Chronique, Thriller/Policier/Horreur

L’épouse et la veuve – Christian White

L’épouse et la veuve de Christian White

Sur une île sauvage au large de l’Australie, deux femmes confrontées aux secrets de leurs époux. Le mari de Kate a disparu, laissant derrière lui de troublants mensonges, tandis qu’Abby doit soudain faire face à un homme distant et dissimulateur. Bientôt un cadavre est découvert et les deux femmes sont amenées à se rencontrer. Et si cette histoire était plus compliquée qu’il n’y paraît ? Préparez-vous à être surpris avec ce captivant suspense à l’atmosphère envoûtante.

Thriller – Edition Albin Michel – 336 pages

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Dans ce roman, on va suivre deux personnages, Abby et Kate, en alternant leur point de vue au fil des chapitres. Nous avons donc d’un côté Kate, mère au foyer, mariée à John, médecin dans un service palliatif à l’hôpital, qui mène une vie aisée mais malgré tout un peu monotone. Tout va basculer pour elle lorsqu’elle va se rendre à l’aéroport pour chercher son mari et que celui-ci est introuvable. Rapidement on va apprendre qu’il a été assassiné et Kate va tenter de découvrir la vérité. Puis de l’autre côté nous avons Abby, mère de deux ados et mariée à Ray qui peine à joindre les deux bouts. Un meurtre vient d’être commit sur la petite ile de Belport, là où elle vie avec sa famille. Depuis la découverte de ce cadavre Abby trouve que son mari Ray est distant. Quelque chose ne va pas et elle est bien décidée à savoir ce que c’est.

Je dois avouer que je me suis lancée dans cette lecture en me disant que ça allait encore être un énième thriller domestique, avec une trame vue et revue des dizaines de fois. Du coup je n’avais pas placé la barre très haute. Quelle ne fût pas ma surprise une fois que j’ai refermé ce bouquin ! Dans l’épouse et la veuve, l’auteur va alterner les points de vues de Kate et d’Abby. La première vient de perdre son mari, qui a été assassiné, et la seconde trouve le comportement du sien très suspect depuis la découverte d’un corps sur l’île où ils vivent. Dès les premières pages donc, l’auteur nous embarque dans cette histoire, le rythme est plutôt bon et rapidement la lecture devient addictive. On se prend rapidement au jeu et on finit nous aussi par nous poser mille et une questions. Les pages se tournent et lorsque l’on pense avoir enfin compris le fin mot de l’histoire, un twist apparaît et change toute la donne. Je ne l’ai absolument pas vu venir !

D’un thriller domestique aux apparences classiques on passe à quelque chose d’audacieux, d’inattendu et d’original. Absolument rien dans le récit nous prépare à ce que l’auteur a prévu pour nous à la fin. La surprise est donc totale ! Tout ce qui fait que ce roman est bluffant et Christian White talentueux réside dans ce twist. Cela me donne encore plus envie de découvrir l’autre roman de l’auteur « Le mystère Sammy Went » qui est déjà dans ma PAL d’ailleurs.

Les thématiques abordées dans le roman sont plutôt classiques dans l’ensemble. On y parle de l’enfance, des secrets qui peuvent nous hanter toute notre vie, des sacrifices que l’on peut faire pour les gens que l’on aime etc… On est beaucoup dans les regrets, les remords et les non-dits.

L’alternance des points de vue entre Abby et Kate donne du dynamisme au récit et rend la lecture plus attrayante et plus fluide. C’est aussi une bonne façon pour l’auteur de mettre en évidence les différences de vie entre ces deux femmes. Elles sont complétement à l’opposée l’une de l’autre et pourtant quelque chose les unis mais quoi ? Et c’est justement ça qui pour le lecteur à tourner les pages de ce bouquin. Mille questions se bousculent dans notre tête. Qui est réellement Ray ? Quel est le lien qui unit tous ces personnages ? Et John qu’a-t-il à se reprocher ? Était-il réellement dépressif ?

En conclusion je dirai que L’épouse et la veuve a été pour moi une excellente lecture. Christian White m’a embarquée dés les premières pages dans son histoire et il m’a baladé dans toutes les directions possibles et inimaginables pour ensuite m’amener là où je m’y attendais le moins. C’est un très bon thriller domestique qui sort complétement des sentiers battus. C’est original ! C’est bluffant ! Il y a du suspens, des secrets, des mensonges, des regrets, des remords. Laissez vous tenter !

CarolinaBouquine

Note : 4.5 sur 5.

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

La part du démon – Mathieu Lecerf

La part du démon du Mathieu Lecerf

Une religieuse sauvagement assassinée et mutilée, à Paris, ça n’arrive jamais. Pourtant, c’est la première affaire du lieutenant Esperanza Doloria à son arrivée au 36, rue du Bastion. Au couvent où enquêtent Esperanza et le capitaine Manuel de Almeida, la religieuse est décrite comme un ange. Et qui voudrait tuer un ange ? Mais un mystère plane autour d’elle. À l’orphelinat où elle enseignait, les enfants semblent terrorisés… Certains prétendent même subir de terrifiantes expériences médicales. Disent-ils la vérité ou sont-ils manipulés ? Esperanza se jette corps et âme dans cette enquête. Manuel, lui, est persuadé que seuls le sang-froid et la raison permettront de la résoudre. Se trompe-t-il ? Le grand patron de la brigade criminelle en est convaincu. Et bientôt Esperanza se retrouvera seule face à un complot démoniaque que le diable lui-même renierait…

Thriller – Edition Robert Laffont – 432 p.

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Le corps d’une jeune religieuse vient d’être découvert atrocement mutilé. Il s’agit de la première enquête du lieutenant Esperanza Doloria qui vient de débarquer au 36, rue du Bastion. Elle aura pour coéquipier le capitaine Manuel de Almeida. Leur enquête les mènera dans un orphelinat pour enfants difficiles et/ou malades ou la peur semble régner parmi ces derniers. Rapidement, un premier suspect va être interpellé, un jeune prêtre qui semble avoir beaucoup de choses à cacher. Parallèlement Cris de Almeida, brillant journaliste et jeune frère du capitaine Manuel de Almeida, enquête sur des assassinats de chauffeurs de taxi.

J’ai adoré ce roman ! L’auteur a réussi à me surprendre du début à la fin de par la construction un peu particulière de son récit. En effet, ce dernier est divisé en trois parties, chacune racontée d’un point de vue d’un personne bien précis. Cette façon d’amener l’histoire était quelque peu troublante. J’avais beaucoup de mal à faire le lien entre les différentes affaires en cours et entre les trois parties du roman. Je ne savais pas où l’auteur voulait en venir. J’attendais donc beaucoup du dénouement final. Il fallait que l’auteur me surprenne et arrive à me convaincre de ce choix narratif qui me paraissait un peu douteux au premier abord. J’avais peur que cela face un gros flop mais pas du tout. L’auteur y est arrivé, il m’a convaincu de son choix. J’ai fini par trouver le fil rouge de toute cette histoire et j’ai trouvé ce roman très intelligent et très original dans sa construction. Moi qui avais un peu peur, me voilà complétement conquise.

Outre le fait que ce livre soit un thriller haletant, l’auteur a réussi à mettre en avant la noirceur de l’âme humaine, d’où la phrase sur la couverture « le pire sommeille en chacun de nous ». Ce que j’ai le plus apprécié c’est qu’il l’a fait sans en faire trop et sans partir dans le caricatural. Les personnages ont tous un côté psychologique assez travaillé et très intéressant à découvrir. Il y a un réel travail de construction qui a été fait sur eux et cela se ressent dans la lecture.

Plus on avance dans l’histoire plus les personnages évoluent. Bien sûr il y a encore quelques parts de mystères qui subsistent chez eux mais étant donné la fin j’imagine qu’il s’agit là d’un premier tome et que donc c’est voulu de la part de l’auteur de ne pas trop en dévoiler.

La part du démon est un récit bien écrit, bien mené, dynamique et qui tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. L’auteur a su mettre en place un certain équilibre dans les trois parties du roman. On a à la fois les deux enquêtes, la découverte des personnages et de leur vie et des rebondissements qui sont accès, pour la plupart, sur la psychologie. Tout cela est correctement dosé. Même si la thématique principale est une thématique déjà vu dans les thrillers psychologiques, j’ai trouvé que Mathieu Lecerf avait réussi à s’approprier ce thème et à écrire quelque chose qui sort un peu du lot. Je ne peux que recommander ce roman ! J’attends la suite avec impatience.

CarolinaBouquine.

Note : 4 sur 5.

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Deux gouttes d’eau – Jacques Expert

Deux gouttes d’eau de Jacques Expert

Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, tuée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences. Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau… Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ?

Thriller – Edition Sonatine – 336 p.

Une jeune femme du nom d’Elodie vient d’être retrouvé morte dans son appartement, le corps mutilé, la tête coupée et posée bien en évidence dans la pièce. Rapidement, les policiers ont un suspect. Il s’agit du petit ami de la victime, Antoine Deloye, qui a été aperçu sur les caméras de vidéo surveillance sortant de l’appartement de la victime au moment de la mort. Tout l’accuse mais celui-ci nie tout en bloc et pointe du doigt son frère jumeaux Franck comme étant le meurtrier. Lorsque ce dernier arrive au commissariat, toute l’équipe est confuse. Les jumeaux se ressemblent comme deux gouttes d’eau, impossible de pouvoir les différencier. Le doute s’installe à vitesse grand V au sein de la brigade. Qui a tué Elodie ? L’enquête qui semblait pliée va devenir complexe.

Si l’on doit bien reconnaître une chose à ce roman c’est son côté addictif. C’est un véritable page-turner qui nous a écrit Jacques Expert. On n’a qu’une envie c’est de lire la suite et de découvrir la vérité. L’idée de départ me semblait être excellente. Des jumeaux 100% identiques, une anomalie génétique qui fait qu’ils n’ont pas d’empreintes digitales, un ADN ne permettant pas de les dissocier. Je me suis dit qu’on allait entrer dans un gros roman un peu casse-tête. Je m’y été préparée mentalement. Complot ? Mensonges ? Jalousie ? Vengeance ? Manipulation mentale ? Je m’attendais à ce que l’auteur nous entraine dans des directions toutes plus folles (passionnantes ?) les unes que les autres. Jusqu’au bout j’ai été maintenu en haleine par ce récit, m’attendant à tout instant à un gros revirement de situation. Qu’elle ne fut donc pas ma déception lorsque j’ai refermé ce livre avec un sentiment d’incompréhension. Un sentiment de « tout ça pour ça ». L’impression de m’être un peu faite arnaquée. Peut-être que j’en attendais beaucoup trop de ce roman ?

Pourtant l’histoire débutait plutôt bien mais au lieu de creuser un peu plus, l’auteur n’a fait que choisir le chemin le plus simple. Par conséquent, j’ai tout simplement eu la sensation de tourner en rond dans ce roman. On avançait à rien. C’était très linéaire, très, voir trop, répétitif. Tout n’est qu’interrogatoires. Si on enlève tous les passages qui se répètent, le roman est bouclé en 200 pages. Tout au long du roman, Jacques Expert s’est contenté de choisir la facilité. Même jusque dans la fin de l’histoire. Moi qui m’accrochais au roman, qui me disait bon la fin devait être épique et bien non. Elle est plus farfelue et tirée par les cheveux qu’autre chose. Elle est très décevante et arrive avec beaucoup trop de facilité encore une fois. En 2-3 chapitres c’est bouclé.

On en parle également des personnages ? Je ne me suis attachée à aucun d’entre eux. Que ce soit les jumeaux, leurs parents ou même les enquêteurs ils sont tous détestables. Moi qui croyais qu’au niveau psychologie on allait avoir quelque chose de top et bien ce fut malheureusement un gros flop. La psychologie des jumeaux méritait d’être plus travaillée et d’être mise en avant. Or là, le lecteur doit se contenter de peu.

Le point positif de ce roman se trouve réellement dans la plume de l’auteur qui est efficace et addictive, faisant de ce roman un bon page-turner malgrès ses défauts. Mais elle réside également dans les chapitres incluant des flash-back du passé. Des passages où l’on suit les parents des jumeaux. On y apprend leurs difficultés d’avoir un enfant, la joie d’en avoir eu deux après de nombreuses tentatives, leurs doutes sur le fait d’être de bons parents et leur peur de plus en plus grandissante de leurs fils qu’ils trouvent bizarre. Ce sont ses passages qui donnaient un côté oppressant au roman.

En conclusion ce fut pour moi une lecture addictive mais dont l’histoire et la fin m’a beaucoup déçue. Je n’ai pas été très convaincue par les choix faits par l’auteur. La fin était déconcertante. J’en attendais beaucoup plus. J’ai trouvé cette équipe d’enquêteurs vraiment peu crédible, avec un capitaine un peu trop bourru à mon goût. Le genre on fonce avant et on réfléchit après. Le genre peu perspicace qui va laisser sa colère prendre le pas sur la raison.

CarolinaBouquine.

Note : 2.5 sur 5.

Chronique, Fantasy/Fantastique

La maison au milieu de la mer céruléenne – TJ Klune

La maison au milieu de la mer céruléenne de TJ Klune

Une île magique. Une mission dangereuse. Un secret brûlant. Linus Baker mène une vie tranquille et solitaire. À quarante ans, il vit dans une petite maison avec un chat caractériel et ses vieux disques. En tant qu’agent du Ministère de la Jeunesse Magique, il doit s’assurer du bien-être des enfants dans les orphelinats supervisés par le gouvernement. Mais lorsqu’il est convoqué de manière inattendue par les Cadres Extrêmement Supérieurs, il se voit confier une mission curieuse et hautement secrète : se rendre sur l’île de Marsyas dans un foyer où résident six dangereux pensionnaires. Obligé de mettre ses craintes de côté afin de rédiger un rapport objectif sur l’établissement, Linus va vite comprendre que les enfants ne sont pas le seul secret que renferme l’île. Il devra également réussir à cerner le charmant et énigmatique directeur des lieux, Arthur Parnassus, qui fera tout pour défendre ses protégés. À mesure qu’il découvre d’incroyables secrets et qu’il se rapproche d’Arthur, Linus va se retrouver confronté au plus difficile des choix : faire son devoir ou écouter son cœur.

Fantasy – Edition De Saxus – 474 p

Linus Baker est un employé du Ministère de la Jeunesse Magique, qui a tendance à prendre son travail très à coeur, ayant pour mission d’évaluer les conditions dans lesquelles vivent des enfants dotés de pouvoirs magiques. Ces enfants vivant bien entendu dans des orphelinats. Etant un employé modèle, Linus a à coeur de ne pas trop s’impliquer émotionnellement dans les affaires qu’il traite. Il mène également une petite vie tranquille et monotone au centre ville. Tout va bien pour lui jusqu’au jour où les Cadres Extrêmement Supérieur lui confie une mission classée top secrète. Cette mission consiste à aller enquêter sur un orphelinat situé sur une île dont Linus n’a jamais entendu parler. Selon ses supérieurs, cet orphelinat abriterait des enfants vraiment hors du commun et aurait pour directeur un certain Arthur dont les Cadres Extrêmement Supérieur semblent s’intéresser de près.

Voici une lecture qui a pris un virage auquel je ne m’attendais pas. Dans cette histoire on va suivre le personnage de Linus qui est plutôt attachant et dont l’existence est plutôt monotone, d’où un début de lecture un peu lent par moments. Les 120 premières pages racontent le train train quotidien de notre personnage principal dont la vie n’est pas très trépidante. En effet, Linus est un quadragénaire, célibataire, vivant avec un chat au mauvais caractère et vouant sa vie à son travail et au Ministère de la Jeunesse Magique. C’est un homme minutieux, respectueux des règles du Ministère (peut-être trop respectueux ?), trouillard aussi, qui n’aime pas les conflits et qui a peur de sa patronne. Durant la première partie du roman je l’ai trouvé très plat. Avec lui comme seul personnage central, l’intrigue n’avançait pas trop. Je ne parlerai pas d’ennuie car durant cette partie là on découvre également l’univers du bouquin, qui ma foi est assez plaisant et original.

C’est lors de l’arrivée de Linus sur l’île que les choses vont commencer à être plus palpitantes. La rencontre avec les autres personnages va donner un sacré coup de fouet à l’intrigue qui va devenir un peu plus dynamique. L’univers créé par l’auteur, à travers ses différents personnages, est vraiment atypique, voir original. Dommage, cependant, que l’auteur ne soit pas entré encore plus dans les détails. J’avoue que le fait que l’auteur ne développe pas plus son univers m’a un peu déçue au début.

Mais cette mini déception s’est rapidement volatilisée lorsqu’au fil des pages l’on comprend où l’auteur veut en venir avec son histoire. Il ne s’agit pas réellement un roman pur fantasy. A travers ce bouquin TJ Klune va nous parler d’amour, d’acceptation de soi, de différence, de racisme, d’homosexualité, des préjugés que l’on peut avoir sur les autres, de maltraitance etc… Tout cela bien sûr avec douceur et bienveillance. Il faut donc voir ce livre plus comme un livre prônant la tolérance plutôt que comme un roman fantasy.

Même si l’intrigue est plutôt lente, suivre l’évolution du personnage de Linus donne de l’attrait au récit. C’était intéressant de constater comment les enfants de l’orphelinat vont changer progressivement le point de vue de notre personnage principal et vis versa. C’était une bonne découverte, différente de ce à quoi je m’attendais mais je n’ai pas été déçue. Je recommande ce bouquin car il est bourré de bonne volonté. C’est un petit bonbon et ce malgré les thèmes difficiles qui y sont abordés.

CarolinaBouquine.

Note : 4 sur 5.

Chronique, Science Fiction

La Chose – Georges W. Campbell

La Chose de Georges W. Campbell

En Antarctique, quelque part. Enfoui sous la glace, aux abord d’un artefact aux allures de vaisseau spatial, des scientifiques découvrent un corps congelé — gisant là, sans doute, depuis des millions d’années. Un corps résolument inhumain. Résolument… autre. Le choix est alors fait de ramener la stupéfiante découverte à la station pour étude. Doucement, la gangue de glace autour de la créature commence à fondre, libérant peu à peu cette totale étrangeté à l’aspect terrifiant. Et les questions de traverser l’équipe de chercheurs : qu’est-ce que cette chose ? Comment est-elle arrivée là ? Et après tout, est-elle seulement morte ? N’ont-ils pas mis au jour la plus épouvantable des abominations — une horreur proprement cosmique ?

Science Fiction – Edition Le Belial – 119 pages

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Un corps congelé a été découvert par une équipe scientifique en Antarctique. Malgré la réticence de quelques uns parmi eux, le corps sera ramené au laboratoire de la station afin qu’il soit décongeler et étudier. Mais une fois à bord les choses tournent mal.

Je ne souhaite pas en dire trop dans mon résumé puisque le roman est très court (119 pages). Cela faisait un moment que les romans des Editions Le Belial me tentaient. De courts romans de science-fiction avec de temps à autre une touche d’horreur je me disais que cela pouvait être intéressant pour moi qui souhaite découvrir la science-fiction (un genre que je ne lis que très peu). Avec un résumé pareil je me disais qu’avec ce bouquin j’allais être transporter dans le monde d’Alien et par conséquent j’avais hâte de le lire. J’ai donc fait un aussitôt acheté aussitôt lu et malheureusement j’ai été quelque peu déçue par ma lecture.

Il faut tout d’abord savoir qu’à l’origine ce récit est paru en 1938 et qu’il est considéré comme l’ouvrage culte de la science-fiction. Il a également inspiré John Carpenter pour le film éponyme. Donc autant dire que déjà la barre était assez haute pour ma part. Si le début m’avait énormément plu, j’ai trouvé qu’au fil des pages l’histoire devenait lourde. En effet, il y a beaucoup de passages scientifiques qui ont fait que l’auteur m’a perdu en cour de route. Pour un classique de la science-fiction j’ai trouvé ce roman assez peu accessible finalement (en tout cas peu accessible pour moi qui suit un peu novice dans le genre). Je n’ai pas spécialement adhéré à la plume de l’auteur ni à la façon dont le récit est construit. La plupart du roman est construit sur des dialogues qui sont assez long et assez descriptifs voir répétitifs pour certains (pour cité un exemple : j’ai trouvé que le débat concernant la décongélation du corps dans la glace et la manière de s’y prendre était long. On dirait que je lisais sans arrêt la même chose à chaque page que je tournais).

Peut-être que ces passages m’auraient moins dérangés s’il n’avait pas été inclus dans les dialogues entre les différents scientifiques. Ensuite, autre point qui m’a dérangé c’est que pour un aussi court bouquin il y a pas mal de personnages et je me suis donc perdue parmi eux. Il m’arrivait parfois de revenir en arrière pour me souvenir de qui était qui. Il est également difficile de s’attacher à des personnages dont on ne sait pas grand chose. Ils ne m’ont donc pas marqué.

J’ai quand même apprécié l’ambiance globale de l’intrigue. Ce côté huis clos paranoïaque qui s’installe au fil des pages m’a plutôt séduite dans l’ensemble. Voir la confiance entre les personnages se perdre petit à petit a instauré une ambiance oppressante. De ce côté là je n’ai pas été déçue. L’ambiance que je cherchais était présente même si parfois les monologues trop scientifiques des personnages venaient un peu entacher tout ça. Malgré ces points plutôt positifs, je ressors quand même, dans l’ensemble, un peu déçue de cette lecture. J’avais misé sur celle-ci pour m’initier au genre mais je l’ai trouvé beaucoup trop complexe pour moi dans l’écriture. J’ai compris l’histoire, j’ai compris ses tenants et ses aboutissants mais l’écriture m’a paru trop complexe pour la novice en science fiction que je suis. Ou alors j’en viens à me demander si ce n’est pas la science fiction en elle-même qui ne me convient pas ?

CarolinaBouquine

Note : 2.5 sur 5.

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Une bonne intention – Solène Bakowski

Une bonne intention de Solène Bakowski

« Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront le dos à cet amour dingue, car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres, cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires. » Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ? Le nouveau roman de Solène Bakowski nous offre, avec une ampleur et une acuité décuplées, le frisson gorgé d’amour qui a fait de son premier roman, Un Sac, un livre inoubliable.

Thriller Psychologique – Edition Bragelonne – 384 p.

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Mati est une fillette de neuf ans qui vient de perdre sa maman. Alors que son père ne se remet pas du suicide de sa femme, c’est la grand-mère de Mati qui s’occupe d’elle. La fillette essaie tant bien que mal de faire le deuil de sa maman et commence à lui écrire des lettres. Un après-midi Mati ne rentre pas de l’école et au même moment, ou presque, son père a un accident de voiture.

Mon ressenti par rapport à cette lecture n’est pas très positif, malheureusement. Heureusement que le roman est assez court (384 pages), c’est d’ailleurs son seul point positif à mes yeux, car sinon je l’aurai abandonné (chose que j’ai failli faire au bout de 150 pages). Bien que le sujet de l’intrigue soit intéressant je n’ai pas du tout adhéré ni à la plume ni au style d’écriture de Solène Bakowski. J’avais l’impression que l’auteure se répétait sans cesse. Beaucoup de phrases, de paragraphes pour décrire si peu de chose voire même toujours la même chose.

Ce livre est censé dégager certaines émotions, comme la peur, la rage, la tristesse, l’incompréhension, car après tout Mati disparaît, on ne sait pas ce qu’il lui est arrivé et son père a un accident de voiture. Toute cette famille vit une épreuve dramatique et pourtant à aucun moment je n’ai ressenti quoique ce soit. Ce livre m’a tout simplement laissé de marbre du début à la fin. Le sort de cette famille m’a laissé complètement indifférente. Pour moi, l’auteure n’a pas réussi à retranscrire les émotions dans son bouquin. La raison de tout cela ? Selon moi elle tient dans le fait que toute l’intrigue est bancale et repose sur des personnages creux et peu crédibles ! A aucun moment je n’ai trouvé cette histoire fiable. Dans le roman, Mati est une fillette de neuf ans et pourtant elle a une maturité qui est bien trop grande pour une fillette de son âge, et ce malgré toutes les épreuves qu’elle a bien pu subir. Je suis désolée mais ça ne passe pas avec moi même avec la meilleure volonté du monde. Les dialogues entre Mati et les autres m’ont paru irréalistes. Et à partir du moment où l’on n’y croit pas, il est difficile d’apprécier sa lecture.

Pour ce qui est des autres personnages rien ne va non plus. Entre le père absent, le grand-père passif, la grand-mère surprotectrice, mauvaise, louche et qui a, à première vue pas mal de choses à se reprocher, le frère complètement inutile, l’auteure n’était donc pas prête à me convaincre de son histoire. Tous ces personnages sont vraiment très particuliers et manquent de crédibilité. Le seul qui vaut le détour c’est Rémi. Je ne vais pas en dire trop sur son compte pour ne pas vous spoiler mais il s’agit probablement du personnage le plus humain de l’histoire, celui qui se soucie véritablement de Mati. Dommage qu’il passe un peu au second plan vers la fin.

Une bonne intention est un roman qui a été vite lu et qui sera vite oublié. Hormis le fait qu’il soit court, qu’il se lise assez vite et que le personnage de Rémi soit intéressant, je n’ai pas beaucoup de choses positives à dire sur ce roman. Cela manque de travail et de profondeur au niveau des personnages. L’auteure est restée beaucoup trop en surface pour que l’histoire me paraisse crédible. Je suis donc passée complétement à côté de ce roman. Cela dit, je le recommande aux amateurs de thriller psychologique, qui pourront y trouver leur compte, peut-être.

CarolinaBouquine.

Note : 1.5 sur 5.

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Tombent les anges – Marlène Charine

Tombent les anges de Marlène Charine

Lors d’une perquisition de routine, Cécile, jeune policière désabusée et limite borderline, vit une expérience hors du commun qui va faire basculer son existence. Audrey, jolie infirmière de vingt-cinq ans, met fin à ses jours dans la salle de bain de son luxueux appartement du XVe arrondissement. Elle ne s’y trouve pas seule. Contactée par le Lieutenant Kermarec, Cécile n’a pas d’autre choix que d’écourter ses vacances forcées. Et après tout, il est bien le seul à ne pas la prendre pour une cinglée… Avec Tombent les anges , Marlène Charine confirme son talent indéniable pour construire des intrigues à la fois percutantes et captivantes. Un thriller digne de ce nom, rythmé par une écriture fluide et subtile.

Thriller – Le Livre de Poche – 352 p.

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Cécile est une jeune gardienne de la paix. Alors qu’elle fait sa patrouille de nuit en compagnie de son collègue, tous deux reçoivent un appel radio leur signalant une plainte pour tapage nocturne non loin de là où ils patrouillent. Une fois sur place, il n’y a aucun bruit, à croire qu’il n’y a personne dans l’appartement. Les deux policiers repartent. Le lendemain matin Cécile retourne sur les lieux et apprend que la propriétaire de l’appartement a été retrouvée morte. C’est en faisant équipe avec le Lieutenant Kermarec que Cécile va résoudre cette enquête. Mais à peine résolue une infirmière est retrouvée morte dans son appartement. Les premiers éléments portent à croire qu’il s’agit d’un suicide mais Cécile n’y croit pas.

Je me suis procurée ce bouquin car la quatrième de couverture m’intriguait énormément. On était dans une intrigue mêlant à la fois le surnaturel et le thriller. Tout ce que j’aime et pourtant je ressors un peu déçue de ma lecture. J’ai beaucoup aimé le début du roman. Les chapitres alternant présent et flash back m’avaient conquise. J’étais totalement immergée dans l’histoire. C’était très noir, très mystérieux, je tournais les pages avec frénésie tant je voulais savoir la suite. Et, au final plus je tournais les pages plus je perdais mon engouement pour l’histoire. La déception montait crescendo.

La faute tout d’abord à l’intrigue en elle-même. J’aurai préféré en savoir plus sur le premier meurtre du bouquin. L’histoire me plaisait davantage que celle de l’infirmière retrouvée morte dans sa baignoire. Première déception donc lorsque je me suis rendue compte que les personnages allaient enquêter sur le meurtre de l’infirmière et non sur celui de la femme poursuivie par un psychopathe. Je reste donc sur ma faim concernant l’histoire de la femme du début de l’histoire. Cela aurait été intéressant d’en savoir un peu plus sur elle et son histoire. La deuxième déception vient du personnage de Cécile avec qui je n’ai pas spécialement accroché. Les rapports qu’elle entretient avec sa soeur sont à la limite de la caricature. En effet, sa grande soeur est belle, elle a un mari des enfants, vit à la campagne et mène la belle vie. C’est une femme parfaite en tout point, cherchant à protéger sa petite soeur car elles ont eu une enfance assez difficile. Et à côté de cette soeur presque parfaite on a Cécile bien sur qui se définit comme étant le vilain petit canard de la famille. Têtue, impulsive, elle ne supporte pas le côté surprotecteur de sa soeur ni la petite vie pépère qu’elle mène et cherche constamment le conflit avec elle. Vous voyez un peu le tableau ? L’ange et le démon. C’est d’un cliché…

Même si les rapports entre elles évoluent au fil du roman cela n’a pas réussi à changer mon opinion concernant le personnage de Cécile. Je n’ai pas non plus compris l’intérêt de la faire coucher avec tout le monde. Cela n’apportait rien au roman selon moi (mais bon ça c’est mon opinion personnelle).

Et enfin, troisième chose qui fait que j’ai été déçue par cette lecture c’est l’aspect surnaturel que j’ai trouvé, finalement, peu développé. Même si j’ai beaucoup aimé les passages où Cécile est en contact avec des esprits qui vont lui montrer des choses pour qu’elle avance dans son enquête, j’ai trouvé que l’autrice restait en surface. Il y avait matière à approfondir les choses. J’aurai apprécié connaître les origines de ce don, qui, là, sort un peu de nulle part. Mais malheureusement on n’apprend pas grand chose. Ce don débarque un peu de je ne sais où et arrange bien les choses.

En dehors de ça, la plume reste fluide et simple. Le roman se lit quand même assez bien. La touche de surnaturel donne un petit côté original à l’histoire même si cela manque cruellement de développement à mes yeux. Le personnage du Lieutenant Kermarec est intéressant et plus plaisant à suivre que Cécile selon moi. J’aurais aimé en apprendre un peu plus sur lui et son passé. Je ne sais pas si une suite est prévue mais si c’est le cas j’hésite à poursuivre les aventures de Cécile et du Lieutenant Kermarec. Vous l’aurez compris, la quatrième de couverture me vendait du rêve et je suis ressortie déçue de ma lecture.

CarolinaBouquine.

Note : 2.5 sur 5.

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Cadaver Sancti de Jennifer Holparan

Cadaver Sancti de Jennifer Holparan

À Boston, un tueur en série laisse derrière lui des cadavres de femmes selon un rituel similaire au martyre des saintes. Gravé dans leur chair, un texte en hébreu… Interrogé dans le cadre de l’enquête, Tim, prêtre d’une trentaine d’années, a la surprise de retrouver dans la jeune inspectrice chargée de l’enquête, Darcy, la petite fille dont il était tombé amoureux enfant, un jour d’été. Celle-ci a grandi mais elle est restée le tourbillon incontrôlable qui l’avait charmé. Heureuse de pouvoir mettre à profit l’érudition religieuse de son ami, Darcy l’entraîne dans sa traque du tueur…

Thriller – Edition Pocket – 480 p.

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Timothé Chapman est un prêtre d’une trentaine d’années, missionné par le Vatican à parcourir le monde à la recherche de « miracle » afin de les authentifier. L’évêque va l’envoyer à Boston, ville dont notre prêtre est originaire, afin d’enquêter sur la vie d’une femme, morte depuis longtemps, en vue de sa potentielle canonisation. Une fois sur place, le Père Timothé rencontre la fille de la future Sainte et lui demande de lui donner toutes les affaires qu’elle a gardé de sa mère afin qu’il puisse mener à bien ses recherches. Alors qu’il l’attend dans la voiture, il repense à son passé et à son amour de jeunesse. Fatigué par le voyage il finit par s’endormir et sera réveillé quelques heures plus tard par un agent de police qui l’informera qu’Emily a disparu. D’abord suspect numéro un de cette enquête, le Père Timothée sera vite blanchi et se retrouvera mêlé à cette enquête. Son aide sera la bienvenue lorsque le corps d’une femme sera découvert dans la Mystik, tatoué de phrases en Hébreu sur le corps.

Je suis bien embêtée avec ce livre. J’ai beaucoup apprécié l’intrigue et l’enquête mais par contre je n’ai pas du tout accroché au personnage de Darcy qui m’a, limite, un peu gâchée ma lecture. Parlons tout d’abord des points positifs de ce roman. Pour un premier roman, j’ai trouvé que Jennifer Holparan s’en sortait plutôt bien. L’autrice a pris le temps de poser le décor ainsi que ses personnages. L’enquête est très bien menée et tient la route. J’ai toujours beaucoup aimé les romans où l’on mêle enquête policière et religion donc, forcément, j’ai été séduite par l’intrigue. J’ai été embarqué dès les premiers chapitres c’était assez rythmé, je trouve. Les petits flash-back sur le passé des personnages leur donnaient de la profondeur. C’était plutôt intéressant je trouve. J’ai également trouvé le style de l’autrice plutôt sympa. La plume est moderne, simple ce qui rend la lecture agréable dans l’ensemble. Le récit est rythmé par tous les rebondissements et les situations farfelus dans lesquels nos personnages se retrouvent. On n’a donc pas le temps de s’ennuyer.

Le chemin choisi par Jennifer Holparan pour la fin m’a beaucoup plu. J’ai d’ailleurs trouvé la dernière partie du bouquin plus réussi. On entrait dans du sérieux et du concret et ça faisait du bien, surtout lorsque l’on sait que le récit est ponctué de pas mal de scènes et de répliques humoristiques et c’est bien là le problème (en tout cas pour moi). Je ne suis pas contre l’humour dans les thrillers, bien au contraire, cela permet d’alléger un peu l’horreur que l’on peut y retrouver parfois mais là… Trop d’humour tue l’humour j’ai envie de vous dire. Le personnage de Darcy m’a horripilé tout au long de ma lecture, alors que celui du Père Timothé m’a conquise. Pourtant ça partait plutôt bien au début.

On a face à nous un duo complètement à l’opposé l’un de l’autre. Lui est prêtre, intelligent, il réfléchit avant d’agir, limite un peu trouillard sur les bords. Elle est plutôt explosif, vulgaire par moment, malicieuse, avec un humour qui laisse, pour ma part à désirer. Non pas que je n’ai pas apprécié l’humour du personnage de Darcy. Je le reconnais, j’ai souris deux ou trois fois face à ses répliques et face aux situations dans lesquelles elle embarquait notre Prêtre. Mais au bout d’un moment, c’est bon on a compris. Si au début cela apportait de la légèreté dans cette intrigue plutôt angoissante et morbide, à la longue j’avais l’impression qu’on perdait en crédibilité. Cela devenait plus caricaturale qu’autre chose. D’un duo peu ordinaire on passe à quelque chose de vraiment too-much sans aucune crédibilité, me faisant souvent lever les yeux au ciel. C’est dommage !

Heureusement que le Père Timothé rattrape un peu les choses avec son caractère plus réfléchi et moins impulsif que Darcy. A mes yeux, il est celui qui a fait avancer les choses. J’ai apprécié également le fait que l’auteure n’en ai pas fait un personnage « parfait » et coincé, sous prétexte qu’il soit prêtre. Alors, oui forcément certaines situations vont le mettre mal à l’aise et le faire paniquer mais il va se laisser embarquer et ses réactions m’ont beaucoup plu. Je recommande quand même ce bouquin, malgré le fait que je n’ai pas apprécié le personnage de Darcy, car je pense qu’il peut plaire. Il reste malgré tout réussi je trouve, pour un premier roman.

CarolinaBouquine

Note : 3.5 sur 5.

Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Dis moi que tu m’aimes – Joy Fielding

Dis moi que tu m’aimes de Joy Fielding

Bailey Carpenter menait une vie de rêve. Héritière d’une fortune colossale, heureuse en amour, elle s’épanouissait aussi dans son métier de jeune enquêtrice jusqu’au jour où… alors qu’elle est planquée derrière un buisson en train d’espionner un suspect, un inconnu la viole et lui susurre ces paroles glaçantes :  » Dis-moi que tu m’aimes.  » Dès lors, Bailey passe ses journées calfeutrée chez elle à ressasser son agression, observant le monde à travers des jumelles. Sa demi-sœur Claire et sa nièce viennent s’occuper d’elle, mais leur présence ne parvient pas à calmer l’anxiété de la jeune femme hantée par des cauchemars et obsédée par son voisin. Chaque soir, il suit le même rituel : une parade amoureuse, des femmes qui défilent les unes après les autres dans son lit. Bailey est persuadée qu’il s’agit de son agresseur. Sa paranoïa est-elle bien réelle ou est-elle le fruit de son imagination ?

Suspense – Edition Michel Lafon – 478 p.

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Bailey est une jeune détective privé et une riche héritière. En effet, avec son frère Heath ils viennent d’hériter de la fortune de leur père mais cela crée de grosses jalousies dans la famille puisque les demi-frères et soeurs de Bailey et Heath n’ont rien reçu puisqu’ils ont été déshérités. Un procès est en cours, ce qui engendre des tensions au seins de la famille. Une nuit, alors qu’elle est en filature pour un de ses clients, Bailey se fait agresser dans une haie devant un immeuble. Son assaillant la frappe puis la viole avant de lui susurrer à l’oreille « Dis moi que tu m’aimes ». A partir de là la vie de notre détective change du tout au tout. Elle va devoir apprendre à se reconstruire et à ne plus avoir peur de l’extérieure. Cloîtrée chez elle, elle commence à espionner ses voisins et l’un d’eux va retenir son attention.

En lisant la quatrième de couverture, je dois reconnaître que je m’attendais réellement à un thriller, avec une réelle enquête etc… Mais au final pas du tout. Au bout de quelques chapitres on se rend compte que l’auteure nous emmène plutôt vers quelque chose de plus psychologique puisque l’on va être dans la tête de Bailey. Le lecteur va la suivre durant tout le roman et l’on va voir les différentes étapes par lesquelles elle va passer pour tenter de se reconstruire après cette agression. On va osciller entre la réalité et la paranoïa de notre héroïne. En effet, tous les hommes âgés entre 20 et 40 ans vont lui paraître suspects et surtout elle va commencer à les voir comme des potentiels violeurs. Peut-être son violeur à elle ? Que la police recherche toujours activement.

Si au début j’ai été un petit peu déçue par le choix qu’avait fait l’autrice, rapidement je me suis laissée embarquée. Le personnage de Bailey est très intéressant à suivre et ses pensées ainsi que ses sentiments vont monter crescendo au fil des pages. Ajouter à cela une plume fluide et addictive, j’ai passé un bon moment avec ce thriller psychologique. Le personnage de Bailey et sa psychologie sont très bien développés et mis en valeur dans ce roman. C’est pour cela qu’il faut partir du principe que vous n’allez pas vous retrouver dans une enquête policière.

Les rebondissements sont peu nombreux et le lecteur va surtout se retrouver dans le quotidien de l’héroïne qui essaie tant bien que mal de se remettre de son agression. Puis quelque chose d’assez malsain survient lorsque Bailey commence à espionner ses voisins. C’est à partir de ce moment que les choses commencent un peu à bouger. L’intrigue devient alors plus angoissante et l’ambiance plus anxiogène car, comme notre détective, on finit par tomber dans le voyeurisme.

Il y a quand même un petit bémol selon moi, c’est la fin que j’ai trouvé un peu surréaliste car elle arrive un peu comme un cheveux sur la soupe. J’ai eu du mal à trouver une forme de crédibilité la dedans, m’enfin c’est le choix de l’autrice après tout. Mais je ne reste pas totalement convaincue. Cela dit, cela n’enlève en rien le côté psychologique de l’histoire que j’ai adoré. Les thèmes abordés par Joy Fielding sont très bien traités et bien développés. C’est un bon thriller psychologique dans l’ensemble, avec quelques petits défauts par-ci par-là mais qui ne sont vraiment pas dérangeants je trouve. Je m’intéresserai bien volontiers aux autres romans de cette auteure.

CarolinaBouquine.

Note : 3 sur 5.
Chronique, Thriller/Policier/Horreur

Mentor – Lee Matthew Goldberg

Mentor de Lee Matthew Goldberg

Tout semble sourire à Kyle Broder, jeune éditeur dans une grande maison d’édition new-yorkaise. Lorsque Kyle est contacté par William Lansing, son professeur à l’université, il est ravi et décide de présenter son mentor à sa charmante petite amie, Jamie. À cette occasion William propose à Kyle le manuscrit d’un texte sur lequel il travaille depuis de nombreuses années. Au départ, Kyle est enchanté à l’idée de le publier, mais après avoir lu quelques pages, il est profondément choqué par la perversité du récit. Lorsque Kyle en refuse la publication,William commence à ruiner la vie de l’éditeur, s’en prenant successivement à son chat, sa copine et son auteur vedette. Kyle est alors obligé de se replonger dans le roman de William, Devil’s Hopyard et il découvre alors que le livre fait étrangement écho à l’histoire de la disparition non élucidée de Mia – sa petite amie à l’université – et ressemble cruellement à la confession d’un criminel.

Thriller/Policier – Edition Hugo Poche – 460 p.

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William Lansing est un professeur de littérature à l’université tout ce qui a de plus banal. Lorsqu’un de ses anciens élèves, Kyle Broder, fait la une des journée en tant que nouvel éditeur pour une grande maison d’édition à Newyorkaise, William voit là l’occasion de reprendre contact avec son ancien élève et lui proposer d’éditer le manuscrit sur lequel il travaille depuis une dizaine d’année. Lors de leur rencontre, Kyle est ravi de retrouver son professeur et mentor et accepte de lire le manuscrit de ce dernier. Cependant, au bout de quelques pages, Kyle est choqué par la perversité et la violence du récit. Ajouter à cela une très mauvaise plume, Kyle, gêné, décide de refuser de publier le roman de son mentor. William, vexé, va tout mettre en œuvre pour que son ancien élève change d’avis.

En voilà un bon thriller psychologique qui se dévore ! J’ai été conquise par ce bouquin. Durant la première parti du récit, l’auteur met en place ses personnages. On y découvre un William Lansing très pausé, très gentil et très calme, ravi de retrouver son ancien élève Kyle Broder qui lui mène une vie assez mouvementée puisque sa carrière professionnelle dans le monde de l’édition est en plein essor. La relation entre ces deux personnages est très forte dans la mesure où l’on apprend assez rapidement que Kyle, durant ses années universitaires, considérait son professeur de littérature comme un père. C’est ce même professeur qui lui a donné le goût de la littérature et qui lui a permis d’arriver là où il est. Difficile donc pour notre jeune éditeur de dire non lorsque son ancien mentor lui demande de lire son manuscrit en vu de le publier. Mais l’histoire marque un virage à 360 degrés lorsque Kyle commence la lecture du roman de William. Outre la qualité pitoyable de la plume, le récit n’est qu’une succession de phrases perverses, glauques, voir même gore tout droit sorti d’un film d’horreur réalisé par un malade mental. Troublé, Kyle décide de refuser de collaborer avec son ancien professeur de littérature ce qui mettra ce dernier dans une colère noire. C’est à ce moment là que tout bascule. Notre gentil professeur va devenir un homme machiavélique et enfin révéler son vrai visage.

Cette lecture était réellement excellente ! J’ai adoré le fait que l’histoire se passe dans le monde de l’édition. C’était un très bonne idée de la part de l’auteur de montrer ce qu’il s’y passe entre les deux parties (l’éditeur et l’auteur). Ce roman est un véritable page-turner. Une fois l’intrigue et les personnages bien ancrés, le lecteur va se retrouver embarquer avec Kyle dans la machination et la perversité de William. L’ambiance va devenir de plus en plus anxiogène au fil des pages. La paranoïa va s’installer progressivement et tout va aller crescendo jusqu’à avoir, par moment, des brides de scènes gores et violentes.

C’est un roman très addictif que nous a écrit l’auteur, Lee Matthew Goldberg. La psychologie des personnages et très bien développée et très bien fouillée, parfois un peu trop poussée à l’extrême je dirai mais cela fait passe crème quand même. L’intrigue de départ est assez simple et met un peu de temps à se mettre en place, ce qui peut rebuter un peu le lecteur, pourtant au fil des chapitres c’est toute une histoire machiavélique (limite un jeu de piste) qui se met en place et l’on s’aperçoit rapidement que le scénario est plutôt bien travaillé. L’auteur sait parfaitement où il va et où il souhaite nous amener.

Vous l’aurez compris j’ai été conquise du début à la fin par ce roman. J’ai adoré osciller entre paranoïa, peur, dégoût, perversité etc... Le fait que le récit se passe dans le monde du livre est un petit plus pour moi puisque c’est un domaine qui m’intéresse. Les personnages sont très bien travaillés, comme je vous les dis peut être parfois un peu trop, on est pas la de la carricature mais ça passe bien quand même. William est un homme qui fait froid dans le dos. J’ai eu des sueurs froides avec lui. S’il devait y avoir un bémol pour ce roman je dirai peut être que c’est son début un peu long à se mettre en place. Mais là, je cherche vraiment la petite bête car une fois l’intrigue mise en place on oublie rapidement ce bémol. Mentor est un roman que je recommande aux personnes qui aiment le genre thriller psychologique. Je pense qu’avec William et sa folie vous allez être servis.

CarolinaBouquine.

Note : 4 sur 5.