Chronique

Aussi libres qu’un rêve – Manon Fargetton

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 J’ai fait une faute d’orthographe sur ma photo c’est Fargetton et non Farguetton. Sorry :/

Manon Fargetton est une romancière française née le 25 septembre 1987. Diplômée des Métiers d’Arts en régie de spectacle et un Master en Études Théâtrales en poche, elle est aujourd’hui régisseuse lumière au théâtre et écrit ses livres en parallèle. Elle est publiée pour la première fois en 2005 avec L’Autre, poème paru dans l’anthologie Premiers contacts. Elle sort ensuite son premier roman Aussi libres qu’un rêve en 2006 chez Mango, qui remporte quatre prix littéraires et qui sera réédité chez les éditions Castelmore en 2016. 

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Ce roman est le premier de Manon Fargetton et cela faisait un petit moment que je voulais découvrir cette auteure mais je tenais absolument à commencer par son premier livre. Et au final, je ne sais pas si j’ai bien fait.

Aussi libres qu’un rêve est une dystopie dans laquelle on va suivre plusieurs personnages notamment les jumelles Minoa et Silnei, ainsi que Kléano et Nériss. Tous les 4 vivent dans une France différente de celle que nous connaissons, puisque l’histoire se déroule dans un futur assez lointain. A leur époque, le gouvernement se résume en un seul homme, l’Europe n’existe pratiquement plus et les habitants sont soumis à la dure loi des dates de naissance. En quoi consiste cette loi ? Et bien c’est très simple. Comme il n’y a pas assez de travail pour tout le monde, le gouvernement a décidé de répartir les habitants en fonction de leur date de naissance. Si vous avez la chance de naître en début d’année alors vous avez accès aux métiers les plus prisés (chanteur, acteur, homme/femme politique, écrivain etc…) et si au contraire vous êtes nés en fin d’année alors il ne vous reste que les métiers dont personne ne veut. Le destin joue parfois des tours puisque Minoa et Silnei sont jumelles mais l’une est née le 31 décembre à 23h58 et l’autre quelques minutes plus tard en janvier. On les retrouve 15 ans plus tard et toutes les deux ont du mal avec leur vie respective. Elles font la connaissance de Kléano un novembre et de Nériss un janvier et à eux quatre ils souhaitent retourner le gouvernement par le biais d’un mouvement de révolte.

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Alors dit comme ça, le livre paraît génial ! Et c’est aussi le sentiment que j’ai eu quand j’ai lu le résumé. Seulement voilà, ce livre ne m’a pas convaincu alors que l’intrigue avait une excellente base. Ici, j’ai trouvé que Manon Fargetton avait une imagination de dingue. L’univers qu’elle présente au lecteur est vraiment bien pensé, l’idée est originale et l’histoire aurait pu être captivante. Il y avait un énorme potentiel avec cette intrigue mais je trouve que l’auteure n’a fait que survoler tous ça et c’est dommage. C’était vraiment léger et cela manquait cruellement de profondeur, c’est triste car l’originalité, elle, était présente. Pour ce qui est de l’intrigue, du dénouement de l’histoire c’était sans surprise pour moi. Tout était prévisible, il n’y a que la fin qui m’a vraiment étonnée. En plus, tout allait beaucoup trop vite.

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Un petit mot sur les personnages. Comme pour l’intrigue, je les ai trouvés léger, simplistes, eux aussi manquaient de profondeur. Je ne me suis attachée à aucun d’entre eux personnellement et je trouvais qu’ils manquaient de crédibilité. Certaines de leurs réactions étaient « fades ». Je n’ai pas été convaincu une seule seconde. Ils découvrent certaines vérités (prévisibles pour le lecteur) et ils acceptent facilement sans chercher plus loin. Enfin, bref, ce sont des réactions qui m’ont un peu hérissé le poil. Autre chose aussi, les sentiments entre Minoa et Kléano s’installent un peu trop vite à mon goût, leur histoire n’était pas vraiment convaincante et cela sonnait faux. En revanche, même si elle est moins présente j’ai trouvé la relation de Silnei et Nériss plus sympathique, un peu plus crédible quand même et plus logique. 

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Alors il y a quand même un aspect du livre que j’ai aimé, c’est le côté « politique » (attention le vieux fantôme de l’étudiante en droit que j’étais refait son apparition). Un gouvernement dirigé par un seul homme, autant dire que l’on retourne au stade de dictature alors que l’histoire est censée se dérouler dans le futur. On pourrait croire que le futur c’est le progrès mais en fait non. On se retrouve dans une France qui, au lieu d’évoluer, a régressé (attention je parle de l’aspect politique, car bien sûr au niveau technologique tout est informatisé et robotisé, ce qui rend la vie des habitants plus simple). Cette idée d’ados rebelles qui souhaitent renverser le gouvernement car ils veulent pouvoir retrouver une certaine liberté et pouvoir contrôler leur vie c’est quelque que j’ai aussi beaucoup apprécié. Voilà, ce côté là de l’histoire, je l’ai trouvé intéressant même si ça manquait un peu de profondeur mais en même temps on est dans de la jeunesse donc on ne va pas non plus se retrouver dans un vrai débat politique. On va dire que pour du jeunesse ça va, c’est bien dosé et c’est surtout accessible à tout le monde.

Concernant la fin je dois dire que là, Manon Fargetton m’a bluffé car je ne m’y attendais pas du tout, mais alors pas du tout. Cette fin, quoiqu’un peu triste est très belle et est un vrai cri de victoire sur la dictature, même si pour cela il a fallu faire des sacrifices. C’est un beau message sur la liberté que fait passer l’auteure à travers son livre.

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En résumé je dirai que pour une première lecture de Manon Fargetton j’ai été un poil déçue. J’ai trouvé que l’auteure avait de bonnes idées mais que, malheureusement, le récit manquait de profondeur. C’était un peu trop léger à mon goût. Cela dit c’est un bon roman pour débuter dans la dystopie je pense et le message que fait passer l’auteure est très beau. La fin a été une belle claque pour moi et m’a un peu réconcilié avec le reste de l’intrigue que j’ai trouvé originale. La plume de l’auteure est simple, accessible à tous et très fluide. J’ai hâte de découvrir Manon Fargetton dans une autre livre, notamment dans l’héritage des rois passeurs qui est dans ma PAL.

Ma note : 14/20

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« Et si un autre monde était réellement possible ? Que n’aurait-elle pas donné pour pouvoir faire ce qu’elle voulait de sa vie ! Ainsi, il y avait eu une autre société dans le passé, mais elle avait disparu… C’est donc qu’elle devait être mauvaise, non ? Ou en tout cas pas meilleure que la nôtre… »

« On nous apprend des caricatures de métier, il n’y a aucune place pour la passion, pour l’imprévu. Tout est planifié, la création n’existe plus, que ce soit pour la musique, pour l’écriture ou pour l’art dramatique, on nous ressort les mêmes ingrédients réchauffés… Les acteurs ne sont que des poupées animées par ordinateur et les chanteurs, des supports à saturés… J’en ai marre de ce monde pourri, MARRE ! »

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2 réflexions au sujet de “Aussi libres qu’un rêve – Manon Fargetton”

  1. Ouah, je te rejoins sur absolument tous les points 🙂 Cette lecture a aussi été une petite déception pour moi. Heureusement, ce n’étais pas mon premier Manon Fargetton ; j’ai commencé par L’héritage des Rois-Passeurs, puis j’ai enchaîné avec Les illusions de Sav-Loar, deux gros coups de cœur 😉

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