Chronique, Fantasy/Fantastique, Jeunesse/Aventure, Saga

[Saga] Elia, la passeuse d’âmes – Marie Vareille

Trilogie Elia, la passeuse d’âmes de Marie Vareille.

“Les prophéties ne s’accomplissent que si quelqu’un a suffisamment de courage pour les réaliser”. Elia vit dans une dictature divisée en deux catégories : l’élite, les Kornésiens, et la classe exploitée, réduite en esclavage : les Nosoba. Elia est une Kornésienne. À quinze ans à peine, elle exerce en tant que passeuse d’âmes à l’hôpital de la capitale du pays : elle euthanasie tous ceux qui seraient considérés comme inutiles ou dangereux pour la communauté. Un jour, un jeune Nosoba, de la caste des intouchables parvient à la convaincre de l’aider à s’échapper, alors même qu’elle avait ordre de l’exécuter. Accusée de trahison, Elia s’enfuit…

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Edition : Belfond  Genre : Fantasy/Jeunesse ◈ Sortie : Entre 2017 et 2019 ◈ Ma note : 16/20

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Quelques mots sur l’auteure…

Marie Vareille, née le , est une romancière française. Ancienne élève du Lycée Hoche. Elle est diplômée de l’ESCP Europe et de l’Université Cornell. Son troisième ouvrage, Elia, la passeuse d’âmes, sort en . Elle se voit attribuer l’étoile 2016 du meilleur roman jeunesse par le quotidien Le Parisien en , est lauréate 2017 du Prix Pierre Bottero décerné par le festival Les Oniriques, du Prix Les Dévoreurs de Livres, et du Prix de la Peep Maroc. Le tome 2 de cette trilogie, Elia, la passeuse d’âmes Tome 2 : Saison Froide est publié en . La trilogie s’achève avec le dernier tome, Elia, la passeuse d’âmes Tome 3 : Saison Chaude, publié en mars 2019. Elle est également auteur d’un guide pratique Ecrire un roman: Comment devenir écrivain, écrire un livre et le faire publier décrivant méthodes et conseils d’écriture, paru en , et inspiré de sa propre expérience d’écrivain.

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Elia, la passeuse d’âmes T1.

Dans cette trilogie, on va suivre Elia, une passeuse d’âmes, qui vit dans un monde où la société est divisée en trois castes. On a les Kornésiens qui représentent l’élite de la société, les Askaris et les Nosoba qui sont ce que l’on peut plus communément appeler les « esclaves » de la société. Elia est, quelque part, une adolescente chanceuse puisqu’elle est Kornésienne. Depuis petite elle baigne dans la richesse et la luxure. Son travail dans la vie est d’être une passeuse d’âmes, autrement dit elle euthanasie les personnes qui ne sont plus utiles à la communauté (personnes âgées, personnes jugées dangereuses etc…). Bien que cette tâche nécessite d’être totalement dénués de sentiments et d’émotions, Elia, l’exécute non sans ressentir une pointe de tristesse. Un jour, on lui demande d’exécuter un jeune Nosoba qui doit avoir son âge. Lorsque le garçon arrive sur un brancard dans sa salle d’euthanasie, elle ne peut s’empêcher de trouver cela injuste. Au moment de procéder à sa mort, le jeune homme se réveille et finira par la convaincre de l’aider à s’échapper. Accusée par la suite de trahison envers sa Communauté, son père, l’aidera à fuir la ville et lui ordonnera de fuir chez les Nosobas.  

Elia et la passeuse d’âmes a été une très bonne lecture pour moi. Ce premier tome était palpitant à souhait et promettait une belle histoire derrière, remplie de rebondissements, de trahisons et de conflits. J’ai tout simplement adoré ! Et j’avoue que je ne m’attendais pas à aimer autant. L’univers proposé par Marie Vareille est simple dans son ensemble. On revient ici au temps où la société était divisée en castes et les habitants y étaient répartis en fonction de leur richesse (référence au Clergé, la Noblesse et le Tiers-Etats). Dans cette saga c’est la même chose, sauf que l’on rajoute en plus la modernité de notre monde actuel. Et cela fonctionne très bien ! L’auteure a su amener ses idées de façon intelligente puisque, petit à petit, au fil des pages, l’on se prend au jeu et l’on plonge totalement dans le quotidien de notre héroïne.

Découvrir l’organisation de cette société assez particulière a été, pour moi, un vrai régal même si, je dois le reconnaître, j’ai eu un peu de mal au début. Je pense que c’est là le petit point noir du roman. J’ai trouvé que Marie Vareille nous plongeait de manière trop brutale dans son univers. Le décor est planté dès la première page. Des mots dont la signification nous parle absolument pas, sont employés par l’auteure et le lecteur se sent un peu perdu. En tout cas, c’est ce que, personnellement, j’ai ressenti. Le début du roman a été un peu compliqué pour moi. L’auteure savait très bien où elle voulait en venir, elle savait très bien de quoi elle parlait, en revanche moi je ne comprenais pas. Il m’a donc fallu un petit temps d’adaptation. Une fois cela fait, j’ai littéralement bouffé ce premier tome. Quelle histoire ! Si vous recherchez de l’action et des rebondissements vous êtes au bon endroit. Autant vous dire que le récit est rythmé et dynamique à souhait. L’univers est très complexe mais cohérent du début à la fin.

Ajouter à cela une héroïne agréable à suivre et à découvrir, ce premier tome est donc forcément une réussite ! En effet, Elia est une jeune femme qui, tout au long du récit ne cesse d’évoluer. C’est une adolescente certes, mais elle est très mature et ne se laisse pas faire. Elle est courageuse, forte et autant vous dire que ces deux qualités ne sont pas superflues quand on voit les épreuves qu’elle va subir. Elle va également découvrir la vie des Nosobas et va se rendre compte qu’il y a une réelle injustice entre leurs deux mondes. Elle va elle même devoir vivre comme une Nosobas, comme une pestiférée, elle qui, à la base est après tout une Kornésienne, une passeuse d’âmes. Elle va rencontrer des personnes toutes aussi intéressantes à suivre les unes que les autres et bien entendu elle va revoir le jeune homme qu’elle a aidé, Solstan, à cause de qui elle a dû dire adieu à son ancienne vie. Je suis contente de voir que dés le premier tome il n’y a pas de romance entre les différents protagonistes. La romance est quelque chose que je n’affectionne pas particulièrement, encore moins si celle-ci n’est pas crédible. Et là, pas de romance ! Oh joie ! Bien qu’elle finira sûrement par arriver, au moins Marie Vareille a eu l’intelligence de ne pas reproduire ce schéma qui ne cesse de m’agacer : coup de foudre dès le premier regard. Merci donc Marie Vareille pour ce choix qui me comble de bonheur ! 

Pour ce qui est de la plume de l’auteure, elle est simple, fluide et efficace. Comme je l’ai dit plus haut, ce livre se bouffe à une vitesse, c’est hallucinant. Je n’ai pas vu le temps passer tellement j’étais absorbée par ma lecture et j’ai d’ailleurs enchaîné le tome 2 tout de suite après avoir terminer ce premier tome. La fin était, certes, prévisible mais le récit étant tellement addictif il me fallait absolument la suite. Après tout, l’issue reste quand même incertaine. J’avais besoin de retrouver le personnage d’Elia, auquel je me suis tout de suite attachée, et ses amis. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir tous ces personnages ainsi que l’univers de l’auteure. J’ai passé un très bon moment de lecture. Ce premier tome est une très belle réussite. Action, rebondissement, trahison, castes, injustices, politiques, amitié, une petite partie des mots qui peuvent résumer ce bouquin prometteur. 

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Elia, la passeuse d’âmes T2, saison froide.

Evidemment, ne lisez pas la suite si vous n’avez pas lu le second tome ou même le premier, sinon vous risquerez d’être spoilé.

Dans ce deuxième tome, l’histoire reprend là où on l’avait laissé dans le tome précédent et l’on continue de suivre notre passeuse d’âmes, Elia. Après avoir intégré le Conclusar en compagnie de Solstan, Elia doit maintenant faire face à de nouvelles épreuves afin de retrouver sa soeur Edeline. Cela ne va pas être bien compliqué puisque dés le premier jour, elle va apercevoir sa petite soeur participant à un combat à mort. Elia n’aura pas le temps de sauver sa soeur qu’elle se fera kidnapper et torturer.

Oui bon, il s’agit d’un résumé plutôt sommaire, je l’avoue. Mais j’essaie de ne pas entrer dans les détails pour ne pas trop spoiler non plus. C’est avec grand plaisir que je me suis replongée dans cet univers qui m’avait tant plu. D’ailleurs je n’ai pas dû attendre longtemps puisque je l’ai enchaîné tout de suite après la fin de ma lecture du premier tome. La plume de Marie Vareille est toujours aussi fluide et addictive. Là, pour le coup, je me suis plongée pleinement dans l’histoire dés le premier chapitre. Dans ce deuxième tome l’univers est un peu plus développé et l’auteure rentre dans le coeur de l’intrigue. Gros point positif dans cette suite c’est que l’on va suivre plusieurs histoires à la fois. En effet, l’auteure alterne les points de vus, par conséquent on suit la vie au Conclusar avec le point de vue d’Elia et Solstan et la vie dans le Secteur Nord avec Tim et Arhia. Et bien évidement de nouveaux personnages vont faire leur apparition comme par exemple Alek et les deux histoires vont finir par se rejoindre d’une façon ou d’une autre. Cette alternance des points de vue n’a fait qu’accentuer l’aspect addictif du récit. Cela apporte de la richesse à l’intrigue et permet au lecteur d’avoir connaissance de tout ce qui se passe et de pouvoir faire des suppositions, de chercher qui sont les gentils et les méchants au final. J’ai adoré tout simplement. 

Pour ce qui est de l’ambiance, j’ai trouvé que Saison froide était beaucoup plus sombre que le premier tome qui posait les bases de l’histoire. Les personnages s’endurcissent et prennent de plus en plus conscience de l’inégalité du monde dans lequel ils vivent et du coup cela augmente leur colère et leur détermination. Les dialogues sont devenus plus froids et plus durs et l’auteure n’hésitent pas à malmener ses personnages. C’est pour cela que, pour moi, ce livre n’est pas à considérer comme un livre jeunesse mais comme uniquement un livre de dystopie. Je dis cela car une personne de mon entourage m’a dit qu’elle n’osait pas se lancer dans cette saga de peur qu’elle soit beaucoup trop jeunesse à son goût. Et je me suis dis qu’elle ne devait pas être la seule à penser ça, du coup je préfère le préciser : pour moi ce livre n’est pas à catégoriser comme étant un livre jeunesse. Ce deuxième tome est brutal et traite de sujets durs et pertinents comme par exemple : la politique, la façon de gouverner un pays, la dictature, la guerre, la révolution, la mort, la torture et j’en passe. Je doute que ce soit très jeunesse tout ça. Cette saga amène vraiment le lecteur à réfléchir et à se poser des questions.

Marie Vareille est vraiment une auteure à suivre. Je pense sincèrement me pencher ses autres romans comme par exemple Là où tu iras j’irai, même si c’est du contemporain et que ce n’est pas trop mon truc j’ai envie d’essayer parce que voilà, j’aime ce qu’elle fait et que son style m’intéresse beaucoup. Pour en revenir à Elia, la passeuse d’âmes, comme je le disais, dans ce deuxième tome l’histoire s’assombrit. Des morts commencent à apparaître et on entre davantage dans le vif du sujet. Des révélations pointent le bout de leur nez et elles sont plutôt excellentes, de quoi maintenir le lecteur dans l’incertitude quant à la suite des événements. Concernant la fin… Alors là… J’ai été plus que scotchée ! Non mais un conseil : ne lisez pas le tome 2 si vous n’avez pas le tome 3 déjà disponible prés de vous dans votre PAL, vous allez mourir sinon !

Pour conclure je dirai que ce deuxième tome est dans la même lancée du premier. L’univers est toujours aussi riche et plein de rebondissements, avec des personnages qui grandissent et qui s’endurcissent. L’atmosphère devient plus sombre et plus pesante. Des choix vont devoir être faits, le suspense est bien là et la fin est à vous arracher les cheveux (dans le bon sens naturellement). L’alternance des points vus donne du dynamisme au récit, pas le temps pour le lecteur de s’ennuyer. L’intrigue est toujours aussi addictive, on en redemande et c’est pour cela que j’ai enchaîné avec le troisième tome.

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Elia, la passeuse d’âmes T3 : Saison chaude

Une fois n’est pas coutume, on reprend l’histoire là où on l’avait laissée. Les méchants ont repris le pouvoir et nos héros essaient de mettre fin à la dictature qui s’est installée. Elia doute de plus en plus d’elle même. Elle constate que tous les gens qu’elle aime meurent chacun leur tour. Mais quand elle apprend que Sol n’est pas mort, l’espoir revient.

J’ai trouvé que ce dernier tome avait un début assez lent. En effet, Elia ayant baissé les bras, la jeune femme se laisse vivre et du coup elle perd peu à peu la rage et la force qui l’animaient auparavant. Elle erre dans les rues comme un fantôme, elle n’a plus d’objectif et vit au jour le jour. Cette partie là a été assez longue à lire mais heureusement l’auteure alterne les points de vues et par conséquent le récit garde quand même un bon rythme. Une fois ce petit passage à vide passé Elia retrouve du poil de la bête et notre héroïne courageuse et à l’esprit combatif refait son apparition. A partir de ce moment là, les choses s’accélèrent, s’enchaînent et l’histoire retrouve son côté addictif qui m’avait tant plu dans les deux tomes précédents.

Les personnages secondaires jouent un rôle de plus en plus important dans ce troisième tome. J’ai été plus que ravi de voir que Marie Vareille ne centrait pas tout sur son personnage principal car après tout Elia ne peut pas faire tout toute seule. Solstan, Arhia, Alek et Tim viennent donc, progressivement apporte leur pierre à l’édifice. Chacun va jouer un rôle plus ou moins déterminant dans la suite des événements. Le couple Arhia et Alek va être de plus en plus mis en avant sans pour autant tomber dans de la grosse romance digne d’une tragédie grecque et là encore j’ai envie de dire : Merci Marie Vareille (car oui je suis allergique à la romance trop cul-cul praline et au triangle amoureux). 

Vous l’aurez donc compris, ce troisième et dernier tome et riche et plein d’action. C’est un tome très addictif, comme les deux premiers d’ailleurs. Les choix narratifs fait par l’auteure m’ont énormément plus. J’ai beaucoup aimé cette trilogie, j’ai été surprise dans les trois tomes et j’ai adoré les personnages, tous sans exception. J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que l’on alterne les points de vus. La plume de Marie Vareille est simple mais efficace. Ces romans sont dynamiques, pleins d’action, très addictifs, je les conseille à 1000%.

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En résumé…

Elia, la passeuse d’âme est une saga du genre dystopie que je recommande à tous ceux qui aiment ce genre là mais également à ceux qui souhaitent le découvrir. L’univers proposé par l’autrice est très bien amené et très bien construit. Les personnages sont attachants et passionnants à suivre. A aucun moment l’on s’ennuie. Marie Vareille a su garder un bon rythme durant toute son histoire. Il y a de l’action, des rebondissements et des révélations et même un brin de romance, le tout finement dosé, sans en faire des caisses et amené de façon progressive et intelligente. J’ai beaucoup aimé !

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2 réflexions au sujet de “[Saga] Elia, la passeuse d’âmes – Marie Vareille”

  1. J’ai aussi adoré cette saga hyper addictive !! Comme toi, je n’ai pas vu le temps passer, le nez plongée dans mon bouquin. J’ai enchaîné les tomes 1 et 2 car impossible d’attendre. J’ai lu le tome 3 peu après sa sortie. Marie Vareille est en effet une auteure de grand talent, et ses livres « chick-lit » sont également super, même pour moi qui ne suis pas une grande adepte de ce genre.

    Aimé par 1 personne

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