandonner le livre. Je voulais réellement savoir ce qui allait arriver à Toby Jug à la fin. Et en parlant de fin, celle-ci est vraiment poignante. En tant qu’auxiliaire vétérinaire, la mort d’un animal me touche énormément et ce même si c’est une chose à laquelle je suis régulièrement confrontée. Par conséquent, la mort de ce petit Maine Coon m’a profondément fait mal au coeur. Je dois dire que c’est ce que je redoutais le plus dans ce roman. Je savais que tôt ou tard l’auteur allait nous dire comment il avait perdu son chat et même si je me le répétais sans cesse, je n’ai pas pu retenir la petite larme à la fin.

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Un petit mot quand même sur la plume de l’auteur. Il n’y pas grand chose à dire, je l’ai beaucoup apprécié. Elle est riche, très descriptive et très fluide. C’est un livre agréable et rapide à lire et ce, même-si les longues descriptions sont omniprésentes dans ce récit.

Pour conclure je dirai qu’à pas de velours est un livre à lire et ce malgré les quelques longueurs qu’on peut y trouver. C’est un récit touchant avec une fin poignante qui ne vous laissera pas de marbre c’est certain. Si vous aimez les récits contemplatifs, les longues descriptions de paysages et la nature dans sa globalité, alors laissez-vous tenter. J’insiste sur le fait qu’il s’agit d’un témoignage donc l’action n’est pas le centre de ce roman. Si vous pensez que allez vous ennuyer parce que vous avez besoin que ça « bouge » un minimum alors ne vous lancez pas dans cette lecture pour ne pas être déçu. En revanche, si le sauvetage et l’histoire de Toby Jug vous intéresse et que vous n’avez pas peur de verser votre petite larme à la fin, lancez-vous !

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« Nul ne se risquerait à dire que l’amour – le sentiment le plus puissant entre tous – n’entre pas en ligne de compte quand un humain fait d’une bête son animal de compagnie. Les sceptiques ne manqueront pas de répliquer que cet amour est à sens unique. […] Je crois pour ma part qu’un l’instar des humains les animaux ont besoin d’être aimés autant que nourris. »

« A mes yeux, les animaux ont tous une personnalité propre – au même titre que les humains. […] Les chats que j’ai connus ont tous joué un rôle important en m’aidant à discerner la nature du comportement animal, mais aussi à prendre conscience du fait que chacun a droit à une vie propre. »

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Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

couv16017993Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des nœuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.

Le 6 avril 2016.

Par euthanasie volontaire assistée.

 

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Edition : J’ai Lu  Genre : Contemporain ◈ 254 pages ◈ Sortie : 10 Janvier 2018 (poche) ◈ Ma note : 17/20

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Quelques mots sur l’autrice…

Sophie Jomain est une autrice française de romans fantastiques pour jeunes adultes et adultes, née le  à Villefranche-sur-Saône. Elle a, à ce jour, publié 16 romans et nouvelles. Influencée par la littérature Young Adult américaine, elle se lance très tardivement dans l’écritureD’abord archéologue, elle se consacre désormais entièrement à l’écriture et sort environ deux romans par anEn août 2010, les éditions Elzévir publient à compte d’auteur Vertige, le premier tome de sa série fantastique Les étoiles de Noss Head inspirée par les Highlands et plus précisément Wick (Écosse). En octobre 2011, Sophie Jomain signe son premier contrat à compte d’éditeur avec les éditions Rebelle qui reprendront les Étoiles de Noss Head dont il publieront le cinquième et dernier tome en 2014. La série, annoncée par les Éditions J’ai lu comme étant la première série New Adult française, connaît un succès qui permettra à Sophie Jomain d’être éditée chez de plus grands éditeurs en France (J’ai Lu d’abord, France Loisirs ensuite), ainsi qu’à l’étranger. En parallèle, elle publie son premier roman d’urban fantasy en 2011 : Felicity Atcock. Grande lectrice de romance, en 2013, elle décide de se lancer dans le genre et publie Cherche jeune femme avisée aux Editions J’ai lu en 2014, puis D’un commun accord, la suite, en 2015, chez le même éditeur.

Source – Site Internet de Sophie Jomain

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Dans Quand la nuit devient jour, on va suivre Camille qui va nous raconter à quel point elle se sent mal dans son corps et dans sa tête. En effet, depuis l’enfance, Camille n’a jamais aimé sa vie et encore moins son corps. Se trouvant trop maigre et étant moquée par ses camarades, elle décide un jour de prendre un peu de poids. Et pour cela, il n’y a pas trente-six solutions, elle se met à manger tout et n’importe quoi. Le résultat est satisfaisant au début mais les autres continuent de se moquer d’elle et par conséquent Camille se réfugie dans la nourriture. Durant toute son adolescence elle va grossir et maigrir. Ses parents, inquiets, essaieront de faire le maximum pour que la jeune femme sorte de cette phase de dépression mais ce sera sans succès. Emprisonnée dans un corps qu’elle déteste, n’aimant pas l’image qu’elle renvoie aux autres, Camille devient peu à peu agoraphobe et n’entretient plus aucune vie sociale. C’est alors qu’elle prend la décision de se faire euthanasier en Belgique. Ne pouvant plus vivre de cette façon, la mort apparaît comme une sorte de délivrance pour la jeune femme.

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Le résumé de ce livre m’a beaucoup fait penser au livre Véronika décide de mourir de Paulo  Coelho, un livre que je n’avais pas aimé plus que ça. Je ne vous cache pas que j’ai été un peu réticente au début. N’ayant pas compris les choix ni la psychologie de Véronika dans le livre de Paulo Coelho, je me demandais si ce genre de livre allait me plaire ou non. Et puis, je me suis lancée, je me suis dit « Pourquoi pas ? », après tout le sujet m’intéresse et m’interpelle. Et bien sans passer par quatre chemins j’ai beaucoup aimé ce livre. Là où Paulo Coelho n’avait pas su me convaincre, Sophie Jomain l’a fait avec brio. 

Sophie Jomain, je l’ai découverte grâce à la Saga Les étoiles de Noss Head que j’avais beaucoup aimé. J’étais donc très curieuse de la découvrir dans un tout autre univers et la lecture de Quand la nuit devient jour a été excellente pour ma part. Avec ce livre c’est soit ça passe, soit ça casse. Je ne pense pas que l’on puisse trouver un juste milieu en abordant des thèmes aussi poignants : la dépression, l’euthanasie assistée etc… C’est un pari assez osé que l’autrice s’est lancé et rien que pour cela je lui tire mon chapeau car, entre nous, il fallait oser !

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Mais bon, entrons dans le vif du sujet. Déjà la plume de Sophie Jomain. Je pense qu’elle y est pour beaucoup dans le fait que j’ai aimé cette histoire. Pour la Saga Les étoiles de Noss Head je me rappelle avoir dit que c’était une saga qui ressemblait beaucoup à Twilight mais qu’à choisir je préférai lire du Sophie Jomain plutôt que du Stéphanie Meyer. Et bien là, c’est la même chose. J’ai trouvé quelque similitude avec l’histoire de Véronika dans le livre de Paulo Coelho, à savoir le fait de vouloir à tout prix mourir et la dépression. Mais ici, la plume de l’autrice fait qu’on trouve la psychologie du personnage beaucoup plus intéressante et captivante que celle de Véronika. Mais bon, j’arrête là la comparaison car, même si ces deux personnages sont dépressifs et souhaitent mettre fin à leur jour, la tournure des événements est complètement différente par la suite, donc, en soi, ces deux livres ne se ressemblent pas tellement. Pour en revenir à la plume de Sophie Jomain, elle est très fluide et n’apporte aucune lourdeur au récit. C’est plutôt un point très positif quand on voit la dureté des thèmes abordés. 

L’autrice a su retranscrire de façon très minutieuse et précise les pensées de Camille, à tel point qu’il est facile pour le lecteur de se glisser dans sa tête et de la comprendre, de comprendre le mal qui la ronge. (Ce que Paulo Coelho n’avait, pour moi, pas réussi à faire ! Bon, ok j’arrête promis !). Plus on tourne les pages, plus on comprend que Camille est vraiment rongée de l’intérieur. Son mal-être est profond et va au-delà de la simple dépression, au-delà de la compréhension humaine. C’est une jeune femme complètement brisée, à tel point que vivre lui est insoutenable. Comment peut-on imposer une telle souffrance à quelqu’un ? On est en droit de se dire qu’après tout elle n’a jamais demandé à être là et qu’elle n’a pas choisi de vivre. La mort est la seule délivrance que la vie puisse lui offrir. Et tout ceci est tellement bien argumenté, tellement bien amené par Sophie Jomain qu’on ne peut, au final, que comprendre et accepter le choix de Camille. Elle a su me convaincre, je n’ai pas d’autres mots pour le dire aussi clairement. C’est une lecture convaincante pour moi et ce, malgré la dureté du récit. 

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J’ai trouvé le personnage de Camille très courageuse (et oui). Je sais que beaucoup de personnes pensent que se suicider c’est choisir la facilité. Je ne suis pas d’accord. Décider de mettre un terme à sa vie demande un courage inimaginable. Je ne suis pas là pour polémiquer sur le sujet, je dis simplement ce que je pense de cette lecture et pour moi Camille est une personne courageuse, forte et non une personne faible qui choisit la facilité. Pourquoi ? Parce qu’elle a conscience qu’elle va faire du mal à ses proches, elle a conscience qu’elle a quand même vécue des bons moments dans sa vie mais que, la délivrance est plus forte que tout. Peu importe l’amour de ses proches, peu importe la joie, l’amitié, l’amour et le bonheur que les gens lui apporteront, elle sait que cela ne lui apportera rien à de bon. Elle veut tout simplement se libérer, se libérer de ce corps qu’elle n’accepte pas et de cet état d’esprit qui l’enfonce de plus en plus chaque jour. Alors oui, on peut se dire que c’est égoïste mais l’autrice ne s’attardera pas sur cet aspect de la situation, et tant mieux ! 

Je voudrai aussi revenir sur la fin du roman. Mon dieu mais quelle claque ! Quelle claque ! Certes la romance était prévisible (je me demandais même parfois : bon c’est quand qu’elle rencontre le mec de sa vie), mais alors la tournure des événements je ne m’y attendais pas du tout. Par conséquent, je trouve que cela a accentué la « crédibilité » des choses, du choix de Camille et de son personnage. Je tiens à vous prévenir : Attendez-vous à une fin ouverte ! Moi qui ne suis pas friande de ce genre de fin, là pour le coup j’ai été satisfaite. Une part de mystère règne pendant un moment dans vos esprits une fois que avez tourné la dernière page, mais cette sensation n’est pas frustrante ni désagréable. 

Pour conclure je dirai que Quand la nuit devient jour est un roman poignant, abordant des thèmes intéressants et qui interpellent le lecteur. Ce n’est pas une lecture doudou, soyez prévenus. Si vous ne l’avez pas encore lu, j’ai envie de dire : qu’attendez-vous ?! 

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« J’ai choisi de mettre fin à mes jours, certes, rien d’autre n’a vraiment d’importance – c’est du moins ce que penseraient la plupart des gens -, mais être libre de mourir comme on le souhaite, c’est aussi être libre de vivre comme on l’entend. »

« Ma mère et moi nous regardons dans le fond des yeux, et il se passe quelque chose. Nous y puisons cette certitude qui n’existe qu’entre une mère et son enfant, celle qu’à un moment de leur vie, ils n’ont fait qu’un, que le souffle de l’un était celui de l’autre, que le coeur du premier distillait la vie dans les veines du second. »

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Contrecoups de Nathan Filer

couv19620137Contrecoups de Nathan Filer

Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps… Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui « ressemble à un serpent ». Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal… Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde. Bouleversant, tourmenté, souvent drôle, Contrecoups est un roman tendre et courageux, porté par une voix absolument unique.

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Edition : 10-18  Genre : Jeunesse/Drame ◈ 336 pages ◈ Sortie : 1 Septembre 2016 ◈ Ma note : 15/20

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Quelques mots sur l’auteur…

Nathan Filer est un écrivain Anglais né en 1980. Il a été infirmier psychiatrique à l’hôpital de Bristol, la ville où il réside. Il a suivi les cours de Creative Writing de l’Université de Bath. Il a également travaillé comme poète contribuant régulièrement à des festivals et des événements à travers tout le Royaume-Uni. Sa poésie a été diffusée à la télévision et à la radio. En 2013, il remporte le Prix Costa pour son livre Contrecoups, qui est son premier roman. Il a connu un grand sucés et a été traduit dans plus de 30 langues. 

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Dans Contrecoups, on va suivre Matthew, 19 ans, qui est atteint de schizophrénie. A travers l’écriture il va essayer de reconstituer le puzzle de sa vie tout en nous racontant son histoire. Matthew est un jeune homme perdu depuis la mort de son frère Simon. Il n’arrive pas réellement à s’en remettre malgré les nombreuses années qui se sont, depuis, écoulées. Simon le hante, Matthew n’arrive pas à tourner la page et c’est pour cela qu’il se réfugie dans l’écriture. Il va nous raconter son histoire en n’hésitant à pas à remonter loin dans le passé.

Pour être honnête, en refermant ce bouquin j’ai eu le sentiment, qu’au fond, il n’y avait rien à dire et rien à chroniquer. (Attention, il ne faut pas prendre ses propos de façon négative). C’est clairement le ressenti que j’ai par rapport à ce livre et pourtant cela ne veut pas dire que je n’ai pas aimé ma lecture. C’est simplement que l’intrigue est assez spéciale car, si l’on regarde bien les choses, il ne se passe rien dans ce livre. On suit Matthew, schizophrène qui nous raconte sa vie et qui se concentre principalement sur son frère Simon qui est décédé alors qu’il n’avait que 9 ans. Et l’histoire s’arrête là. Donc on pourrait croire qu’à travers ses écrits, Matthew tente de faire le deuil de son frère, mais ce n’est qu’une supposition de ma part.

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Si vous vous attendez à de l’action, à des rebondissements ou tout simplement à un livre poignant, j’ai envie de dire : passez votre chemin et ne lisez pas ce bouquin, vous risquerez d’être déçusContrecoups est un livre centré principalement sur la psychologie. L’intrigue est limite inexistante puisque Matthew se contente d’écrire ses pensées afin d’extérioriser ce qu’il a dans sa tête. L’intrigue n’est donc pas extraordinaire et pourtant cela ne m’a pas empêché de trouver la plume de l’auteur addictive. J’ai lu ce livre en une journée et j’ai été étonnée de voir à quel point les pages défilaient rapidement entre les mains.

Il faut savoir que Nathan Filer est, à la base, infirmier en psychiatrie, donc il connaît très bien son sujet et c’est avec aisance qu’il nous décrit ce qu’il se passe dans la tête de notre schizophrène. Je tenais absolument à souligner ce point car j’ai pu lire beaucoup d’avis mitigé sur ce livre à cause du fait que l’auteur jongle beaucoup entre le passé et le présent et que certains passages étaient très répétitifs. Ce jonglage entre passé et présent n’étant pas très bien amené pour les lecteurs, beaucoup d’entre eux se sont donc sentis perdus, voire déstabilisés durant leur lecture. Je peux le comprendre mais il faut voir le livre tel qu’il est réellement. Ici, c’est Matthew le narrateur et non Nathan Filer. Matthew étant schizophrène, les choses se mélangent dans sa tête à tel point qu’il s’en retrouve parfois coupé de toute réalité. L’auteur étant un « spécialiste » de cette maladie c’est donc tout à fait normal d’avoir le sentiment d’être perdu puisque nous sommes dans la tête d’une personne ayant un trouble mental et ayant des hallucinations visuelles et auditives. C’est pour cela qu’il ne faut pas essayer de trouver une logique à toute cette histoire car il n’y en a pas. Il faut lire ce livre « bêtement », sans chercher des explications et sans chercher à interpréter les choses. Si vous faites ça, vous allez voir qu’au final, c’est un très bon roman.

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Donc, si l’on remet les choses dans son contexte, je trouve que le travail de narration effectué par Nathan Filer est époustouflant. Il a parfaitement su se glisser dans la peau et dans la tête d’un schizophrène et a réussi à retranscrire ce qu’il s’y passe. Pour ma part, j’ai trouvé la plume de l’auteur fluide et addictive. Contrecoups est un livre qui se lit bien. J’ai été embarquée dans cette histoire qui n’a pourtant rien d’extraordinaire. J’ai aimé suivre les pensées de Matthew et j’ai aimé me plonger dans ses souvenirs, même s’ils peuvent parfois paraître un peu confus. Le format du livre est, d’une certaine façon, original. Il contient des petits dessins, ainsi que des lettres ou des petites phrases écrites à la main. Cela apporte un petit plus au bouquin. 

Pour conclure je dirai que Contrecoups a été une bonne lecture pour moi, voire même une lecture complètement addictive. Je le recommande mais je préfère mettre en garde le lecteur : il ne faut pas s’attendre à un roman poignant ou à un roman rempli d’actions et de rebondissements. Dites-vous que vous allez plonger directement dans la tête d’un schizophrène, donc lisez les pages comme elles viennent et ne cherchez pas à interpréter quoi que ce soit ou à y trouver une logique. Laissez-vous aller tout simplement

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« La maladie mentale nous replit sur nous-mêmes. C’est mon avis. Elle fait de nous les prisonniers à vie de la douleur qui occupe nos têtes, tout comme la douleur d’une jambe brisée ou d’un pouce entaillé accapare l’attention et s’y cramponne au point que la jambe ou le pouce valides cessent d’exister. 
Je suis coincé, replié sur moi-même. »

« On a tous en nous un mur qui sépare les rêves de la réalité, mais le mien est fissuré. En se tortillant, en se faisant tout petits, les rêves arrivent à passer au travers jusqu’à ce que je ne puisse plus bien faire la différence.
Des fois le mur s’écroule complètement.
C’est là que les cauchemars commencent. »

Chronique, Drame/Contemporain, Jeunesse/Aventure

Le passage du diable d’Anne Fine

couv17922005Le passage du diable d’Anne Fine

Depuis son plus jeune âge, Daniel Cunningham a vécu enfermé, avec pour seule compagnie les livres et sa mère – qui l’a gardé reclus, à l’écart du monde extérieur, et qui n’a cessé de lui répéter qu’il était malade. Un jour, des coups frappés à la porte vont tout changer. Des voisins ont découvert son existence, et résolu de libérer Daniel de l’emprise de sa mère. Pris en charge par le Dr Marlow et sa famille, il va découvrir peu à peu que tout ce qu’il tenait pour vrai jusque-là n’était qu’un tissu d’histoires racontées pour le protéger. Mais le protéger de quoi ? De sa vie d’avant, Daniel n’a gardé qu’une maison de poupée. Et pas n’importe quelle maison de poupée : c’est la réplique exacte de la maison natale de sa mère, une maison qui recèle de nombreux et sombres secrets. Jusqu’à quels vertiges ces secrets conduiront-ils Daniel ?

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Edition : L’école des loisirs  Genre : Jeunesse/Drame ◈ 366 pages ◈ Sortie : Juin 2015 ◈ Ma note : 15/20

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Quelques mots sur l’autrice…

Anne Fine est née à Leicester en 1947. Après ses études dans des écoles de filles, elle est devenue professeur, mais ne l’est pas restée très longtemps. Ses romans, caractérisés par une insolence et un humour dévastateurs, ont été acclamés par la critique. Elle a obtenu le Guardian Children’s Fiction Award et la Carnegie Medal pour « L’Amoureux de ma mère ». « Madame Doubtfire » (paru une première fois sous le titre « Quand Papa était femme de ménage ») a été porté à l’écran et a connu un immense succès. Anne Fine écrit également pour les adultes. « Un bonheur mortel » (Editions de l’Olivier) a reçu en 1990 le Scottish Arts Council Book Award. Elle a été désignée en 2001 comme Children’s Laureate au Royaume-Uni, devenant ainsi ambassadrice de la littérature de jeunesse pendant deux ans.

Source

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Le passage du diable raconte l’histoire de Daniel, un jeune garçon vivant avec sa mère. Depuis toujours, la mère de Daniel le « surprotège », elle ne le laisse jamais sortir de sa chambre et le traite comme un enfant malade, l’obligeant à être alité toute la journée, alors qu’il n’en n’est rien. Son comportement et le fait qu’elle empêche son enfant de sortir alerte le voisinage qui décide, avec l’aide du médecin Mr Marlow, de sauver l’enfant. C’est un Daniel maigre et affaiblit que Mr Marlow découvre. Liliana est emmenée de force dans un asile psychiatrique et son fils est quant à lui, placer chez la famille Marlow. Il n’emporte qu’une seule chose avec lui : la maison de poupée de sa mère, une maison avec laquelle il a joué pendant des heures. Les jours passent et Daniel reprend des forces. Il ne souhaite qu’une seule chose à présent c’est de revoir sa mère. Mr Marlow accepte et l’emmène à l’asile psychiatrique où se trouve Liliana. Mais un drame se produit et la vie du petit Daniel va prendre un mauvais tournant. 

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La couverture ainsi que le résumé de ce livre intriguaient énormément il faut l’avouer et c’est pour cela que je me suis laissée tenter. Je m’attendais à lire une histoire, pas effrayante, mais mystérieuse, sombre et peut-être même un peu bizarre et c’est tout à fait le cas. Ce livre m’a fait un drôle d’effet car c’est typiquement le genre de livre qui est assez lent, monotone au niveau de l’intrigue mais qui pourtant a un effet totalement addictif sur vous ! Je trouvais que l’histoire peinée à se mettre réellement en place. Passée plus de la moitié du bouquin je trouvais qu’à part cette ambiance oppressante et étrange, il n’y avait malheureusement pas grand chose d’intéressant dans ce bouquin. Et pourtant, quelque chose au fond de moi me disait de m’accrocher car j’étais persuader qu’il allait se passer un truc, qu’il allait y avoir un twist ou un rebondissement. Et d’une certaine façon ce fût le cas car petit à petit l’histoire prend une tournure assez intéressante, captivante qui fait son petit effet sur le lecteur.

J’ai beaucoup aimé ce roman. L’intrigue évolue d’une façon si naturelle qu’on s’aperçoit rapidement qu’Anne Fine a le don de bien ficeler son histoire. Le suspense est relativement bien doser et la plume de l’autrice est agréable, facile à lire, fluide, ce qui rend la lecture aisée. C’est un livre qui se lit d’une seule traite et qui est, je trouve, d’une très belle qualité. Ajouter à cela le fait que l’histoire sort de l’ordinaire, je ressors conquise et satisfaite de cette lecture.  

3J’ai quand même trouvé un ou deux points noir dans tous ça, mais je tiens à prévenir qu’il ne s’agit là que de mes goûts personnels. Tout d’abord, j’aurai aimé en savoir un peu plus sur le personnage de Liliana, la mère de Daniel. Je trouve que l’autrice n’a pas donné assez d’information sur sa vie et sur le fait qu’elle soit devenue folle. Alors, certes on a l’explication dans le livre, mais j’aurai aimé voir par exemple des flash-back, des scènes où Daniel se souvient de ce que faisait sa mère. J’aurai aimé que l’autrice prenne le temps de nous montrer comment la folie s’est progressivement installée dans la tête de Liliana. Et il en est de même pour le personnage de Jack. Anne Fine nous donne des explications, donc on ne peut pas dire que des questions restent sans réponses, mais cette impression d’être insatisfaite sur la psychologie des personnages me titille un peu. Jack est clairement un homme complexe, qui a des problèmes dans sa tête et peut-être que l’autrice aurait du s’attarder un peu plus à nous expliquer comment il en est arrivé là. J’ai trouvé la psychologie des personnages un peu trop « facile ». C’était un peu comme : « Elle enferme son fils, elle est folle et voilà », on ne cherche pas vraiment plus. Idem pour Jack, il est tantôt joyeux et de bonne humeur et tantôt désagréable et méchant. Et rien n’explique cela. Cela m’a un poil frustrée je dois le reconnaître.

Mais en dehors de ça, j’ai passé un bon moment avec ce livre. L’ambiance pesante, oppressante et mystérieuse que dégage cette histoire, fait de « Le passage du diable », un bon bouquin pour la période d’Halloween par exemple. Même si c’est du « Jeunesse », je le recommande à des personnes qui ont au moins 15 ans. 

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« Ah! Les livres! Sans eux, je serais devenu fou.
Je ne pouvais ni nager, ni marcher, alors d’autres remontaient à ma place des rivières infestées de crocodiles et escaladaient des sommets enneigés. Je ne me souviens plus comment j’ai appris à lire. »
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« Les passages du diable sont les chemins les plus ordinaires. Croyez-moi. Et le mal n’a pas toujours les traits de la laideur. On ne saurait lire, sur le visage d’un homme, la couleur de son âme. Mais rassurez-vous, poursuivit-il en levant les bras, il existe un moyen de s’en défendre, un seul. Car le diable ne peut arriver a ses fins sans votre aide. Il ne triomphe que si vous lui ouvrez la porte. »
Chronique, Drame/Contemporain

A nos vies (presque) parfaites ! de Liz Fenton et Lisa Steinke

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Casey et Rachel sont les meilleures amies du monde depuis leurs années de lycée. Pourtant leurs vies sont diamétralement opposées ! Tandis que Casey, jolie célibataire sans enfant, ne vit que pour sa brillante carrière d’animatrice télé, Rachel a épousé son premier amour et jongle entre les couches de la petite dernière et deux adolescentes rebelles. Lors d’une soirée d’anciens élèves, une dispute éclate entre les deux amies qui se jalousent mutuellement. Et c’est là qu’un barman étrange leur offre un drôle de cocktail. Le lendemain, chacune se réveille dans le corps de l’autre ! Vont-elles enfin se poser enfin les vraies questions et remettre leurs vies d’aplomb ? A moins que… Et si l’une des deux ne voulait plus revenir en arrière ?

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Edition : Pocket  Genre : Contemporain/Fantastique ◈ 384 pages ◈ Sortie : 22 Juin 2017 ◈ Ma note : 14/20

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Quelques mots sur les autrices…

Liz Fenton et Lisa Steinke sont amies depuis plus de 25 ans. Elles n’hésitent pas à s’inspirer allègrement de leurs propres expériences et petites galères du quotidien pour écrire leur livre à quatre mains. A nos vies (presque) parfaites est publié chez les éditions Prisma en 2015 avant d’être publié sous format poche chez Pocket en 2017.

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Dans A nos vies (presque) parfaites !, on va suivre Rachel et Casey qui sont meilleures amies depuis plus de 20 ans. Rachel est mariée, mère de trois enfants et ne travaille pas. Elle passe ses journées à s’occuper de ces trois filles, de son mari et de sa maison. Casey, quant à elle, est une star. Elle est présentatrice TV et a fait une très belle carrière dans le milieu télévisuel. Sa vie est rythmée par les interviews de stars, les grandes soirées et le shopping de luxe. Tout oppose Rachel et Casey et cela s’en ressent dans leur relation. Même si elles sont amies depuis longtemps, au fil des années elles se sont comme qui dirait perdues de vus. La réunion d’anciens élèves de leur lycée approche et c’est l’occasion pour les deux amies de se retrouver. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Les deux femmes vont craquer et s’avouer qu’elles ne sont pas pleinement satisfaites de leur vie. Un barman très mystérieux, épie leur conversation et va leur proposer un verre. Le lendemain matin, les deux femmes se réveillent et constatent qu’elles ont échangé leur vie.

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C’est par hasard que je suis tombée sur ce livre en librairie. Je n’en avais jamais entendu parler et je trouvais la couverture sympa et le résumé m’avait vraiment fait penser au film Freaky Friday : dans la peau de ma mère. Je me suis dit que ça allait être une lecture fraîche, sympathique, un bon petit livre à caser entre deux grosses lectures. Après avoir lu Possession de Paul Tremblay et With You d’Amélie C. Astier et Mary Matthewsqui ont été deux lectures très sombres, je l’ai sorti de ma PAL, j’ai trouvé que c’était le bon moment pour le faire. 

45546.jpgJe pensais sincèrement que j’allais adorer cette lecture mais ça n’a pas été le cas. Vous n’imaginez pas à quel point j’ai été déçue par ce livre. Ma déception ne vient pas de l’histoire en elle-même, car là dessus on été bien. Le livre remplit son contrat en nous proposant une histoire à la Freaky Friday, une histoire sympathique, idéale à lire en été sur la plage. L’intrigue, quoiqu’un peu prévisible, était bien menée dans sa globalité. Il y a eu quelques petits points noirs par-ci par là, mais je reviendrai là dessus un peu plus tard. L’idée était bonne, le sujet abordé dans le roman était intéressant à savoir : le choix de vie que l’on décide d’avoir. Certaines personnes privilégient leur vie professionnelle quitte à délaisser leur vie privée et d’autres choisissent une vie de famille quitte à ne pas s’épanouir professionnellement parlant. Et dans ce livre c’est plutôt bien évoqué puisque Rachel a quitté la fac car elle est tombée enceinte et n’a jamais voulu reprendre les études et Casey, elle, n’a fait que bosser toute sa vie et par conséquent, avoir un mari et des enfants ne l’intéresse pas. Et bien qu’elles soient meilleures amies, elles ne se comprennent pas forcément la dessus, se chamaillent et finissent même, parfois, d’une certaine manière, à s’envier l’une et l’autre. Et en se retrouvant, un matin, dans la peau de l’autre, elles vont quelque part se retrouver, se comprendre et faire le point sur leur vie actuelle, quitte à se remettre un peu en question. Rachel va se rendre compte que, malgré sa popularité et sa richesse, Casey n’est pas heureuse dans sa vie, elle est seule et son entourage ne fait que lui mettre des bâtons dans les roues. Casey va, quant à elle, s’apercevoir que Rachel n’est pas si épanouie dans sa vie de femme et de maman. Elle ne s’occupe plus d’elle et du coup son mari la délaisse et ses enfants n’ont pas vraiment de respect pour elle. Elles vont chacune reprendre en main la vie de l’autre et cela leur sera bénéfique. La notion d’amitié occupe une place importante dans ce roman. Donc voilà, de ce côté-là, le bouquin est intéressant et sympathique à lire.

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Mais, et c’est là le gros problème de ce bouquin, il y a dans le récit beaucoup de mots et d’expressions que je caractériserai de vulgaire. La plume des autrices qui est fluide et pas si mal se retrouve entachée par des mots qui, je le dis clairement, n’ont rien à faire dans une histoire pareille. Rachel et Casey sont deux femmes de 38 ans, elles sont donc adultes. Alors les voir employer dans leur conversation des mots tels que : chatte (en parlant du sexe de la femme), trou de balle, se faire sauter et j’en passe, je ne trouve pas sa mature pour des femmes proches de la quarantaine. Je ne pense pas, que l’on utilise ce genre de mots et d’expression à cet âge-là, surtout dans une conversation relativement sérieuse. Peut-être que, par le biais de ses mots, les autrices ont voulu rajouter un peu d’humour dans ce récit mais, en tout cas pour ma part, je trouve ça raté ! Je ne suis pas fermée d’esprit, loin de là, mais je trouve que ce genre de vocabulaire n’avait rien à faire dans un livre comme ça. Si les personnages auraient été des ados ou des jeunettes de vingt ans, à la limite mais là pour moi ça ne passe pas.

Donc voilà, c’était le gros point négatif de ce bouquin pour moi. A cela il faut rajouter quelques petites choses qui m’ont également fait tiquer, mais rien de très grave en soi. Dans ces petites choses il y a d’abord la façon dont les deux femmes échangent leur vie. J’ai trouvé que le barman super mystérieux qui leur donne un cocktail bizarre et puis pouf! elles se réveillent dans le corps de l’autre, n’était pas très crédible. Mais bon, en soi, ça n’occupe qu’une toute petite partie de l’histoire donc ça va, ça passe. J’aurai seulement voulu en savoir un poil plus sur ce fameux barman mais non, les autrices ne sont pas allées plus loin là dessus. Et enfin, le dernier petit bémol ce sont les dialogues qui sont assez mal amenés, car il m’a fallu à plusieurs reprises les relire pour savoir qui parle. 

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Pour conclure je dirai que le livre A nos vies (presque) parfaites! est globalement assez réussi et remplit bien son job. Mais l’emploi de certains mots m’a fait tiquer et m’a empêché de passer un excellent moment avec cette histoire. Ils ne sont pas très nombreux c’est vrai mais ils arrivent au moment où on est bien dans l’histoire, au moment où l’on s’y attend le moins et du coup ça casse un peu le fil de l’histoire et ça dérange un peu. 

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« Soudain,je comprends ce que doit éprouver Rachel en voyant sa fille désirer la présence de quelqu’un d’autre plus que la sienne. »

« — Salut, la marmotte !

Je sursaute au son de la voix masculine à côté de moi et, instinctivement, remonte le drap sur mon corps nu. Les souvenirs de la soirée précédente me reviennent en pleine figure. Un beau mec d’une vingtaine d’années m’a fait servir une tequila. Je lui ai fait signe de me rejoindre. Six verres plus tard, dont deux tequilas paf, on se pelotait à l’arrière du taxi comme deux adolescents, en route pour mon appartement du quartier Wilshire à Los Angeles. Et voilà que je me réveille, dans mon lit, incapable de me rappeler son prénom. Cody ? Carl ? Je décide que « toi » fera l’affaire :

— Salut, toi ! »